Consuit. de incund. pac., ji. 211. — 2. Idem, p. 2Î
DEUXIEME AVERTISSEMENT
» l'un cl en l'aulre, il est excessif selon les hom- » mes: mais il est juste et véritable en lui-même. » C'est niainlenant une chose incompréliensilile de «damner des innocents; mais on le croit jusqu'à " ce que le Fils de l'homme soit rév(M6'. » C'est donc l'objet de la foi, que Dieu damne des innocents; et les fait lui-môme coupables; puisque les faire damnables, comme dit Luther, et les faire pécheurs et coupables, c'est la môme chose; et voilà, selon Luther, le grand mystère qui nous sera révélé dans la vision bienheureuse.
Luther est terriblement pressé, vous le voyez; mais le ministre revient encore à la charge : Voici, dit-il-, par nù il finit; c'est toujours de Luther qu'il parle : « Si nous croyons qu'il est vrai que » Dieu prévoit et préordonne toutes choses, et que » d'ailleurs il n'est pas possible qu'il se trompe, » ou qu'il soit empoché dans sa science et dans la » prédestination, et enfin, que rien ne se fait sans » sa volonté : la même raison nous fait voir qu'il » ne peut y avoir aucun libre arbitre ni dans l'hom- » me, ni dans l'ange, ni dans aucune créature. » Tout ce qui se fait par nous, dans ce qui regarde » le salut et la damnation, se fait par une pure né- » cessité, et non point par le libre arbitre : l'homme » n'en a point; il est esclave et captif de la volonté » de Dieu ou de celle de Satan; en sorte qu'il n'a » aucune liberté ni libre arbitre de se tourner d'un » autre côté, ou de vouloir autre chose, tant que » l'esprit ou la grâce de Dieu dure en l'homme : » et j'appelle nécessité, poursuit Luther, cité par » le ministre, non pas la nécessité de contrainle. » mais celle d'immutabilité; » et le reste toujours soutenu de la môme force : ce qu'il achève de prouver par Calixle , luthérien , dont voici les propres termes cités par M. Jurieu^ : « Tout le but du » livre de Luther est de faire voir que toutes les >i actions des hommes, et tous les événements qui » en dépendent, ne peuvent arriver autrement qu'ils » arrivent, ni se faire avec contingence, ou par la » volonté du libre arbitre de l'homme , mais par la » pure et unique volonté, disposition et ordre do » Dieu. » Ce n'est donc pas seulement le sentiment de Luther, que Dieu veut et fait tout le bien et tout le mal qui se trouve dans le monde, mais c'est là encore tout le but de son traité du Serf arbitre : et ce n'est pas seulement M. Jurieu ou les calvinistes qui objectent ces énormes excès à Lulhcr; mais ce sont encore ses sectateurs mêmes et les luthériens les plus doctes et les plus célèbres, du nombre des- ((uels est Calixte, dont les paroles citées par le ministre Jurieu , se trouvent en efi'et dans le livre de ce fameux lutbérii^n, intitulé : Jugement sur les Controverses , etc.
\ . M. Jurieu démontre que Juther a clahli ces blasphèmes comme dogmes capitaux , et ne les a jamais rétractés. — Et parce qu'on pourrait penser que Luther aurait dit ces choses comme douteuses, ou problématiques, continue M. Jurieu : au contraire, dit ce ministre'', il les jjose comme desdogmes certains, qu'il n'est ni permis ni sûr de révoquer en doute; et [lour le prouver, il allègue ces paroles, par où Luther conclut : « Ce que j'ai dit dans ce " livre, je ne l'ai pas dit comme en disputant on » en conférant, mais je l'ai assuré et je l'assure, et