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talent qu'une politique du temps, qu'il fallait maintenant changer connue contraire aux vrais intérêts de la nation? Il n'en faut pas davantage pour enrichir l'Histoire des Variaiions d'un grand exemple, de l'aveu même de M. Jurieu. L'Eglise anglicane avait posé comme une maxime de religion, la souveraine indépendance des rois'; en sorte qu'il ne fut jamais permis de leur résister jMr la force, sous quelque prétexte que ce fût, pas même sous celui de la religion, ou de la conservation des lois et des privilèges. L'Angleterre agit maintenant par des maximes contraires; l'Angleterre a donc changé les maximes de religion qu'elle avait établies. M. Jurieu l'avoue, et V Histoire des Variations est augmentée d'un si grand article.
LXII. Le cromwéiisme rétabli par les maximes du ministre Jurieu et par les nouvelles maximes de l'Eglise anglicane. — Mais venons encore un peu au fond de ce changement. Selon M. Jurieu, ce qui donna lieu dans l'Eglise anglicane aux maximes de la souveraine indépendance des rois, fut le parricide abominable de Charles pf, c'est-à-dire , que ce fut le désir d'extirper le cromwélisme et la doctrine qui donnait au peuple le pouvoir de juger ses rois à mort, sous prétexte d'avoir attaqué la religion ou les lois; car c'était l'erreur qu'il fallait combattre et le grand principe de Cromwel. Mais voyons si M. Jurieu l'a bien détruit. « Il n'est rien , >> dit-iP, de plus injuste que d'attriljuer à notre » théologie le triste supplice de Charles I''^ C'est » la fureur des fanatiques et les intrigues des pa- » pistes qui ont fait cette action épouvantable... » Ne sait-on pas que c'est le fait de Cromwel, qui » se servit des fanatiques pour rendre vacante une » place qu'il voulait occuper? » Laissons croire à qui le voudra ces curieuses intrigues des papistes, et leur secrète intelligence avec Cromwel. Venons aux vrais auteurs du crime. C'est Cromwel et les fanatiques. Je l'avoue. Mais de quelles maximes se servirent-ils pour faire entrer les peuples dans leurs sentiments? Quelles maximes voit-on encore dans leurs apologies? Dans celle d'un Milton , et dans cent autres libelles, dont les cromwélistes inondaient toute l'Europe? De quoi sont pleins tous ces livres et tous les actes publics et particuliers qu'on faisait alors, que de la souveraineté absolue des peuples sur les rois, et de toutes les autres maximes que M. Jurieu soutient encore après Buchanan, que la convention a suivies, et où l'Eglise anglicane se laisse entraîner, malgré ses anciens décrets? Il n'est pas question de détester Cromwel, et de le comparer à Gatilina, quand après cela on suit toute sa doctrine. Car écoutons comme s'en défend M. Jurieu. « Nous ne disons pas, dit-il', qu'il soit » permis de résister aux rois jusqu'à leur couper » la tète. Il y a bien de la dilTérence entre attaquer » et se défendre. La défense est légitime contre » tous ceux qui violent le droit des gens et les lois » des nations : mais il n'est pas permis d'attaquer » des rois, et des rois innocents, pour leur faire » souffrir un honteux supplice. » Il semblait dire quelque chose en faveur des rois, en leur accordant du moins qu'il n'est pas permis de les attaquer, ni même de leur résister jusqu'à leur faire souffrir le dernier supplice; mais il n'ose soutenir ce peu qu'il