Afol., cap. 6. — 2. ///. part., ch. i
évident du soi-même, leur apprend ce qu'il faudrait croire de ces sortes de conséquences, supposé qu'on en pût tirer de mauvaises de notre doctrine. Voici comme il parle dans la lettre qu'il a écrite à M. de Monglat sur le sujet de son .ipologie : « Encore que » l'opinion des luthériens sur l'Eucharistie induise » selon nous, aussi bien que celle de Rome, la des- » truction de l'humanité de Jésus-Christ, cette suite » néanmoins ne leur peut être mise sus sans ca- » lomnie, vu qu'ils la rejettent formellement. »
Il n'y a rien de plus essentiel à la religion chrétienne , que la vérité de la nature humaine en .Jésus-Christ; et cependant, quoique les luthériens tiennent une doctrine d'où l'on infère la destruction de cette vérité capitale, par des conséquences que les prétendus réformés jugent évidentes, ils n'ont pas laissé de leur offrir leur communion, parce que leur opinion n'a aucun venin, comme dit M. Daillé dans son Apologie ' : et leur synode national , tenu à Charenton en 1G31 , les admet à la sainte table , sur ce fondement, qu'ils conviennent es principes et points fondamenlaux de la religion. C'est donc une maxime constamment établie parmi eux, qu'il ne faut point en cette matière, regarder les conséquences que l'on pourrait tirer d'une doctrine, mais simplement ce qu'avoue et ce que pose celui qui l'enseigne.
Ainsi quand ils infèrent, par des conséquences qu'ils prétendent tirer de notre doctrine, que nous ne savons pas assez reconnaître la gloire souveraine qui est due à Dieu , ni la qualité de Sauveur et de Médiateur en Jésus-Christ , ni la dignité inDnie de son sacrifice, ni la plénitude surabondante de ses mérites; nous pourrions nous défendre sans peine de ces conséquences, par cette courte réponse que nous fournit M. Daillé , et leur dire que l'Eglise catholique les désavouant, elles ne peuvent lui être imputées sans calomnie.
Mais je veux aller plus avant, et faire voir à messieurs de la religion prétendue réformée, par la seule exposition de notre doctrine, que bien loin de renverser les articles fondamentaux de la foi, ou directement , ou par conséquence , elle les établit , au contraire, d'une manière si solide et si évidente, qu'on ne peut, sans une extrême injustice, lui contester l'avantage de les bien entendre.
III. Le culte religieux se termine à Dieu seul. — Pour commencer par l'adoration qui est due à Dieu, l'Eglise catholique enseigne qu'elle consiste principalement à croire qu'il est le Créateur et le Seigneur de toutes choses , et à nous attacher à lui de toutes les puissances de notre àrae par la foi , par l'espérance et par la charité, comme à celui qui seul peut faire notre félicité, par la communication du bien infini , qui est lui-même.
Cette adoration intérieure, que nous rendons à Dieu en esprit et en vérité , a ses marques extérieures, dont la principale est le sacrifice, qui ne peut être oiTert qu'à Dieu seul, parce que le sacrifice est établi pour faire un aveu public et une protestation solennelle de la souveraineté de Dieu , et de notre dépendance absolue.
La même Eglise enseigne que tout culte religieux se doit terminer à Dieu comme à sa fin nécessaire; et si l'honneur qu'elle rend à la sainte Vierge