LIVRE XV
VARIATIONS SUR L'ARTICLE DU SYMROLE
)) articles du Symbole, non dans l'Ecriture, mais » dans l'intention de ceux qui l'ont composé. » Mais, poursuit-il , le Symbole n'a pas été fait tout d'un coup : l'article, Je crois l'Eglise catholique, a ^lé ajoute' au quatrième siècle. A quoi sert ce raisonnement, si ce n'est pour se préparer un refuge contre le Symbole, et ne lui donner que l'autorité du quatrième siècle? Au lieu que tous les cbréliens l'ont regarde jusqu'ici comme la commune Confession de foi de tous les siècles et de toutes les Eglises chrétiennes depuis le temps des Apôtres.
LXXV. Nouvelle glose du ministre sur le Symbole des apôtres. — Mais voyons enlln, quoi qu'il en soit, comment il définit selon le Symbole, la sainte Eglise catholique. Il rejette d'abord la définition qu'il attribue aux catholiques; il n'approuve pas davantage celle qu'il donne aux protestants. Pour lui , qui s'élève au-dessus des protestants ses confrères comme au-dessus des catholiques ses ennemis, ayant à définir l'Eglise de tous les temps, il le fera en disant que « c'est le corps de ceux qui font pro- » fcssion de croire Jésus-Christ le véritable Mes- » sie; corps divisé en un grand nombre de sec- » les' : » il faut encore ajouter, qui s'excommunient les unes les autres, afin que toutes les hérésies frappées d'anathème, et encore tous les schismatiques , fussent -ils divisés d'avec leurs frères jusqu'aux e'pées tirées, pour nous servir de l'expression du ministre, aient le bonheur de se trouver dans l'Eglise du Symbole, et dans l'unité chrétienne qui nous y est enseignée. Voilà ce qu'on ose dire dans la Réforme; et le royaume de Jésus-Christ y porte dans sa propre définition, le caractère de la division par laquelle tout royaume est désolé , selon l'Evangile^.
LXXV'I. Le ministre détruit l'idée de l'Eglise catholique, qu'il a lui-même enseignée en faisant le Catéchisme. — Le ministre devait du moins se souvenir du Catéchisme qu'il a enseigné lui-même à Sedan durant tant d'années , oii après qu'on a récité : Je crois l'Eglise catholique, on en conclut « que hors de l'Eglise il n'y a que damnation et » que mort, et que tous ceux qui se séparent de la » communauté des fidèles, pour faire secte à part , " ne doivent espérer de sainte » Il est bien certain qu'on parle ici de l'Eglise universelle : on peut donc faire secte k part à son égard : on peut se séparer de son unité. Je demande si en cet endroit , faire secte A part est un mot qui signifie l'apostasie. Celui qui fait secte à part, est-ce celui qui prend le turban , et qui renonce publiquement à son baptême? Est-ce ainsi que parlent les hommes? Est-ce ainsi qu'il faut parler dans un Catéchisme à un enfant innocent, afin de lui embrouiller toutes ses idées , et qu'il ne sache plus à quoi s'en tenir?
LXXVII. Le schisme de Jéroboam et des dix tribus est justifié. — Je crois travailler au salut des âmes, en continuant le récit des égarements du ministre, les plus grands et les plus visibles où la défense d'une mauvaise cause ait peut-être jamais jeté aucun homme. Ce qu'il a fallu inventer, pour soutenir le système , est plus étrange, s'il se peut , et plus inouï que le système même. Il a fallu brouiller toutes les idées que nous donne l'Ecriture. Elle