‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 526 sur 545 · XXIII. La seconde raison tirée des édits de paci · texte numérisé non relu

XXIII. La seconde raison tirée des édits de paci

1. p. 019. —2. p. 517, 51S. —S.Var., liv. x, n.i2. —4. Idem. — 5. Crit. de t'Hisl. des Variât., n. xi, p. 33.

fcation n'est pas moins mauvaise. — La mémo raison détruit encore le vain prétexte tiré des édils. Car sans se tourmenter vainement l'esprit par la discussion des faits , dans une occasion où l'on s'accusait mutuellement d'avoir manqué à la foi donnée : la règle invariable de la vérité décide que les sujets doivent conserver les édits qu'on leur accorde , par les mômes voies dont ils onl dû se servir pour les mériter, c'est-à-dire par d'humbles supplications et de fidèles services. Ainsi de quelque contravention qu'on ait à se plaindre, celle règle de la vérité et de l'ordre public revient toujours : qu'on ne se doit pas faire justice à soimême : que les sujets n'ont point de force contre la puissance publique , et que le glaive n'est donné qu'aux souverains. Nos ancêtres les martyrs n'ont pas fait la guerre à Sévère et à Valérien, pour rappeler en usage les favorables édils d'Adrien et de Marc-Aurèle; ni à Julien l'Apostat, en faveur de ceux de Galère el de Maximin, de Constantin et de Constance. Le bel ordre dans un Etat, si toutes les plaintes de contravention aux libertés el aux droits de chaque corps , se tournaient en guerre civile! Mais quel prodige d'égarement de s'imaginer qu'en donnant des privilèges, le prince donne le droit d'armer contre lui , partage son autorité , et se dégrade lui-même : ou que les grâces qu'il accordera, en faveur d'une religion contraire à la sienne, soient plus inviolables el plus sacrées que les autres t Que si l'on nie que ces édits fussent des grâces, c'était donc de deux choses l'une, ou un elfel de la violence faite au souverain , ce qui est un attentat manifeste , ou un droit également acquis, el une justice due à toutes les sectes; ce qui est une prétention trop nouvelle, encore môme parmi les prolestants, pour faire une loi.

XXIV. Troisième raison tirée des lettres secrètes de Catherine de Médicis, à Louis prince de Condé. Première réponse à ces lettres : silence de M. Basnage. — Il n'y a donc plus aucune ressource pour la Réforme si souvent rebelle , que de dire qu'elle a armé par l'autorité publique, el d'en revenir à ces ordres secrets donnés par la reine au chef du parti. Mais d'abord il est manifeste que cette excuse n'est bonne, en tout cas , que pour les premières guerres commencées durant la régence de Catherine de Médicis. Car ce n'est qu'en cette occasion, qu'on peut alléguer de tels ordres, et il n'y en a pas même le moindre vestige dans les guerres qui ont suivi, depuis Charles I.X jusqu'à Louis XIII de triomphante mémoire. Quelle misérable défaite, qui , dans la vaste étendue qu'ont occupée ces guerres civiles, ne trouve à justifier qu'une seule année ; puisque la première guerre no dura pas davantage? Mais après tout, que peut-on conclure de ces lettres de la reine? J'y ai donné deux réponses', la première entièrement décisive : « Que » la reine , qui appelait en secret le prince de » Condé au secours du roi son fils , n'en avait pas » le pouvoir; puisqu'on est d'accord que la régence » lui avait été déférée , à condition de ne rien faire » de consôfiucncc que dans le conseil, avec la par- » licipation et de l'avis d'Antoine de Bourbon, roi » de Navarre, comme le premier prince du sang et » lieutenant général du roi dans toutes ses pro-

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