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» dans leurs disputes contre les païens : » cependant ils ne le savaient qu'iuiparl'aitemcnt; car, poursuit-il, « combien trouve-t-on dans tous ces » doguies de variations et de fausses idées? » Ainsi l'uniié tle Dieu , qui était le dogme le plus éclatant du christianisme, n'était qu'imparfaitement connue par les lidèles des trois premiers siècles. Il le faut bien, puisqu'ils adoraient comme Dieu le Père, la personne du Fils et le Saint-Esprit, qui ne lui étaient, ni égales, ni coéternelles; ce n'était donc pas un même Dieu , puisque Dieu ne peut être inégal à soi-même. Les chrétiens, qui faisaient semblant de tant détester la multiplicité des dieux, en avaient trois bien comptés dans les premiers siècles; et afin de ne point errer sur ce seul article, selon eux, « la bonté de Dieu était un accident, » comme la couleur; la sagesse de Dieu n'est pas » sa substance j » et ce n'était pas seulement la pensée d'Athénagoras et de Terlullien ; « c'était, » dit-il, la théologie du siècle. » On ne croyait pas « que Dieu fût partout, ni qu'il put être en môme » temps dans le ciel et dans la terre : la plupart «des anciens ont cru Dieu corporel et étendu, » comme Terlullien; » afin que les sociniens, qui ont de Dieu celte basse idée , aient pour garants la plupart des saints docteurs. Quel prodige ne peuton donc pas soutenir par l'autorité de l'Eglise primitive? El il ne faut pas s'en étonner, « puisqu'on » y représentait Dieu muable et divisible, changeant » ce germe de son Fils en une personne, et divi- » sant une partie de sa substance pour son Fils, » sans la détacher de soi '. » Qui peut dire que Dieu est muable et divisible, peut lui attribuer toutes les passions, tous les défauts, et môme tous les vices, avec les païens. S'il peut changer et devenir ce qu'il n'était pas, il n'est plus celui qui est, il tient plus du néant que de l'être : il n'est plus la vérité môme, la sainteté même; et il peut jierdre tout ce qu'il peut acquérir : ainsi on peut lui oter non-seulement son Fils et son Saint-Esprit, mais encore tous ses attributs et son propre être. C'est où vous conduit votre ministre; et il conclut cet étrange discours, en disant, « que cette belle et » juste idée que nous avons aujourd'hui de l'ôlre » |)arfait, quoique vérité venue de Dieu, n'a pas » atteint toute sa perfection d'abord. »
Vous l'entendez, mes cliers frères, l'idée de l'Etre parfait est une idée d'aujourd'hui. Quand Terlullien a dit que Dieu était « le souverain grand, » et par-là unique, sans pouvoir avoir son égal, » autrement qu'il ne sérail point Dieu^; » quand tous les Pères des premiers siècles, aussi bien que de tous les autres ont soutenu aux païens la môme chose; quand ils leur ont prouvé mille et mille fois l'unité de Dieu par la souveraineté et la singularité de sa perfection; quand ils ont dit (|ue jamais nul n'avait prononcé le nom de Dieu, qu'en y attachant l'idée de la perfection, ils n'étaient pas entendus, et ils ne s'entendaient pas eux-mêmes : selon M. Jurieu, cette idée (jue nous avons aujourd'hui, n'est pas celle de l'antiquité; et il seinlde que ce ministre no l'aurait pas eue, ou n'y aurait pas fait d'attention, si un pliilosoplie moderne n'était venu lui aplirendrc que l'idée de Dieu était jointe à celle de l'être parfait.