ConsuH. de incund. pac, p. 209, V
Idem. — 3. Ibid,,
doutant ; et contre Luther, que lorsqu'il approuva les Lieux communs de Mélanchton , ils n'avaient point encore été corrigés : donc, poursuit-il, il a admis cette dure opinion de la prédestination, qui ôtait le libre arbitre à l'homme. Est-ce là dire seulement des paroles dures, et non pas admettre une opinion qui détruit toute religion , et établit l'impiété?
IV. Pareils blasphèmes trouvés dans Luther par le ministre Jurieu. — C'en est assez pour confondre ce téméraire ministre dans le jugement de Dieu, où il m'ajipelle : mais il passe encore plus avant; et voici comme il parle de Luther' : « Il n'a pas » seulement approuvé les paroles de Mélanchton, » mais il en a dit de semblables dans le livre du Serf » arbitre, dont le titre seul fait connaître le senti- » ment de l'auteur. Ecoutons donc comme il parle : » C'est le fondement de la foi de croire que Dieu est » clément, quoiqu'il sauve si peu d'hommes, et en » damne un si grand nombre ; de croire qu'il est » juste, quoiqu'il nous fasse damnahles nécessaire- » ment par sa volonté; en sorte qu'il semble pren- » dre plaisir au supplice des malheureux, et être » plus digne de haine que d'amour. Si donc je pou- » vais entendre par quelque moyen que Dieu est » miséricordieux et juste , pendant qu'il ne fait pa- » raitre que colère et injustice , je n'aurais pas be- » soin de foi. Dieu caché dans sa majesté ni ne dé- » plore la mort des pécheurs, ni ne la détruit; mais » il opère la vie et la mort , et toutes choses dans » tous. Il ne veut point la mort du pécheur, en pa- » ROLE, JE l'avoue, mais il la veut par cette secrète » et impénétrable volonté. » Voilà les paroles de Luther, où il reconnaît que Dieu fait les hommes damnables par sa volonté, et les fait inévitablement et nécessairement damnahles. Les faire damnahles de cette sorte, c'est sans doute les faire pécheurs : et Luther l'enseigne ainsi en termes formels, puisqu'il prouve ce qu'il avance, en disant qu'if fait toutes choses, et par conséquent le péché dans les hommes. D'où il s'ensuit que Dieu veut effectivement, et leur péché, et leur perte; quoiqu'à l'entendre parler, (c'est toujours Dieu qu'il entend,) il fasse semblant de ne les vouloir pas; in verbo scilicet. Qui jamais parla ainsi de Dieu , si ce n'est ceux qui n'en croient point, ou qui ont perdu toute la révérence qu'inspire naturellement un si grand nom? Voilà ce que M. Jurieu a tiré du livre du Serf arbitre de Luther; et il ose encore prendre Dieu en son redoutable tribunal à témoin , comme il n'attriliuc à Luther que des paroles trop dures, pendant qu'il le convainc avec tant de force de ces exécrables sentiments. Mais il le presse encore par des paroles tirées de ce même livre du Serf arbitre : « C'est en » vain , disait Luther, qu'on tâche d'excuser Dieu, » en accusant le libre arbitre. S'il a prévu la tra- » hison de Judas, Judas était fait traître par néces- » SITE ; et il n'était point en son pouvoir, ni dans » celui d'aucune créature de faire autrement ni de » changer la volonté de Dieu^. » En est-ce assez pour convaincre Luther? Mais, pour ne lui laisser pas le loisir de respirer, le ministre lui reproche encore d'avoir dit : « Si nous trouvons bons que » Dieu couronne des indignes, il ne faut pas trou- » ver moins bon qu'il damne des innocents : en