‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 532 sur 545 · Crit.iP. 37. — 2. Thuan., 23, p. 038. — 3. -Idem · texte numérisé non relu

Crit.iP. 37. — 2. Thuan., 23, p. 038. — 3. -Idem

CONTRE LA RÉPONSE DE M. RASNAGE

que d'inlelliKence. Voilà comme M. de Thou a censuré Du Tillet , et voilcà comme M. Burnel lit ses auteurs.

Il n'a point trouvé d'autre remède à ce passage de M. de Thou que de le corrompre. Au lieu que M. de Thou dit précisément « que le livre de Du » Tillet fut rappelé en usage par le chancelier de » l'Hospital : Is liber in usiim revocalus fuit à Mi- » chaële Hospitalio , » il lui fait dire que c'est l'ordonnance de Charles Y qui fut rappelée en usage par ce savant chancelier : au lieu que M. de Thou continue à dire que ce livre mérita tant d'autorité, qu'il fut mis au rang des ordonnances , M. Burnet lui fait dire que l'ordonnance de Charles V (dont il n'est fait nulle mention en cet endroit de M. de Thou) fut insérée entre les édits royaux : comme si une ordonnance reçue tant de fois par les Etats généraux, et si constamment pratiquée, eût eu besoin de recevoir une nouvelle autorité du chancelier de l'Hospital , ou que ce fût une chose bien rare de mettre un édit royal si authentique parmi les édits royaux. Ce qu'il y avait de rare et de remarquable, c'est de donner cette autorité au livre d'un particulier; et c'est ce qui arriva, dit M. de Thou, à celui de Du Tillet : tant on le jugea rempli des sentiments et de la doctrine de toute la France.

Que M. Burnel cesse donc de parler de nos alTaires , puisque, toutes les fois qu'il y met la main, il augmente sa confusion; et qu'il cesse d'attribuer à M. de Thou ses erreurs et ses ignorances, en falsifiant comme il fait un si grand auteur. Il triomphe cependant , et comme s'il avait fermé la bouche à tous les Français, il insulte au gouvernement de France '. Je ne daignerai lui répondre : ce n'est pas à un homme de cette trempe de censurer le gouvernement de la plus noble et de la plus ancienne de toutes les monarchies : et en tout cas , s'il nous veut donner pour modèle celui d'Angleterre , il devrait attendre qu'il eut pris une forme arrêtée , et qu'on y fut du moins convenu d'une règle stable et fixe pour la succession , qui est le fondement des Etats.

XXXIX. On marque à M. Buniet, qui se rétracte sur la régence du roi de Navarre , jusqti' où il devait pousser ses rétractations. — Je louerai la rétractation que fait cet auteur de l'erreur où il est tombé sur la régence prétendue du roi de Navarre-; mais on ne doit pas se faire honneur de si peu de chose, pendant qu'on persiste à soutenir des erreurs bien plus essentielles. Si M. Burnet avait à se repentir, c'était d'avoir donné son approbation aux révoltes des protestants : c'était d'avoir autorisé la plus noire des conjurations, c'est-à-dire celle d'Amboise; et pour passer à d'autres matières , c'était d'avoir mis au rang des plus grands saints , un Granmer qui n'a jamais refusé sa main, sa bouche, son consentement, aux iniquités et aux violences d'un roi injuste; qui lui a sacrifié durant treize ans sa religion et sa conscience; qui en mourant a renié deux fois sa croyance, et dont on ose encore comparer la perpétuelle et infâme corruption à la faiblesse de saint Pierre, qui n'a duré qu'un moment, et qui fut si tôt expiée pçir des larmes intarissables.

XL. La Réforme a introduit dans l'Ecosse des assassinats et des rébellions que M. Burnel colore aussi

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