‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 473 sur 545 · Li-U. XI. — a. Ci-dessus, n. 2.-3. Sjst., p. 539, 54S · texte numérisé non relu

Li-U. XI. — a. Ci-dessus, n. 2.-3. Sjst., p. 539, 54S

Wi

TliolSIKMK .\VE1!TI^^SEMENT.

lion, l'Exlrèmc-Onrtinn et les autres , il n'en exclut niènic pas les ciirétieiis d'Elliiopic , ;i qui il l'ait rerevoir la Circoncision à titre de sacrement, encore i|uc saint Paul ail dit : Si cous recevez la Circoncision, Jesus-Chrinl ne vous servira de rien*. Tout cela est nlijoflédans les Variations- , et tout cela a pass6 sans contradiction.

Pour la présence réelle, on n'a plus besoin d'en parler; et il y a trop longtemps qu'on est convenu , en faveur des luthériens, que celte doctrine, qui nous rangeait autrefois au nombre des anthropophages, est devenue innocente et sans venin. L'ubiquité, doctrine insensée et monstrueuse, s'il en fût jamais, de l'aveu de vos ministres, où l'on fait Jésus-Christ, en tant qu'homme, aussi immense que Jésus-Christ en tant que Dieu, est tolérée dans les luthériens avec la présence réelle; quoiqu'au fond celte doctrine cm|iorte avec elle l'eutychianisme tout pur, et l'humanité absorbée dans la nature divine : mais cela même est déjà passé aux jacobites , avec tout le reste.

Pour peu qu'il y eut de bonne foi, il ne faudrait plus disputer de la transsubstantiation, puisqu'il n'y a presque plus de protestants qui ne la reconnaissent parmi les Grecs , et que les savants la trouvent si claire dans les liturgies des nestoriens cl des eutychiens, qu'il n'y a pas moyen de le nier : mais du moins, à quelque excès que l'on porte l'impudence, on ne niera pas parmi eux, non plus que parmi les Grecs, une oblation et un sacrillce dans la célébration de l'Eucharistie, et un sacrifice oU'ert à Dieu pour les morts comme pour les vivants, et pour les péchés des uns et des autres. Tout cela passe, cl on se sauve avec tout cela; avec le culte des saints et l'idolâtrie des reliques et des images; avec un sacrifice propitiatoire pour les vivants et les morts , puisque c'est pour les péchés des uns et des autres; avec la présence réelle et toutes ses suites; et ce qui est bien plus étrange, avec l'ubiquité des luthériens, avec le nestorianisme , l'cutychianisme, le semi-pélagianisme. Et qu'est-ce qui ne passe point avec ces monstres d'erreurs? Ce ne sont point seulement les enfants que le ministre a voulu sauver dans toutes ces sectes en vertu de leur baptême; ce sont les adultes qui y vivent de bonne foi, et ne songent seulement pas à en sortir : autrement il retomberait dans la cruauté qu'il rejette, de damner tant de chrétiens qui lui paraissent de bonne foi. Ouvrant la porte du ciel à tant d'hérétiques, quel front eût-il fallu avoir pour nous en exclure?

Mais le grand principe du ministre l'oblige encore i)lus à nous recevoir. Car, comme on a vu souvent, ce qui l'oblige à sauver tant de sectes , et des sectes si corronqnies de son aveu propre, c'est la fécondité, qui selon lui est inséparable de la parole de Dieu, quoi([u'inq)uremont prêchée. Or, la parole de Dieu se proche parmi nous autant et jilus sans dillicullé, que parmi les jacobites et les Grecs. Dieu serait cruel, selon le ministre, si cette parole n'était prêchée que pour rendre les hommes plus inexcusables; et c'est de là qu'il conclut qu'elle a son elTet entier dans toutes ces sectes, et qu'elle y sauve quelqu'un. C'est pousser la haine trop avant et trop au delà de toutes les bornes, (|ue de nous

Page 1