‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 469 sur 545 · Var., liv, XV, rt. 55. — 2. S>/st · texte numérisé non relu

Var., liv, XV, rt. 55. — 2. S>/st

hérétiques; on sauve, dis-je,les nestoriens, ou les eutychiens , bien qu'on avoue qu'ils renversent le mystère de l'Incarnation; c'est-à-dire, bien qu'on avoue qu'ils renversent le fondement de la rédemption du genre humain. On traite aussi favorablement ceux qui font naître le Fils de Dieu dans le temps, et seulement un peu avant la création du monde ' . Si ceux-là conservent le fond de la Trinité, il ne faut plus s'étonner qu'on fasse aussi conserver le fond de l'Incarnation à ceux qui divisent la personne de Jésus-Christ , ou lui ôtent ses deux natures en les absorbant l'une dans l'autre, comme parle M. Jurieu. Tout est permis à ce prix : le mystère de la piété est anéanti; la théologie n'est que dans les mots; et les hérétiques les plus pervers sont orthodoxes. Mais laissons cela : ce dont nous avons ici besoin, c'est de ce principe du ministre; qu'il ne faut point imputer les conséquences à qui les nie. Sur ce principe il a dit, et il a dû dire , que l'Eglise romaine était comprise parmi les sociétés vivantes , puisque selon lui elle ne renverse aucun des fondements de la foi, et que si on lui impute de les renverser par des conséquences, on doit répondre pour elle, ou qu'elle n'y entre pas, ou qu'elle les nie; ce qui en effet est très-véritable : de sorte que, pour parler avec le ministre, il est aisé à Dieu de s'y conserver des élus.

III. Deux, raisons dont se sert le ministre, pour montrer qu'il n'a pas pu dire qu'on se sautât dans la communion de l'Eglise romaine. — A la vérité, il est honteux à la Réforme de ne sauver les enfants de l'Eglise catholique qu'avec les nestoriens et les eutychiens, et avec tant d'autres sectes réprouvées; cela, dis-je, est honteux à la Réforme : car pour nous notre témoignage vient de plus haut; et quand tous les protestants conspireraient à nous damner, notre salut n'en serait pas moins assuré. C'est à eux qu'il est avantageux de nous mettre au rang des vrais fidèles, quoique ce soit avec ceux envers qui il ne faudrait pas être si facile; et dans la haine que M. Jurieu a contre nous, c'est une espèce de miracle qu'il ail pu être forcé à cet aveu. Voici comme il s'en défend , et voici en même temps comme il en est convaincu. « On accuse, dit-il-, » M. Jurieu d'avoir franchi le pas, et d'avoir avoué » rondement qu'on peut se sauver dans l'Eglise ro- » maine. En (|uel endroit a-t-il donc franchi ce » pas? N'a-t-il pas dit partout que le papisme est » un abominable paganisme, et que l'idolàlrie y est » aussi grossière qu'elle était autrefois à Athènes? » Il l'a dit, je le confesse : il passe outre; et après avoir exagéré nos idolâtries avec l'aigreur dont il a coutume d'accompagner ses paroles , il continue en cette sorte : « N'a-l-il pas dit, ce ministre qu'on » accuse de reconnaître qu'on peut se sauver dans » l'Eglise romaine , qu'elle était cette Babylone de )i laquelle on était oblige de sortir sur peine d'é- » lernelle damnation, par le commandement de 1) Dieu : Sortez de Babylone, mon peuple? » Il a dit tout cela , et il a poussé ces calomnies au dernier excès. Mais avec tout cela , Dieu est le maître : Dieu force les ennemis de la vérité et les calomniateurs de son Eglise , à dire plus qu'ils ne veulent : et tout en calomniant l'Eglise romaine de la manière iju'on voit, il faut qu'il vienne aux pieds de celte

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