‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 442 sur 545 · Lett., VI, p. 44, col. 1. — 2. Ps., ix · texte numérisé non relu

Lett., VI, p. 44, col. 1. — 2. Ps., ix

r n i:m\ v. u av e irr i s s e m e n t .

toute la marque de l'Esprit de Dieu est de se laisser luiiiljer par terre, cl de crier de toute leur force, en IVnuanl les yeux et Taisant semblant de dormir. On lui a reproclié publiquement qu'en autorisant ces illusions, il autorisait la trouqierio et le l'aiialisme, et exposait le parli proleslanl à la risée de loul l'univers : ou ne l'a pas épargné sur toutes ces choses. U attaque le fondement de la foi ; il impute à l'ancienne Eglise, des l'origine du christianisme, des erreurs essentielles sur la Trinité; il les tolère, il les approuve , il les adopte : cependant on ne lui dit mot sur tout cela ; et ses Lettres pastorales courent l'univers sans être, je ne dis pas notées par les Eglises, mais reprises par aucun particulier; tant le soin de l'orthodoxie, si je puis parler de la sorte, est abandonné parmi vous. Vos gens, délicats sur l'esprit, craignent qu'on ne leur impute des visions et des faiblesses , et ils ne craignent pas qu'on leur impute des erreurs.

XIII. Le mystère de l'Incarnation est également ignoré par les premiers chrétiens, selon M. Jurieu. — Si les anciens ont été si aveugles dans le mystère de la Trinité , ils n'auront pas mieux entendu celui de l'Incarnation, dont la Trinité est le fondement : aussi votre ministre vous enseigne-t-il que les anciens docteurs, et « surtout ceux du troisième » siècle, et môme ceux du quatrième, ont mêlé d'é- » paisses ténèbres les lumières qu'ils avaient sur ce « mystère ; qu'ils ont confondu le Fils et le Saint- » Esprit; qu'ils nous ont l'ait un Dieu converti en » CHAIR, selon l'hérésie qu'on a attribuée à Euty- » chès ; et que ce n'est que par la voie des longues » contentions, qu'enfin cette vérité venue de Dieu » est arrivée à la perfection ' ; » de sorte que loin d'y être d'abord , comme sont les œuvres où Dieu met la main d'une façon particulière , à peine y était-elle après quatre siècles.

XIV. Les premiers chrétiens ignoraient ce que la raison naturelle enseignait aux pdiens , et même l'unité de Dieu , et ses perfections. — Gomment les anciens auraient-ils compris les vérités particulières au christianisme, puisque même ils ont ignoré ce que la raison naturelle a enseigné aux Gentils? Ecoutez parler votre ministre : Je voudrais bien, poursuit-il" que l'écêque de Meaux me proutât cette maxime, (que la vérité venue de Dieu no peut soulTrir de variations, et qu'elle atteint d'abord toute sa perfection,) seulement dans le dogme d'un Dieu imique , lout-imissaiit , tout sage, loul bon, infini et infiniment parfait. Avons-nous bien entendu? Quoi! ce n'est plus l'immutabilité de l'être divin que ce ministre fait ignorer aux premiers chrétiens; c'est encore tous les autres attributs divins que nous venons de nommer. Répétons encore ces paroles, de peur de nous être trompés en lui faisant dire des nouveautés si étranges : « Je vou- » drais bien que l'évèiiuc de Meaux me |irouv;\l cette » maxime, (que la vérité arrive d'abord à sa per- " fection,) seulement dans le dogme d'un Dieu uni- » que, tout-puissant, tout sage, tout bon, inlini et » inliniment parfait. Il n'y a j)oint d'endroit, con-

» tinue-t-il , où les Pères de l'Eglise auraient du [ >i être plus uniformes et plus exempts de variations 1 B que celui-là; puisque c'est celui qu'ils devaient » savoir le mieux, s'y exerçant perpétuellement

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