‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 528 sur 545 · Var., liv. .\, n, 30. V Averl., n · texte numérisé non relu

Var., liv. .\, n, 30. V Averl., n

frc aucune réplique , et si on trouve un petit mot par où l'on puisse embrouiller la matière, de s'y accrocher par une basse chicane. L'article de l'abbé est d'une nature à ne point soull'rir de repartie ; les circonstances du fait sont trop bien marquées : c'est un abbé huguenot, qui garde six ans son abbaye, sans en acquitter aucune charge, ni faire dire aucune partie de l'office; les revenus l'accommodaient , et c'est assez pour garder le bénéfice : ce qui l'excuse envers la Réforme, c'est qu'il a brûlé tous les titres, pour abolir la mémoire de l'intention des fondateurs, et toutes les marques de la papauté dans son abbaye. Car, au reste, un homme de main comme lui n'avait besoin que de la force pour se maintenir dans la possession : et un abbé de cette trempe , qui sait se porter fidèlement et prendre les armes pour l' Evangile, n'a que faire de titre. Voilà au moins le cas bien posé : la cause de la guerre bien expliquée : l'abbaye en trèsbonnes mains : on reçoit l'abbé à la Cène, et la guerre qu'il fait à son roi et à sa patrie lui en ouvre les entrées. Il n'y a ici qu'à se taire, comme fait M. Basnage.

XXIX. Chicane de M. Basnage sur le premier article rapporté du synode national de Lyon : il est démenti par M. Juricu. — Personne ne peut douter que l'article du même synode sur le ministre limousin, ne soit de même esprit et de même sens : mais parce qu'il y est parlé du déni que fait le ministre d'avoir consenti au port des armes , jaçoit qu'il y eût consenti et contribué , et la promesse qu'il fait de ne prêcher plus sans la permission du roi; U. Basnage s'attache à ces derniers points : « Il » suffit , dit-il ', de savoir lire pour voir que la cen- » sure tombe sur deux choses ; la première, que le » ministre avait proféré un mensonge public en » écrivant à la reine qu'il n'avait jamais consenti » au port des armes , quoiqu'il y eût consenti et » contribué : et la seconde, parce qu'il abandonnait » son ministère. Il ne s'agissait donc pas de la re- » pentance de ce ministre, et encore moins d'une » décision en faveur de la guerre. » Quoi, le ministre n'est pas loué de s'être bien porté d'ailleurs, et d'avoir contribué comme les autres au port des armes? Ce n'est pas là tout l'air du décret , et cet homme n'est pas continué dans le ministère, encore qu'il ait consenti et contribué à. la guerre, en sorte que tout le scandale qu'il a donné à l'Eglise, c'est d'avoir eu honte de sa révolte, et d'avoir promis sur ce fondement de ne prêcher plus? J'en appelle à la conscience des sages lecteurs. Car aussi pourquoi le synode aurait-il refusé à ce ministre la louange de consentir à la guerre , puisqu'on a bien loué l'abbé de l'avoir faite lui-même? Et quand nous voudrions nous attacher à ce que M. Basnage reconnaît pour la seule cause de la censure : si la guerre contre sa patrie et contre son roi était réputée dans le synode un fait honteux et reniable, comme on parle , serait-ce un si grand scandale de le désavouer? Si contribuer à la révolte, en y animant les peuples, eût été réputé un attentat contre son roi et sa patrie, quelle honte y aurait-il eu d'abandonner le ministère dont on aurait abusé? N'eùt-il pas fallu se souvenir de cette parole du Saint-Esprit : Dieu a dit au pécheur : Pourquoi

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