Exod.^ V et seq
CINQUIEMK AVERTISSEMEN'i
!Manasscs : un Elio, un Elis(''C, un Isaïc, un Os6c, cl les autres saints prophètes , qui criaient si haut contre les égarements de ces princes, ne songeaient pas seulement à leur contester l'ohôissance (jui leur était due. Le peuple saint l'ut aussi paisihle sous le joug de fer de liabylone, comme nous avons déjà vu ; et pour ne point répéter ce que j'ai dit , ni prévenir ce que j'ai à dire dans la suite , sur ce sujet, on voit régner dans ce peuple les mêmes maximes que le peuple chrétien en a aussi retenues, de rendre à ses rois, quels (ju'ils fussent , un fidèle cl inviolable service. C'est par toute cette conduite du peuple de Dieu qu'il fallait juger du droit que Dieu même avait établi parmi eux. S'il a voulu une seule fois s'en dispenser sous les Machabées avec les restrictions et dans les conjonctures particulières qu'on vient de voir; il a marqué clairement que ce n'était pas le droit établi, mais l'exception de ce droit faite par sa main souveraine ; et c'est pourquoi, sans se fonder sur ce cas extraordinaire, l'Église chrétienne s'est fait une règle de la pratique constante de tout le reste des temps : de sorte qu'on peut assurer comme une vérité incontestable, que la doctrine qui nous oblige à pousser la fidélité envers les rois jusqu'aux dernières épreuves , est également établie dans l'ancien et dans le nouveau peuple.
Troisième exempte. Celui de David.
XX\'II. Que, selon les principes du ministre, l'exemple de David n'est pas à suivre. — Il reste à examiner le troisième exemple de M. Jurieu, qui est celui de David, que ce ministre propose pour prouver qu'on peut défendre sa vie à main armée contre son prince; et il répète souvent, que si on peut prendre les armes contre son roi pour la vie, on le peut à plus forte raison pour la religion et pour la vie tout ensemble. D'abord et sans hésiter j'accorde la conséquence : mais voyons comme il établit le fait d'où il la tire. « Pourquoi, dit-il', » David avait-il assemblé autour de lui quatre ou » cinq cents hommes tous gens braves et bien «armés? N'était-ce pas pour se défendre, pour » résister à la violence par la force, et pour résister » à son roi qui voulait le tuer? Si Satil fût venu » l'attaquer avec pareil nombre de gens, s'en se- » rait-il fui? N'aurait pas combattu pour sa vie, » (|uand môme c'aurait été avec quelque péril de >i la vie de Saûl lui-môme; parce que dans le com- » bat on ne sait pas oii les coups portent? David » savait son devoir; il avait la conscience délicate; » il respecte l'onction de Dieu dans les rois : mais » il ne croit pas ([u'il soit toujours illégitime de » leur résister : et même David était dans un cas » où nous ne voudrions pas permettre de résister » par les armes à un souverain; dans le fond il » était seul, et n'était qu'un particulier. Nous n'é- » tendons pas le pouvoir de résister à un souverain » jusque-là : mais celui qui a cru qu'un particulier » pouvait repousser la violence par la force, a cru » à plus forte raison que tout un [)cuple le pou- » vait. » J'ai rapporté exprès tout au long le discours de M. Jurieu, aiin qu'on voie que ce ministre détruit lui-même son propre raisonnement; car en