Pjj. 2ia, — 2. Jo.iii., XVI
les erreurs , donc contre toutes; et si contre toutes, donc toujours ; et toutes les fois qu'on trouvera en un certain temjis, une doctrine établie dans toute l'Eglise catholique, ce ne sera jamais que par erreur qu'on croira qu'elle est nouvelle.
XCVIII. Que le ministre ne peut plus nier l'infaillibilité qn'il a reconnue. — Nous le pressons trop, dira-t-il, et enfin nous le forcerons à abandonner son principe de l'infaillibilité de l'Eglise universelle. A Dieu ne plaise qu'il abandonne un principe si véritable, ni qu'il se plange dans tous les inconvénients qu'il a voulu éviter en l'établissant; car il lui arriverait ce que dit saint Paul : Si je rebâtis ce que j'ai abattu, je me rends moi-même précaricateur'. Mais puisqu'il a commencé à prendre une médecine si salutaire , il faut la lui faire avaler jusqu'à la dernière goutte, quelque amère qu'elle lui paraisse maintenant, c'est-à-dire qu'il faut du moins lui marquer toutes les conséquences nécessaires de la vérité qu'il a une fois reconnue. XCIX. L'infaillibilité des conciles universels est une suite de l'infaillibilité de l'Eglise. — Il s'embarrasse sur l'infaillibilité des conciles universels : mais premièrement quand il n'y aurait point de conciles , le ministre demeure d'accord que le consentement de l'Eglise, même sans être assemblée, servirait de règle certaine. Son consentement pourrait être connu , puisqu'on suppose qu'à présent il l'est assez pour condamner les sociniens , et pour servir de règle immuable dans les questions les plus épineuses. Or par le même moyen qu'on condamne les sociniens, on pourra aussi condamner les autres sectes. Et en efl'et, on ne peut nier que sans que toute l'Eglise fût assemblée, elle n'ait suffisamment condamné Novatien, Paul de Samosate, les manichéens, les pélagiens , et une infinité d'autres sectes. Ainsi quelque secte qui s'élève, on la pourra toujours condamner comme on a fait celleslà , et l'Eglise sera infaillible dans cette condamnation; puisque son consentement servira de règle. Secondement, en avouant que l'Eglise universelle est infaillible, comment ne le seront point les conciles qui la représentent, qu'elle reçoit, qu'elle approuve, et où on n'a fait autre chose que porter ses sentiments dans une assemblée légitime?
G. Chicanes contre les conciles. — Mais cette assemblée est impossible; parce qu'on ne peut assembler tous les pasteurs de l'univers, et qu'on peut encore moins assembler tant de communions opposées. Quelle chicane! S'est-on jamais avisé de demander pour un concile œcuménique, que tous les pasteurs s'y trouvassent? N'est-ce pas assez qu'il en vienne tant , et de tant d'endroits , et que les autres consentent si évidemment à leur assemblée, qu'il sera clair qu'on y a porté le sentiment de toute la terre? Qui pourra donc refuser son consentement à un tel concile, sinon celui qui dira que Jésus-Christ, contre sa promesse, a abandonné toute l'Eglise? El si le sentiment de l'Eglise avait tant de force pendant qu'elle était répandue, combien plus en aura-t-clle étant réunie?
CI. Pouvoir excessif et monstrueux donné par le minisire aux rebelles de l'Eglise. — Pour ce que dit le ministre sur les communions opposées, je n'ai qu'un mot à lui dire. Si l'Eglise universelle est