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infaillililc dans les communions opposées, elle le sérail beaucoup davantage en denieurani dans son unité primitive. Prenons-la donc en cet état; assemblons-cn les pasteurs au troisième siècle , avant que l'Hglise se lut gAtée, avant, si l'on veut, que Nuvalien se lïit séparé : il faudra reconnaître alors que pour empêcher le progrès d'une erreur, l'assemblée d'un tel concile sera un secours divin. Supposons maintenant ce qui est arrivé ; un sujierbe Novatien se lait évoque dans un siège déjà rempli, et fait imc secte qui veut réformer l'Eglise : on le chasse, on l'excommunie. Quoit parce qu'il continue à se dire chrétien, il sera de l'Eglise malgré qu'on en ait? Parce qu'il poussera son audace jusqu'aux derniers excès, et qu'il ne voudra écouter aucune raison, l'Eglise aura perdu sa première unité, et ne pourra plus s'assembler ni former un concile universel, que cet orgueilleux ne le veuille? La témérité aura-t-elle tant de pouvoir? et ne tiendra-l-il qu'à coujjcr une branche, et encore une branche ]iourrie , pour dire que l'arbre a perdu son unité et sa racine.
Cil. Le concile de Nicée formé contre les principes du minisire. — Il est donc incontestable que malgré un Donat, malgré les autres esprits également contentieux et déraisonnables, l'Eglise pourra s'assembler en concile œcuménique. Que dis-je, elle le pourra? elle l'a fait, |)uisque malgré Novatien, malgré Donat, on a tenu le concile de Nicée. Qu'il y fallût appeler, et qui pis est, y faire venir actuellement les sectateurs de ces hérésiarques pour tenir légitimement cette assemblée, c'est à quoi on ne songea seulement pas. S'aviser maintenant de celte chicane, et treize cents ans après que tout le monde, à la réserve des impies, a tenu ce saint concile pour universel, soutenir qu'il ne l'élail pas, et qu'il n'était pas possible à l'Eglise catholique de tenir un tel concile, à cause qu'on ne pouvait pas y assembler les rebelles qui avaient injustement rompu l'unité, c'est vouloir la faire dépendre de ses ennemis, et punir leur rél)eIlion sur elle-même.
cm. Paroles remarquables d'un savant anglais sur l'infaillibilité du concile de Nicée. — Voilà donc cnlin un concile bien universel, par conséquent infaillible, si ce n'est qu'on ait oublié tout ce qu'on vient d'accorder; et je suis bien aise ici de faire entendre à M. Jurieu ce qu'en dit un savant anglais bon protestant'. « Il s'agissait dans ce con- » cile , d'un article principal de la religion chré- » tienne. Si dans une question de celte importance, » on s'imagine (pie tous les pasteurs de l'Eglise » aient pu tomber dans l'erreur et tromper tous les « lidèlcs , comment pourra-l-on défendre la parole » de Jésus-Chrisl , qui a promis à ses Apôtres et en » leurs personnes à leurs successeurs , d'être tou- » jours avec eux? promesse qui ne serait i)as véri- » table, puisque les Apôtres ne devaient pas vivre » si longtemps; n'était que leurs successeurs sont » ici compris en la personne des Apôtres mômes : » ce qu'il confirme par un passage de Socrate^, qui dit « que les Pères de ce concile, quoique simples » et peu savants , ne pouvaient tondier dans l'er- » reur; parce f|u'ils étaient éclairés par la lumière » du Saint-Esprit : « par oii il nous montre tout
1 . Bullus, Defena. fld. .\'icœn. proœm-, n . 2, p. 2. — 2. Idem, 11. 3; Suer., lih. i, c. y.
ensemble l'infaillibilité des conciles universels par l'Ecriture et par la tradition de l'ancienne Eglise. Dieu bénisse le savant Bullus; cl en récompense de ce sincère aveu, el ensemble du zèle qu'il a fait paraître à défendre la divinité de Jésus-Christ, puisse-l-il élre délivré des préjugés qui l'empêchent d'ouvrir les yeux aux lumières de l'Eglise catholique, el aux conséquences nécessaires de la vérité qu'il avoue.
CIV. Qu'on peut jwjcr des autres conciles par le concile de Nicée. — Je n'entreprends ni l'histoire, ni la défense de tous les conciles généraux : il me suffit d'avoir marqué dans un seul , par des principes avoués, ce qu'un lecteur attentif étendra facilement à tous les autres; et le moins qu'on puisse conclure de cet exemple , c'est que Dieu ayant préparé dans ces assemblées, un secours si présent à son Eglise agitée , c'est renoncer à la foi de la Providence de croire que les schismaliques puissent tellement changer la constitution de l'Eglise, que ce remède lui devienne absolument impossible.
CV. Le ministre contraint d'ôtcr aux pasteurs le titre déjuges dans les matières de foi. — Pour affaiblir l'autorité des jugements ecclésiastiques sur les matières de foi , M. Jurieu a osé dire que ce ne sont pas même des jugements; que les pasteurs assemblés en ce cas ne sont pas des juges, mais des sages et des experts, el qu'ils n'agissent pas acec autorité'; que c'est faute d'avoir entendu ce secret que ses confrères ont écrit sur cette matière avec si peu de netteté'-; et la raison qu'il apporte pour ôter aux conciles le titre de juges, est que , n' étant pas infaillibles, ils ne sauraient être juges dans les décisions de foi, parce que, qui dit juge, dit une personne à laquelle il faut se soumettre^.
CVI. Cette doctrine est contraire aux sentiments de ses Eglises. — Que les pasteurs ne soient pas juges dans les questions de la foi, c'est ce qu'on n'avait jamais ouï-dire parmi les chrétiens , pas môme dans la Pxéforme, où l'autorité ecclésiastique est si alfaiblie. Au contraire, M. Jurieu nous produit lui-môme des paroles du synode de Dordrcchl, où ce synode se déclare juge, et môme juge légitime dans la cause d'Arminius'', qui constamment regardait la foi.
On lit aussi dans la D'iscipl'me, que tous « les difl'é- » rends d'une province seront définitivement jugés , » et sans appel , au synode provincial d'icelle , à la » réserve de ce qui touche les suspensions et dépo-
» silions et aussi ce qui concerne la doctrine,
» les sacrements, et le général de la discipline; tous » lesquels cas pourront de degré en degré aller jus- » qu'au synode national pour en avoir le jugement définitif et dernier^; » ce qui s'a])pelle dans un autre endroit l'entière et finale résolution'^.
Dire avec M. Jurieu que le terme de jugement se prend ici dans un sens étendu'' , pour un rapport d'experts, el non pas pour une sentence de jMfire.s qui aient autorité de lier la conscience, c'est faire illusion au langage humain : car qu'est-ce donc que d'agir avec autorité, et de lier les consciences , si ce n'est de pousser les choses jusqu'à obliger les particuliers condamnés à acquiescer de point en
1. S:/st., liv. III, C. 2, p. 243 <•. 3, p. 231, c. 4, p. 25S. — 2. Idem, p. 243. — 3. Ibid.,p. 25.5. — 1. Ibid., p. 257. — 5. Disc., c. S, arç. 10. — 6. Idem, c. o, art. 32, p. 114. — 7. Syst., p. 257.