Var.. iiv. xv,n.54. — ■ 4. /. A.vertisse»i., n
:. .Vyï(., p. lu. — 3. Idem. p. 147.
-5. l'réj. légit., I.part., p. 6.
SALUT DANS L'EULISE; FANATISME DANS LA REFORME
auxoutychions, sans songer que le norade melchiles, i|ui veut dire royalistes, est celui que les eutychiens donnèrent aux orthodoxes, à cause que les empereurs (|ui étaient catholiques, autorisaient la saine doctrine par leurs cdits, et au contraire proscrivaient les eutychiens : ce qui fait voir en passant que ce n'est pas d'aujourd'hui que les hérétiques, qui n'ont pas pour eux les puissances, tâchent de tirer avantage de ce que l'Eglise catholique en est protégée. Mais , laissant à part cette remarque; arrêtons-nous à cette parole du ministre : Une faut pas croire que toutes ces sectes, (ce sont celles qu'il vient de nommer parmi lesquelles il nous range,) en rompant entre elles, aient rompu absohoment avec Jésus-Christ. Nous avons observé ailleurs' que, qui ne rompt pas avec Jésus-Christ, ne romjit pas pour ainsi parler, avec le salut et avec la vie, et qu'aussi pour cette raison, le ministre a compté ces sociétés parmi les sociétés virantes, sans s'émouvoir de l'objection qu'on leur fait de renverser le fondement par des conséquences qu'ils nient; ce que le ministre pousse si loin, qu'il ose bien dire^, « que les eutychiens renversaient le fondement , c'est-à- » dire, l'incarnation du Verbe, en supposant que » le Verbe s'était fait chair non par voie d'assomp- » lion , mais par voie de changement , comme » l'air se fait eau, et l'eau se fait air; en sup- » posant que la nature humaine était absorbée » dans la nature divine , et entièrement confon- » due. Si tel a été leur sentiment, continue-t-il, » ils ruinaient le mystère de l'Incarnation; mais « c'était seulement par conséquence : car d'ailleurs « ils reconnaissaient en Jésus-Christ, divinité et hu- » manitè, et ils avouaient que le Verbe avait pris » chair réellement et de fait. » Cette doctrine du ministre sur l'Incarnation paraîtra étrange aux théologiens; mais ce qu'il dit do Nestorius ne l'est pas moins : « Si Nestorius a cru qu'il y a dans Jé- » sus-Christ deux personnes , aussi bien que deux » natures, son hérésie était notoire; cependant elle » ne détruisait l'Incarnation que par conséquence : » car cet hérésiarque confessait un Rédempteur, » Dieu béni éternellement avec le Père : » d'où il conclut, « qu'il est aisé que Dieu se conserve des » élus dans ces sortes de sectes , parce qu'il y a » dans ces communions, mille et mille gens qui ne «vont point jusqu'aux conséquences, et d'autres » qui y allant les rejettent formellement. »
Je ne veux point disputer avec le ministre 'sur la doctrine de Nestorius et d'Eutychès, ni s'il est permis à des gens sages d'en croire plutôt des auteurs modernes , qui viennent les excuser après douze cents ans , que les Pères qui ont vécu avec eux et les ont ou'is, et que les conciles d'Ephèse et de Chalcédoine, où leur cause a été jugée. Mais qu'en supposant leur erreur telle qu'on vient de la rapporter, on s'en puisse contenter jusqu'à les sauver de détruire formellement l'Incarnation; c'est ce qu'aucun catholique, aucun luthérien, aucun calviniste n'avait osé dire. Les termes mêmes y résistent; puisque l'Incarnation n'étant autre chose que deux natures unies en la même personne divine, pour peu que l'on divise la personne, ou que l'on confonde les natures , le nom morne d'Incarnation ne subsiste plus. On sauve néanmoins ces