Joaii., XVII. 1». — si. Idem
EST REFUTEE PAR EUX-MEMES
XVII. Qu'on n'adresse point à Jésus-Christ cette prière : Priez pour nous; M. Jurieu corrigé par M. DaiUé. — Mais, après avoir fait voir au ministre que nous étaljlissons parfaitement la médiation de Jésus-Christ, apprenons-lui à la mieux entendre qu'il ne fait, lui, qui en fait consister la reconnaissance à dire à Jésus-Christ : Priez pour nous. M. Daillé a eu raison de lui dire que ni les modernes ni les anciens n'ont jamais prié ainsi. Quand saint Etienne mourant invoqua Jésus-Christ pour ceux qui le lapidaient, il ne lui dit pas : 0 Seigneur, priez pour eux; mais 0 Seigneur, ne leur imputez pas leur péché', le regardant comme juge, comme celui qui opère par lui-même la purification du pévhé^. Il ne lui dit pas : Priez votre Père de recevoir mon esprit; mais il lui dit à luimême ; 0 Seigneur recevez mon esprit^. Je ne sache aucun orthodoxe qui ait osé dire, comme fait M. Jurieu, qu'il faut dire à Jésus-Christ, même comme homme : Priez pour nous; parce que l'homme, dans Jésus-Christ, étant élevé à être Dieu , ce qui lui a donné le moyen de nous acheter les grâces, et en particulier celle de la rémission des péchés, par un prix proportionné à leur valeur, il en est fait Seigneur, môme comme homme , mais comme homme élevé à être Dieu. C'est pourquoi on ne le prie pas de la demander, mais de la donner comme Seigneur; ce qui fait aussi que saint Etienne lui donne le nom de Seigneur, dans cette prière : 0 Seigneur, n'imputez pas ce péché ; et de même : 0 Seigneur, recevez mon esprit. Car c'est à vous de le recevoir, à la vérité, pour le présenter à votre Père; mais néanmoins comme Seigneur, à qui il appartient en propre , parce que vous l'avez acheté par votre sang.
XVIII. Différence infinie de l'ùiter cession de Jésus-Christ et de celle des saints. — l\Iais quand il serait permis de prier Jésus-Christ de prier, chose que la vraie piété a en horreur, toujours le ministre n'y gagnerait rien; parce qu'il y aura toujours une dilTérence infinie entre la prière du chef et celle des membres; entre la prière de celui où réside la plénitude et la source de la grâce, et celle de ceux qui n'en reçoivent qu'un écoulement imparfait; enfin entre la prière d'une personne sainte par la propre sainteté substantielle de Dieu et la prière de ceux qui ne le sont que par quelque participation de sa sainteté infinie; ce qui fait que la prière de l'un est agréable et reçue par sa propre dignité, et celle des autres, au contraire , en son nom , et par le mérite de la sienne; et c'est aussi ce qui met la difi'érence la plus essentielle qu'on puisse jamais établir de prière à prière, et même une différence qui va jusqu'à l'infini , parce qu'elle est fondée sur la perfection de la nature divine.
Toute cette doctrine est renfermée dans cette conclusion solennelle des prières ecclésiastiques , qui finissent toutes en ces termes : Per Dominum Nostrum Jesum Christum : Par Notre Seigneur Jésus-Christ , par où l'Eglise reconnaît que toutes ses prières tirent leur valeur et leur efficace de l'interposition du nom de Jésus-Christ, à quoi elle ajoute en même temps la confession de la divinité du môme Sauveur, en adressant ces paroles à Dieu le Père : Par Jésus-Christ votre Fils unique , qui