‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 472 sur 545 · Syst., p. 21G · texte numérisé non relu

Syst., p. 21G

En effet, dans le même endroit où le minisire semble s'y réduire , sentant bien en sa conscience qu'il n'y a pas moyen de s'en tenir là, il ajoute que s'il y avait quelques élus entre les adultes, cela étant absolument inconnu ne pouvait servir à rien* : comme s'il y avait sur la lerre une communion où l'on connût les élus, ou que l'on sût qu'il y en a par une autre voie que par celle qui a forcé le ministre à en mettre selon ses principes dans toutes les sociétés où la parole de Dieu est prôchée, c'està-dire par l'efficace et par la fécondité de celte parole.

XV- Qu'on ne peut sans trop d'injustice nous refuser le salut, après l'acoir accordé à tant d'autres sectes dont la corruption est avouée. — C'en serait trop sur cette matière , si elle était de moindre imporlance, et si le ministre à qui nous avons affaire voulait agir de bonne foi : mais comme il ne cherche qu'à éluder tout ce qu'il a dit de plus clair, il faut l'accabler de preuves. Car, après tout, quelle raison l'aurait empêché de nous sauver avec tous les autres , c'est-à-dire , non-seulement avec les luthériens, qui font partie des protestants, mais encore avec ceux qu'on ne met point en ce rang; avec les Grecs , les jacobites et les nesloriens , à qui il ne dénie pas qu'il ait accordé le salut? Commençons par ce qui regarde le culte; car c'est ce qu'on fait passer pour le point le plus essentiel. On ne nie pas que les Grecs n'aient avec nous le culte des saints , celui des reliques et des images, ni que ce culte n'ait passé en dogme constant au second concile de Nicée tenu et approuvé dans l'Eglise grecque. Les nesloriens et les jacobites sont dans les mêmes pratiques : le fait est constant, et personne ne le conteste : ils sont donc déjà idolâtres comme nous et comme les Grecs, et néanmoins on se sauve parmi eux. Venons à ce qui regarde la personne de Jésus-Christ et son incarnation. Sans disputer maintenant du sentiment des nesloriens et des eutychiens , ou demi-eulychiens et jacobites , vous avez vu que M. Jurieu les a sauvés -, en présupposant dans la doctrine des nesloriens , la désunion des personnes, et dans celle des eutychiens la confusion des natures. Vous avez vu, dis-je , qu'on peut être sauvé en croyant l'humanité absorbée dans la nature divine , et la personne de Jésus-Christ divisée en deux.

Passons à la doctrine de la grâce et de la prédestination. Vous sauvez les luthériens , encore que, de l'aveu de M. Jurieu , ils soient demi-pélagiens , et qu'ils attachent la conversion de l'homme à des actes purement humains où la grâce n'a aucune pari. Vous en avez vu les passages dans le second Avertissement.

Vous avez vu, dans le même endroit, que les mêmes luthériens nient que les bonnes œuvres soient nécessaires au salut, et qu'ils avouent qu'on se peut sauver sans exercer les vertus et sans aimer Dieu; ce qui va à l'exlinclion de la piété, et n'empêche pas néanmoins qu'ils ne parviennent au salut.

Disons un mot des sacrements. Ce serait une cruauté, selon le ministre', de chasser de l'Eglise et d'exclure du salut ceux qui admettent d'autres sacrements que le Baptême et la Gène; et loin de nous en exclure pour y avoir ajouté la Conllrma-

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