‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 508 sur 545 · Jur., idem. — 2. Lelt. xvni, p. l;n. — 3. Jttr., ihid · texte numérisé non relu

Jur., idem. — 2. Lelt. xvni, p. l;n. — 3. Jttr., ihid

CINQUIÈME AVERTISSEMENT

leur donne. Il craint de s'engager trop, en disant qu'il n'est pas permis de pousser les rois jusquelà, et il en vient aussitôt à la restriction des rois mnocenls. En effet, si les peuples sont toujours et en toute l'orme d'Etat les principaux souverains, si les rois sont leurs justiciables et relèvent de ce tribunal, si on peut leur l'aire la guerre, appeler contre eu.\ l'étranger, les priver de la royauté, les réduire par conséquent à un état particulier, qui empêche qu'on n'aille plus loin; et qui pourra les garantir des cxlréniitôs que je n'ose nommer? Leur innocence, dira M. Jurieu, comme les derniers du peuple. Mais encore qui sera le juge de leur innocence, si ce n'est encore le peuple, ce peuple qui n'a pas même besoin d'avoir raison pour rendre ses actes valides , juridiques et exécutoires, comme parle M. Jurieu? Qui ne voit donc que, par les maximes de ce ministre, et par celle que l'Angleterre vient de suivre, le cromwélisme prévaut, et qu'il n'y a rien à lui opposer que les maximes qu'on reconnaît être celles de l'Eglise anglicane, mais qu'elle voit maintenant ensevelies avec la succession de ses rois.

LXIII. Illusion du ministre sur la qualité de chef de l'Eglise ajiglicaiie. — Après la condamnalion de SCS anciennes maximes , il faut encore qu'elle soulïre les insultes d'un j\I. Jurieu, qui se moque d'elle en la louant, et qui ose lui reprocher que ce qu'elle a fait sous Charles II, était l'effet d'une mauvaise politique et un entier renversement des lois du pays.

Mais après l'avoir ainsi déshonorée , il espère de l'accabler par ces paroles ' : « Je voudrais bien » qu'on me répondit à ce raisonnement. Etre chef » de l'Eglise anglicane et membre de l'Eglise pro- » lestante, c'est aujourd'hui la même chose. Les » lois d'Angleterre , depuis Henri "VIII , ordonnent » que le roi sera claef de l'Eglise anglicane; donc » elles ordonnent qu'il sera membre de l'Eglise » protestante. » Le ministre se persuade que l'Angleterre, en oubliant ses dogmes, oubliera jusqu'à son histoire. Elle oubliera que Henri VIII, à qui le ministre même attribue la loi par laquelle les rois d'Angleterre sont chefs de l'Eglise, ne laissa pas d'appeler à sa succession Marie, sa fdle très-catholique , avant même Elisabelh protestante. Elle oubliera qu'on avait reçu le testament de ce prince comme un acte conforme aux lois fondamentales du royaume, qu'on se soumit à la reine Marie, qu'on punit de mort les rebelles qui avaient osé soutenir qu'elle était incapable de régner, et que depuis on lui demeura toujours fidèle. Elle oubliera, pour ne point parler de tout ce qui s'est passé sous Charles II , en faveur de la succession à laquelle les factieux ne purent jamais donner d'atteinte; elle oubliera, dis-je, que Jacques II, son magnanime frère, a été reconnu dans toutes les formes et avec tous les serments accoutumés, sans aucune contradiction , et a régné paisiblement plusieurs années. L'Angleterre oubliera tout cela; et M. Jurieu, un ministre presbytérien , un étranger qui a oublié son pays , apprendra aux Anglais le droit du leur, et réformera les maximes de leur Eglise.

L.XIV. Conclusion de ce discours : opposition des sentiments des prétendus réformés d'aujour-

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