Letl. vit, p
dans l'Ecriture, et qu'il faut encore maintenant excuser ceux qui ne peuvent les y voir.
Que répond ici votre ministre? Ecoutez et étonnez-vous de la prodigieuse contradiction de sa doctrine. « Il faut répondre à cela, dit-il' , qu'il n'est » pas vrai que les anciens Pères aient varié sur les » parties essentielles de ces mystères. Car ils ont » tous constamment reconnu qu'il n'y avait qu'un » Dieu , et une seule essence divine : dans cette » seule essence trois personnes, et que la seconde » de ces trois personnes s'est incarnée et a pris » chair humaine. » Voilà une réponse qui tranche; mais les tolérants lui feront bien voir qu'il ne la peut avancer sans se contredire. Vous nous assurez maintenant , diront-ils , que les anciens n'ont point varié dans les parties essentielles de ces mystères : mais vous nous disiez tout à l'heure qu'ils niaient l'éternité de la personne du Fils, et qu'ils croyaient que pour en cxi)liquer la génération, il fallait dire qu'il était arrivé du changement en Dieu; en sorte que son propre Fils ne lui était pas coélernel : par conséquent, ni l'éternité de sa personne, ni l'immutabilité de son éternelle génération, ne sont pas parties essentielles du mystère de la Trinité.
Gela est embarrassant pour votre ministre, et vous voyez bien qu'il n'en sortira jamais. Mais ces tolérants le poussent encore plus avant : Les anciens Pères, dites-vous, n'ont point varié là-dessus, c'est-à-dire sur le mystère de la Trinité et sur celui de l'Incarnation : et c'est une preuve évidente que l'Ecriture est claire sur ces articles. Tout ce donc où ils ont varié n'était pas clair : or, selon vous, ils ont varié, non-seulement sur réternité de la personne du Verbe, et sur l'immutabilité de l'être divin, mais encore sur la providence particulière , sur la spiritualité et l'immensité de Dieu, sur la grâce, sur le libre arbitre, sur la satisfaction de Jésus- Christ , et sur tous les autres points qu'on a vus : donc l'Ecriture n'est pas claire sur tous ces points, et il faut tolérer ceux qui les rejettent.
Que sert ici à votre ministre la distinction de la foi et de la théologie? La foi des anciens , dit-il , n'a pas varié , mais seulement leur théologie. Ces importuns tolérants no le laisseront pas en repos. Qu'appelez-vous leur théologie, que vous distinguez de leur foi? C'est, dit le ministre, l'explication qu'ils ont voulu faire des articles de la foi. Mais voyons encore quelle explication? Etait-ce une explication qui laissât en son entier le fond des mystères, ou bien une explication qui le détruisit en termes formels?
Ce n'était pas une explication qui laissât en son entier le fond du mystère , puisqu'on lui a démontré que, selon lui , c'étaient les choses les plus essentielles, que les anciens ignoraient ; comme sont l'éternité du Fils de Dieu, la perfection de l'Etre divin, et les autres choses semblables. Ainsi leurs explications regardaient immédiatement le fond de la foi : la distinction de théologie, dont on vous amuse, n'est qu'une illusion et un discours jeté en l'air pour tromper les simples.
XXII. Que le ministre, poussé par les embarras de sa cause, visiblement ne sait où il en est. — PiCconnaissez donc, mes chers frères, que votre docteur, incertain de ce qu'il iloit tlire, hasarde tout ce