‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 523 sur 545 · Voij.z V' Awn., ». Oï. — i. p · texte numérisé non relu

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l'ait convaincant. Mais pour ne point répéter que cet exemple prouve trop, puisqu'il prouve qu'on peut attenter sur la personne du prince, et encore sans qu'il y paraisse de persécution , il y a bien à rabattre de ce que le ministre avance; cl d'abord il en faut ôter ce qu'il y a de plus essentiel , c'est-àdire tout ce qu'il raconte du clergé et du jiatriarche Macédonius. Car voici ce qu'en dit Evagre' : « Sé- » vère écrit dans la lettre à Soteric que l'auteur et » le chef de cette sédition fut le patriarche Macédo- » nius et le clergé de Constantinople. » Telles sont les paroles de cet historien , le plus entier des anciens auteurs qui nous restent sur cette matière. Il ne dit pas que cela soit , mais que Sévère l'écrit ainsi dans la lettre à Soteric. Mais qui était ce Sévère? Le chef des eutychiens, qu'on appelle sévériens de son nom, c'est-à-dire le chef du parti qu'Anastase soutenait : par conséquent l'ennemi déclaré du patriarche Macédonius, du concile de Chalcédoine et des orthodoxes. Et à qui est-ce qu'il écrit? A Soteric, du même parti, à qui il ne faut point s'étonner qu'il fasse un récit qui ne pouvait que lui plaire, puisqu'il tendait à rendre odieuse la conduite de leur ennemi commun et celle de l'Eglise catholique dont ils s'étaient séparés. Aussi n'ajoutat-on aucune foi à un témoignage si suspect; et après l'avoir rapporté, Evagre ajoute ces mots : « Ce fut, à mon avis, par ces calomnies, outre les » raisons que nous avons rapportées, que Macédo- « nius fut chassé de son siège. » De cette sorte Sévère, auteur de ce récit, était un calomniateur qui voulait rendre le patriarche odieux à l'empereur, afin qu'il le chassât; et le ministre a fondé tout son discours sur une calomnie. Après cela que lui reste-t-il d'une histoire qu'il fait tant valoir, si ce n'est une émotion populaire, où l'Eglise n'a aucune part? Voilà l'exemple de l'ancienne Eglise que M. Basnage nous a promis; voilà comme il lit les livres d'où il emprunte ce qu'il nous oiipose.

VII. Examen du fait de Julien l'Apostat : témoignage des historiens du temps, et premièrement des pa'iens, et de l'arien Philostorge. — Il n'a pas mieux examiné le fait de Julien l'Apostat. « M. de » Meaux, dit-il, est trop crédule, s'il est persuadé » que le trait qui le perça, fut lancé de la main » d'un ange; les historiens ecclésiastiques, mieux » instruits de ce fait que lui, ne nient pas que ce » fût un chrétien irrité des desseins que cet empe- » reur avait formés contre la religion chrétienne, » qui le tua. » Quel raisonnement! Ce n'est pas un ange : s'ensuit- il que ce soit un chrétien? Les historiens ecclésiastiques ne le nient pas : donc cela est. Pour tirer cette conséquence, il faudrait auparavant nous faire voir que les historiens pa'iens l'ont assuré; et ce serait quelque chose alors, qu'un fait assuré par les historiens païens ne fût pas nié par les historiens ecclésiastiques. Mais nous allons voir qu'il est bien certain que ni les historiens païens, ni les historiens ecclésiastiques ne le rapportent pas, et même qu'ils rapportent le contraire. Ne voilà-t-il pas une belle preuve, et n'y a-t-il pas bien de quoi me reprocher ici ma crédulité , en supposant que je pourrais croire qu'un ange aurait fait ce coup ?

J'avouerai pourtant franchement que si j'en

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