Is.,\ix. U;xxix. 10. —2. //. Thessal., ii
DEUXIÈME AVERTISSEMENT
La Réiorine convaincue d'errcui* et d'impiété par ce ministre.
I. Dessein des deux avertissements suivants. — Vous avez vu, mes chers frères, selon ma promesse, dans un premier Avertissement, le christianisme llélri , et le socinianisme autorisé par votre ministre. Vous avez été étonnés de ce qu'il a dil en faveur d'une secte qui se vante d'avoir porté la Réforme à perfection, en niant la divinité du P'ils de Dieu , et en affaiblissant tout le christianisme. Mais cessez de vous arrêter à tant de choses étranges, que vous avez vu qu'il a avancées sur le sujet des sociniens : il en a dit de plus essentielles contre lui-même et contre toute la Réforme; puisqu'il l'a chargée d'erreurs capitales, et dans son commencement, et dans son progrès. Il en a dit encore de plus importantes en faveur de l'Eglise catholique, puisqu'il a dit qu'on peut se sauver dans sa communion. Il a dil tout cela, mes frères : vous l'allez voir dans la dernière évidence. Il a nié l'avoir dit : vous ne le verrez pas moins clairement. Il ne s'agit pas de conséquences que je veuille tirer de sa doctrine : ce sont des termes formels pour l'affirmative, et formels pour la négative , que j'ai à vous rapporter; c'est-à-dire, qu'il y a des vérités contraires à la Réforme, et favorables à l'Eglise , si claires, qu'un ministre ne les a pu nier; et à la fois si décisives contre lui, qu'il a honte de les avoir avouées. Si à ce coup vous n'ouvrez les yeux, vous les aurez bien assoupis. Commençons.
II. Emportement du ministre, qui appelle l'auteur de t'HisToiRE DES Variations au jugement de Dieu, comme un calomniateur. — Ecoulez-le, mes chers frères , c'est lui qui parle dans la dixième Lettre de cette année, et la cinquième de celle qu'il oppose aux Variations. Il s'agit d'une Addition au livre XIV, qui a jeté M. Jurieu dans d'étranges emportements. « Si, dit-il', cette Addition est impor- ') tante, c'est à voir le caractère de M. Bossuet : car » il est vrai que rien n'est plus propre à le faire » reconnaître dans le monde pour un déclamateur » sans honneur et sans sincérité. » Voici la cause de ces reproches. « On trouve, continue-t-il, dans » cette belle Addition, que je suis demeuré d'accord » que Luther, dans son livre de Servo arbitrio, avait » employé des termes trop durs au sujet de la né- » cessité qui repose sur la volonté : et tout ce que » j'ai conclu, c'est que l'on ne doit pas condamner » les gens sur des expressions dures, quand les » sentiments dans le fond sont innocents, et qu'on » doit se tolérer dans ces expressions. » Il poursuit : '.' On trouvera dans cette Addition, ces jiarolos » pleines de calomnies, et indignes d'un homme » d'honneur. M. Jurieu a raison d'avouer de bonne ') foi, des réformateurs en général, qu'ils ont en- » soigné que Dieu poussait les pécheurs aux crimes » énormes. M. Jurieu n'a point avoué cela; et » M. Bossuet rendra compte quelque jour devant » Dieu d'une imposture aussi fausse et aussi raa-
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