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d'hui, arec ceux qu'Us témoiqnaient au commencement. — Quoi qu'il en soit, le minisire a montré assez clairement à l'Eglise anglicane sa prodigieuse et soudaine variation- sur le sujet de l'obéissance due aux rois. Cet avertissement a fait paraître dans toules les Eglises protestantes, et en particulier aux prétendus réformés de ce royaume, un semblable changement, et tout ensemble une manifeste opposition de leur conduite et de leurs maximes avec celles de l'ancien christianisme. Il n'y a qu'à entendre encore une fois Calvin, lorsqu'il présente à François I"'' l'apologie de tout le parli , dans la lettre où il lui dédie son Institution, comme la commune Confession de foi de lui et des siens'. J On ne peut rien alléguer de plus authentique qu'une % apologie présentée à un si grand roi par le chef des prétendues Eglises de France, au nom de tous ses disciples. Calvin l'a composée, autant qu'il a pu, sur le modèle des anciennes apologies de la religion chrétienne, présentées aux empereurs qui la persécutaient : il proteste sur ce fondement, qu'on accuse en vain ses sectateurs de vouloir ôter le sceptre aux rois , et troubler la police , le repos et l'ordre des Elats^. C'était donc un crime qu'il détestait, ou qu'il faisait semblant de détester. Mais les nouvelles Eglises n'ont maintenant qu'à examiner si elles n'ont point troublé les royaumes, attaqué la puissance souveraine par leurs actions et par leurs maximes, et ôté le sceptre aux rois. Calvin témoigne qu'il a toujours pour sa patrie, encore qu'il en soit chassé, toute l'affection convenable , et ([ue les autres bannis et fugitifs comme lui^, conservent toujours les mêmes sentiments pour elle. Nos prétendus réformés n'ont qu'à songer s'ils conservent ces sentiments que Calvin attribuait à leurs ancêtres, et s'ils ne machinent rien contre leur patrie et contre leur prince, contre un prince, pour ne point parler des qualités héroïques qui lui ont attiré l'admiration et ensuite la jalousie de toute l'Europe, que ses inclinations bienfaisantes rendent aimable à tous les Français, dont une fausse religion n'a pas encore entièrement corrompu le cœur. Calvin se plaint à la vérilé pour lui et pour les siens , qu'on émeut de tous côtés des troubles contre eux; mais pour eux, qu'ils n'en ont jamais ému aucuns"^. Mais il n'y a qu'à lire l'histoire de Bèze, pour voir s'il y eut jamais rien de plus inquiet, de plus tumultueux, de plus hardi , de plus prêt à forcer les prisons, à envahir les églises, à se rendre maître des villes^, en un mot, à prendre les armes et à donner des batailles contre ses rois, que ce peuple réformé. Calvin, qui faisait à François I^fces belles protestations, les a vues oubliées vingt ans après, et cette feinte douceur changée en [fureurs civiles. Il ne s'en est point ému; il ne s'est point plaint de se voir dédit de ce qu'il avait autrefois protesté aux rois au nom do tout le parti. Bien plus, il a approuvé ces guerres sanglantes", lui qui se vantait I que son parli n'était pas seulement soupçonné d'à- ' voir causé la moindre émotion. « Nous sommes, » dil-il , en parlant des émotions populaires, in- » justementaccusés de telles entreprises, desquelles » nous ne donnâmes jamais le moindre soupçon;
1. l'ra'f. ad linj. Gall. — 2. Init. Epist. ad Franc. I. — 3. Idnm, mih fin. — 4. Init. Episî. ad Prp.nc. I. — 5. Var., lir. X, n. 52. — G. Idem, n. 1^5.