Aci , vil. 59. — 2. Heb., i. 3. — 3. Act., vu
étant Dieu , vit et règne aux siècles des siècles avec vous et le Saint-Esprit ; où l'Eglise met clairement la médiation de Jésus-Christ, en ce qu'il est un homme-Dieu , en qui s'unissent toutes choses ; c'est-à-dire, tout ensemble, les hautes et les basses , les célestes et les terrestres , sans que ni nous ni les plus grands saints puissent impétrer aucune grâce, ni pour eux, ni pour leurs frères, en un autre nom.
XIX. Médiation de Jésus-Christ très-bien expliquée par saint Grégoire de Nazianze , et les autres Pères qui ont prié les saints comme nous. — Au reste , si l'on a vu la médiation de Jésus-Christ si parfaitement expliquée par le ministre Daillé, il faut se souvenir qu'on a vu aussi qu'il n'y a rien là de nouveau pour nous, puisque tous nos docteurs l'expliquent de même sur le fondement des Ecritures et sur la doctrine de saint Paul. Ça été aussi la doctrine de tous les anciens Pères , et saint Grégoire de Nazianze l'a expliquée admirablement par ces paroles : « Le Verbe engendré de Dieu avant » tous les temps, et par là étant Fils de Dieu, est » devenu Fils de l'homme. Il est sorti sans impu- » reté et d'une manière miraculeuse du sein d'une » Vierge, homme parfait aussi bien que Dieu par- " fait, pour sauver en toutes ses parties l'homme » qui était blessé en elles toutes, et détruire la con- » damnation du péché'. »
C'est en cela que consiste sa médiation , et c'est aussi sur ce fondement que le même saint l'établit, en supposant premièrement qu'il ne faut point croire « que le Fils de Dieu se jette aux pieds de » son Père d'une manière servile. Loin de nous , » dit-il-, cette pensée basse et indigne de l'esprit » de Dieu. Il ne convient ni au Père d'exiger une )) telle chose, ni au Fils de la souffrir. » Il enseigne « qu'intercéder n'est autre chose au Fils de Dieu » que d'agir pour nous auprès de son Père en qua- » lité de médiateur de Dieu et des hommes , Jésus- » Christ homme; et, ajoute ce grand personnage, » comme homme, il intercède pour mon salut, 1) parce qu'il est toujours avec le corps qu'il a pris, » et qu'il me fait devenir un Dieu par la force de I) l'humanité qu'il s'est unie. »
Voilà une manière d'intercéder digne de Jésus- Christ. Un Dieu en se faisant homme, nous a fait des dieux par ressemblance : son humanité est le moyen par lequel la divinité nous est communiquée : son corps , qui a été notre victime , nous attire continuellement les grâces du ciel, et Jésus- Christ ne cesse d'intercéder, parce qu'il ne quitte jamais l'humanité qu'il a prise.
Celle sublime médiation , qui ne convient qu'à Jésus-Christ seul, n'a pas empêché que le même Père, en prenant la médiation en un autre sens infiniment inférieur à celui-là, n'ait dit que les saints martyrs sont les médiateurs de cette élévation qui nous divinise^; sans doute, parce qu'ils nous en montrent le chemin par leur exemple, et qu'ils nous aident à y arriver par leurs prières.
Qu'on ne nous objecte donc plus ces mots de saint Paul : Il y a un médiateur''. Sans disputer sur les mots, il n'y a pas plus un médiateur qu'il y a un Dieu; et je dis que, si nous pouvons par