Gif., V. 17. —2. Jac, m. 2. — 3. Sess. vi, c
de ce concile , afin qu'ils se désabusent une fois des mauvaises impressions qu'on leur donne de notre doctrine. « Encore que nous voyions, disent les » Pères de ce concile', que les saintes Lettres esti- » ment tant les bonnes œuvres, que Jésus-Christ » nous promet lui-même qu'un verre d'eau froide 1) donné à un pauvre ne sera pas privé de sa ré- » compense; et que l'Apôtre témoigne qu'un mo- » ment de peine légère, soulferte en ce monde, » produira un poids éternel de gloire : toutefois à » Dieu ne plaise que le chrétien se fie et se glorifie » en lui-même, et non en Notre Seigneur, dont la » bonté est si grande envers tous les hommes, qu'il » veut que les dons qu'il leur fait soient leurs mé- » rites. »
Celte doctrine est répandue dans tout ce concile , qui enseigne dans une autre session^, que nous, » qui ne pouvons rien de nous-mêmes, pouvons » tout avec celui qui nous fortifie, en telle sorte » que l'homme n'a rien dont il se puisse glorifier, » ou pourquoi il se puisse confier en lui-même; « mais que toute sa confiance et toute sa gloire est » en Jésus-Christ, en qui nous vivons, en qui nous «méritons, en qui nous satisfaisons, faisant de » dignes fruits de pénitence, qui tirent leur force » de lui, par lui sont offerts au Père, et en lui sont » acceptés par le Père. » C'est pourquoi nous demandons tout, nous espérons tout, nous rendons grâces de tout par Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous confessons hautement que nous ne sommes agréables à Dieu qu'en lui et par lui; et nous ne comprenons pas qu'on puisse nous attribuer une autre pensée. Nous mettons tellement en lui seul toute l'espérance de notre salut, que nous disons tous les jours à Dieu ces paroles dans le sacrifice : « Daignez, ô Dieu , accorder à nous pécheurs , vos » serviteurs , qui espérons en la multitude de vos » miséricordes , quelque part et société avec vos
» bienheureux apôtres et martyrs, au nombre
» desquels nous vous prions de vouloir nous rece- » voir, ne regardant pas au mérite, mais nous par- » donnant par grâce au nom de Jésus-Christ Notre » Seigneur. »
L'Eglise ne persuadera-t-elle jamais à ses enfants qui sont devenus ses adversaires, ni par l'explication de sa foi , ni par les décisions de ses conciles, ni par les prières de son sacrifice, qu'elle croit n'avoir do vie, et qu'elle n'a d'espérance qu'en Jésus- Christ seul? Celte espérance est si forte, qu'elle fait sentir aux enfants de Dieu, qui marchent fidèlement dans ses voies, une paix qui surpasse toute intelligence, selon ce que dit l'Apotre^. Mais encore que cette espérance soit plus forte que les promesses et les menaces du monde , et qu'elle suffise pour calmer le trouble de nos consciences; elle n'y éteint pas tout à fait la crainte, parce que si nous sommes assurés que Dieu ne nous abandonne 'jamais de lui-même, nous ne sommes jamais certains que nous ne le perdrons pas par notre faute, en rejetant ses inspirations. Il lui a plu de tempérer, parcelle crainte salutaire, la confiance qu'il inspire à ses enfants; parce que, comme dit saint Augustin « telle est notre infirmité dans ce lieu de » tentations et de périls, qu'une pleine sécurité » produirait en nous le relâchement et l'orgueil; »
1. Sess. VI, c. 16. — 2. Sess. xiv, c. S. — 3. Philip., iv. 7.
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EXPOSITION l)K LA l)i iCTI! IN K
au lieu que celte crainte, qui, selon le précepte de l'apôtre', nous fait oin'rer notre salut acec tremblvmcnl , nous rend vigilants, et l'ait que nous nous attaciions, avec une humble dépendance, à celui fiui opère en nous, par sa grâce , le vouloir et le faire suira)U soti bon plaisir, comme dit le môme saint Paul -.
\'oilà ce qu'il y a de plus nécessaire dans la doctrine de la justilicalion; et nos adversaires seraient fort déraisoiinalik's, s'ils ne confessaient que cette (loclrine sullit jiOLir apprendre aux chrétiens qu'ils doivent rapporter à Uieu par Jésus-Christ toute la gloire de leur salut.
Si les ministres après cela se jettent sur des questions de subtilité, il est bon de les avertir qu'il n'est plus temps désormais qu'ils se rendent si diflîciles envers nous, après les choses qu'ils ont accordées aux luthériens et à leurs propres frères, sur le sujet de la prédestination et de la grâce. Cela doit leur avoir appris à se réduire, dans cette matière, à ce qui est absolument nécessaire pour établir les fondements de la piété chrétienne.
Que s'ils peuvent une fois se résoudre à se renfermer dans ces limites, ils seront bientôt satisfaits; -et ils cesseront de nous objecter que nous anéantissons la grâce de Dieu, en attribuant tout à nos bonnes œuvres; puisque nous leur avons montré en termes si clairs, dans le concile de Trente, ces trois points si décisifs en cette matière : « Que nos pé- » chés nous sont pardonnes par une pure miséri- » corde, à cause de Jésus-Christ; (jne nous devons » à une libéralité gratuite la justice qui est en nous » par le Saint-Esprit; et que toutes les bonnes » œuvres que nous faisons sont autant de dons de » la grâce. »
Ainsi faut-il avouer que les doctes de leur parti ne contestent plus tant sur cette matière qu'ils faisaient au commencement; et il y en a peu qui ne nous confessent qu'il ne fallait pas se séparer pour ce point. Mais si cette importante dinicultô delà justiùcation, de laquelle leurs premiers auteurs ont fait leur fort, n'est plus maintenant considérée comme capitale par les jjcrsonncs les mieux sensées qu'ils aient entre eux; on leur laisse à penser ce qu'il faut juger de leur séparation , et ce qu'il faudrait espérer i)our la paix, s'ils se mettaient audessus de la préoccupation, et s'ils quittaient l'esprit de dispute.
Il faut encore expliquer de quelle sorte nous croyons pouvoir satisfaire à Dieu par sa grâce , afin de ne laisser aucun doute sur cette matière.
VIII. Les Satisfactions , le Purgatoire, et les Indulgences. — Les catholiques enseignent, d'un commun accord, que le seul Jésus-Christ , Dieu et homme tout ensemble, était capable, par la dignité inlinie de sa personne , d'olTrir à Dieu une satisfaction sulTisante pour nos péchés. Mais ayant satisfait surabondanunent, il a pu nous appliquer cette satisfaction inlinie en deux manières : ou bien en nous donnant une entière abolition, sans réserver aucune peine, ou bien en commuant une plus grande peine en une moindre , c'est-à-dire , la peine éternelle en des peines temporelles. Comme cette première façon est la plus entière et la plus conforme à sa bonté, il en use d'abord dans le Bap-