‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 423 sur 545 · LIVRE XV. — VARIATIONS SUR L'ARTICLE DU SYMBOLE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — VARIATIONS SUR L'ARTICLE DU SYMBOLE

c'est-à-dire une succession clans les principes qui leur sont communs avec les autres sectes : il faut donc en pouvoir trouver une autre; il faut , dis-je , pouvoir trouver une succession dans les dogmes particuliers à la secte dont on veut établir l'antiquité. Or cette succession ne convient pas aux calvinistes, qui dans leurs dogmes particuliers n'ont pas plus de succession ni d'antiquité que les sociniens : il faut donc sortir de leur Eglise aussi bien que de l'Eglise socinienne : il faut pouvoir trouver une antiquité et une succession meilleure que celle des uns et des autres. En la trouvant, cette antiquité et cette succession, on aura trouvé la certitude de la foi : on n'aura donc qu'à se reposer sur les sentiments de l'Eglise et sur son autorité; et tout cela qu'est-ce autre chose, je vous prie, que de reconnaître l'Eglise infaillible"? Ce ministre nous conduit donc par une voie assurée à l'infaillibilité de l'Eglise.

XCV. Il n'y a nulle restriction dans l'infaillibilité de l'Eglise touchant les dogmes. — Je sais qu'il use de restriction. « L'Eglise universelle, dit- » il', est infaillible jusqu'à un certain degré, c'est- » à-dire, jusqu'à ces bornes qui divisent les vérités >; fondamentales de celles qui ne le sont pas. » Mais nous avons déjà fait voir que cette restriction est arbitraire. Dieu ne nous a point expliqué qu'il renfermât dans ces bornes, l'assistance qu'il a promise à son Eglise, ni qu'il dut restreindre ses promesses au gré des ministres. Il donne son Saint-Esprit, non pas pour enseigner quelque vérité , mais pour enseigner toute vérité^; parce qu'il n'en a point révélé qui ne fut utile et nécessaire en certains cas. Jamais donc il ne permettra qu'aucune de ces vérités s'éteigne dans le corps de l'Eglise universelle.

XGVI. Que ce qui est cru une fois dans toute l'Eglise, y a toujours été cru. — Ainsi, quelle que soit la doctrine que je montrerai une fois universellement reçue, il faut que le ministre la reçoive selon ses principes ; et s'il croit se sauver en répondant que cette doctrine, par exemple, la transsubstantiation, le sacrifice, l'invocation des sainls, l'honneur des images, et les autres de cette nature, se trouvent en elTel dans toutes les communions orientales aussi bien que dans l'Eglise d'Occident , mais qu'elles n'y ont pas toujours été, et que c'est dans cette perpétuité qu'il a mis le fort de sa preuve et l'infaillibilité de l'Eglise universelle; il ne s'est pas entendu lui-même, puisqu'il n'a pu croire dans l'Eglise universelle une assistance perpétuelle du Saint-Esprit, sans comprendre dans cet aveu, non-seulement tous les temps ensemble, mais encore chaque temps en particulier; cotte perpétuité les enfermant tous : d'où il s'ensuit qu'entre tous les temps de la durée de l'Eglise , il ne s'en pourra jamais trouver un seul où l'erreur dont le Saint- Esprit s'est obligé de la garder, iirévalc. Or on a vu que le Saint-Esprit s'est également obligé de la garder de toute erreur, et pas plus de l'une que de l'autre; il n'y en aura donc jamais aucune.

XCVII. Le catholique est le seul qui croit aux promesses. — Ce qui fait ici hésiter les adversaires, c'est qu'ils n'ont qu'une foi humaine et chancelante. Mais le catholique, dont la foi est divine et ferme, dira sans hésiter : Si le Saint-Esprit a promis à l'Eglise universelle de l'assister indéfiniment contre

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