‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 467 sur 545 · s., XL. 11, Aijoc, II. 0; m. 0. — 2. Lell. xi. SI · texte numérisé non relu

s., XL. 11, Aijoc, II. 0; m. 0. — 2. Lell. xi. SI

si grand crime, qu'il trouve plus nécessaire de s'en défendre, que d'avoir mis le salut parmi les sociniens : mais, malgré ses vaines défaites, vous l'avez vu convaincu sur le dernier chef, et vous pouvez présumer de là qu'il le sera bientôt sur l'autre. II. Quelle Eglise romaine est rangve par le ministre parmi les sociétés qu'il appelle vivantes, et ce que veut dire ce mot. — La preuve en est concluante , en présupposant la distinction que fait le mi nislre do l'Eglise considérée selon le corps, el de l'Eglise considérée selon l'ànie. La profession du christianisme sufTit pour faire partie du corps de l'Eglise (ce qu'il avance contre M. Claude , qui ne compose le corps de l'Eglise que de véritables fidèles); mais pour avoir part à l'âme de l'Eglise , il faut être dans la grâce de Dieu'. « L'Eglise, dit le » ministre' , est composée de corps et d'àme : on » en convient dans les deux communions : l'àme de » l'Eglise est la foi et la charité. »

Pour décider maintenant, selon ce ministre, ce qui donne part à l'àme de l'Eglise, ou, comme il parle en d'autres endroits, ce qui rend les sociétés vivantes, il ne faut qu'entendre le même ministre dans son Sijstème. « Premièrement nous distinguons » les sectes qui ruinent le fondement, de celles qui » le laissent en son entier : et nous disons que celles » qui ruinent le fondement sont des sociétés mortes ; » des membres du corps de l'Eglise à la vérité, mais » des membres sans vie, et qui n'ayant point de vie, » n'en sauraient communiquer à ceux qui vivent » au milieu d'elles^. » Par la raison opposée, les sociétés où les fondements sont en leur entier, ont la vie el la communiquent; el voici quelles elles sont selon le ministre. « Nous appelons communions » vivantes les Grecs, les Arméniens les Cophles, les » Abyssins, les Russes, les papistes et les protes- » lanls. Toutes ces sociétés ont forme d'Eglise : » elles ont une Confession de foi, des conducteurs, » des sacrements, une discipline : la parole de Dieu » y est reçue, et Dieu y conserve ses vérités fonda- » mentales. » Vous voyez qu'il range les papistes avec les Grecs el les autres, qui, selon lui, ont conservé les vérités fondamentales, et parmi lesquels pour cette raison il reconnaît qu'on se sauve par la vertu de la parole qui y est prêchée : car c'est là son grand principe, comme vous l'avez déjà vu dans l'Avertissement précédent'', et comme vous le verrez de plus dans la suile. V^oilà ce qu'il appelle sociétés vivantes.

Il raisonne de la même sorte dans ses Préjugés légitimes^. « L'Eglise universelle s'est divisée en » deux grandes [jarlies , l'Eglise grecque el l'Eglise » latine. L'Eglise grecque, avant ce grand schisme, » était déjà subdivisée eh nestoriens, eneutychiens, » en melchites, et en plusieurs autres sectes. L'E- » glise latine , s'est aussi partagée en papistes , » vaudois , hussitcs, taborites, luthériens, calvi- » nistes, anabaptistes, divisés eux-mêmes en plu- » sieurs branches. C'esl une erreur de s'imaginer i> que toutes ces dill'érenles parties aient absoluinenl « rom])!! avec Jésus-Christ, en rompant les unes avec » les autres. » Je ne m'arrêterai ]jas à l'ignorance de votre minisire, qui, encom|ilant les melchites |jarmi les secles de l'Orient, les oppose aux nestoriens el

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