‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 458 sur 545 · Pug. 212— 2. Idem. — 3. Par/. 213. — 4. Idem · texte numérisé non relu

Pug. 212— 2. Idem. — 3. Par/. 213. — 4. Idem

» je n'en laisse le jugement à personne; mais je » conseille à tout le monde de s'y soumettre. » Ce qu'il veut qu'on reçoive avec une entière soumission, c'est que tout est nécessaire d'une absolue nécessité : « et souvenez-vous, poursuit-il, vous » qui m'écoutez , que c'est moi qui l'ai enseigné ; » en sorte qu'il ne paraît pas seulement que Lulhcr a établi ces dogmes impies, mais encore qu'il les a établis avec toute la certitude qu'on peut jamais donner à un dogme, et comme un des fondements ([u'il veut le plus inculquer à ses sectateurs.

Si j'avais à convaincre Luther devant Dieu et devant les hommes, de ces horribles impiétés, je ne produirais autre chose que ce que produit ici M. Jurieu. Mais pour le convaincre lui-môme d'avoir regardé tous ces discours de Luther, non-seulemcnl comme durs, mais comme impies, et non-seulement comme contenant des expressions excessives, mais encore comme contenant des dogmes afTreux : je n'ai encore qu'à produire ces paroles de ce ministre au luthérien Sculter. « 'Voilà, lui dit-il ', toute » cette suite de dogmes que vous appelez dans nos » auteurs de grands monstres, des monstres alTreux » et horribles. Voilà tous nos dogmes, et beaucoup » plus que nous n'en disons, et ce que nous serions » bien fâchés de dire. » C'est donc de tous ces dogmes qu'on vient de voir, et dont il témoigne luimôme tant d'horreur, qu'il a convaincu Lutîier; et afin de ne nous laisser aucun doute de ce qu'il déteste dans ce chef de la Réforme , après avoir rapporté tous les dogmes qu'il en reçoit. « Nous em- » brassons, dit-il^, de tout notre cœur tous ces » dogmes de Luther; mais en voici qui lui sont » propres : Que Dieu par sa volonté nous rend «DAMNABLES NÉCESsAinEMENT ; quc c'cst cn vain » qu'on excuse Dieu en accusant le libre arbitre; » qu'il n'était point au pouvoir de Judas de n'être » point traître; que Dieu damne les hommes par sa » propre volonté; qu'il damne des innocents comme » il couronne des indignes; qu'il ne peut y avoir de » libre arbitre, ni dans l'homme, ni dans l'ange, » ni dans aucune créature , et que tout ce qui se » fait par nous , se fait non point par le libre ar- » bilre , mais par une pure nécessité. Nous rejetons, » poursuit-il, toutes ces choses, et nous les rejc- 1) tons avec horreur, comme choses qui détruisent » TOUTE RELIGION, ct qui resscntcnt le manichéisme. » Je le dis à regret, et malgré moi, favorisant » autant que je le puis la mémoire de ce grand » homme. » Grand homme comme vous voyez , qui vomit des impiétés ct des blasphèmes qu'on n'entendra peut-être pas dans l'enfer même. Mais voilà les grands hommes de la Réforme , et voilà comme ils sont traités par ceux-là mêmes qui font profession de les révérer.

Et parce qu'on pourrait penser cn faveur de Luther, qu'il aurait du moins changé de scntimeni ; quoiqu'on avoir eu un seul moment de si damnables, et avoir commencé par de tels blasphèmes la réformation de l'Eglise, ce serait toujours une preuve d'un homme livré à Satan; il ne laisse pas même aux lulhéricns cette misérable consolation : « Car, poursuit-il ', on roc dira qu'il s'est rétracté : » mais qu'on me montre où est cette rétractation. » On ne voit, dit-il, sur le lil>rc arbitre aucune

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