‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 7 sur 545 · MEMOIRE · texte numérisé non relu

MEMOIRE

([u'on ne doit pas répulcr être ou vivre , un t'iat aussi mallu'ureux (jue le leur, cl aussi 61oign6 de la véritable vie, qui est Dieu.

Par ce moyen, ou par d'autres tiu'on y pourrait joindre , il serait aisé de répondre aux i)aroles de saint Justin qui font la dilliculté. M. Dupin n'a pas voulu considérer ces passages cjui l'ont voir, jikis clair que le jour, que l'éternité que ce saint attribue aux peines, marque quelque chose de plus qu'un long temps. Mais il en avait assez vu pour mieux dire qu'il n'a dit , s'il n'avait été prévenu en l'avcur de la solution socinienne; car il a lui-même produit un passage où saint Justin dit « que les 1) peines des méchants ne dureront pas seulement » raille ans, comme celles dont parle Platon, mais » qu'elles seront éternelles'. » Ainsi le mot éternel est visiblement opposé, non à un long temps, car le temps de mille ans que saint Justin exclut, est assez long; mais, comme parle notre auteur''', il est opposé aux peines qui duicent finir un jour.

S'il faut donner des explications à des passages qui semblent contraires, il vaut bien mieux que ce soit en faveur de la foi qu'en faveur de l'hérésie socinienne; d'autant plus que les passages qui concluent à l'éternité des peines, sont constamment plus précis et plus nombreux que les autres. Mais la théologie de notre auteur est si faible, qu'il méprise , dans sa Réponse aux Remarques, la solution dont il avait lui-même posé les principes dans sa Bibliothèque, et il va de mal en pis.

Sur la vénération des Saints et de leiu-s reliques.

Je ne sais quel plaisir a pris M. Dupin à dire', « que dans le sixième siècle, on n'entendait parler » que de miracles, de visions et d'apparitions; ([u'on » poussait la vénération qu'on doit aux saints et à B leurs reliques, au delà des justes liornes, et qu'on » faisait un capital de cérémonies fort indilTérentes. » A quoi bon cette téméraire censure, qui ne tend ((u'à faire croire aux hérétiques qu'ils sont bien autorisés à se moquer des catholiques et de l'Eglise de ce temps-là, et à dire, comme ils font, que la corruption a commencé de bonne heure; au lieu qu'il est aisé de démontrer, qu'on ne trouve rien au sixième siècle sur les visions , sur les miracles, sur les saints et sur les reliques, qui ne paraisse avec la môme force dans le quatrième et dans le cinquième.

Sui" l'adoration de la Croix.

Il assure formellement dans sa Réponse'', qu'elle était rejetée aux trois premiers siècles, et il donne gain de cause aux protestants contre les Du Perron et les Bellarmin.

Siu- la Grâce.

NoiFS avons déjà vu un passage de notre auteur, cjui dit que « saint Cyprien est le premier qui ait » parlé bien clairement du j^éché originel et de la « nécessité de la grâce de Jésus-Christ'^. »

Pourquoi rendre obscure la tradition de la néces-

1. Apol. n, p. .57. — 2. Bibl., tom. i, p. 167.— .3. Dana son Aven, du tom. v. — 4. Pag. 126, 127. — 5. Tom. i, p. 475.

site do la grâce, aussi bien que colle du péché originel; puis(iu'il est aisé de montrer, dans les autres Pères, plusieurs passages aussi exprès que ceux de saint Gyprien sur cette uuitiôre? M. Dupin doit avouer de bonne foi que ces sortes de décisions, (jui semblent faites pour marquer beaucoup de connaissances de l'antiquité, étaient fort peu nécessaires, comme elles sont d'ailleurs fort précipitées.

Sur la foi de ce seul passage de M. Dupin, on pourrait croire, sans lui faire tort, qu'il n'est pas fort favorable à la doctrine de la grâce. Mais ce qu'il dit sur Fauste de Riez', fait encore mieux voir son sentiment, puisqu'il excuse la doctrine dq cet évéque, manifestement semi-pélagien, s'il en fût jamais, sans se mettre en peine (ju'il ait été condamné par les papes saint Gélase et saint Ilormisdas. Ce que dit M. Dupin sur saint Augustin , dans le même endroit, est encore plus considérable; car il le fait passer pour un homme « qui a débité des «sentiments si peu communs avant son temps, n qu'il avoue lui-môme qu'il ne les avait pas bien » connus avant que d'ôlre tout à fait engagé dans » la dispute-. » Or ces sentiments que saint Augustin avoue qu'il n'avait pas encore bien connus, c'était, comme il le dit lui-même, que tout le bien qui était en nous venait de la grâce, depuis le premier commencement jusqu'à la lin, ce qui l'avait fait tomber insensiblement dans les erreurs des seniipélagiens. Ainsi, selon M. Dupin, l'ancien sentiment que saint Augustin avait suivi avec tous les autres Pères, était le semi-pélagianisme. C'est pourquoi il ne faut pas s'étonner que notre auteur mette une sorte d'égalité entre saint Prosper et ceux contre qui il dispute, c'est-à-dire les Marseillais et les autres semi-pélagiens. C'est ce qui lui fait aussi passer si doucement les opinions, comme il les appelle^, et à vrai dire, les erreurs de Cassien, dont il ne dit antre chose, sinon que ses sentiments étaient contraires , ou semblaient l'être aux sentiments de saint Augustin; sans dire, comme il devait, qu'ils étaient contraires à la foi catholique. Aussi parle-t-il partout très-faiblement de la grâce; et il croit avoir satisfait à tout ce qu'il lui doit, lorsqu'il en reconnaît la nécessité pour être sauvé''. Mais il sait bien que les semi-pélagiens ne niaient pas cette nécessité, et que, pour sortir de l'hérésie semi-pélagienne, il ne suflit pas de dire que la grâce est nécessaire : qu'il faut dire de plus à quoi elle est nécessaire, et spécifier qu'elle l'est pour le commencement comme pour la consommation de la piété. M. Dupin a alTecté de ne le pas dire , comme nous le verrons en parlant de ce qu'il a dit de saint Augustin. On sait d'où vient cette tradition de nos docteurs modernes, et de qui ils ont appris à préférer les semi-pélagiens à saint Augustin, et leur doctrine à la sienne.

Sur le Pape et les Evêques.

Dans VÀhrégé de la Discipline^, notre auteur n'attribue autre chose au Pape, sinon que l'Eglise romaine, fondée par les apôtres saint Pierre et saint l'aul soit considérée comme la première, elsonévô-

1. Part. lidu tom. m, p. 681 e( suiv. —2. Idem.p. 592,593. — 3. Tom. in, part. II, p. 45, 56,57. — 4. Idem, p. 592, Rép. aux I{,m., p. 145. —5. Tnm. [,;;. 620.

SUR LA BIBLIUTllÈQUE ECCLESIASTIQUE DE M. DUPIN.

que comme le premier entre tous les évèques, sans attribuer au Pape aucune juridiction sur eux, ni dire le moindre mot de l'institution divine de sa primauté; au contraire, il met cet article au rang de la discipline, qu'il dit lui-même être variable. Il ne parle pas mieux des évèques , il se contente de dire que l'ecéque est au-dessus des prêtres', sans dire qu'il y est de droit divin. Ces grands critiques sont peu favorables aux supériorités ecclésiastiques, et n'aiment guère plus celles des évèques que celle du Pape.

L'auteur tâche d'ôter toutes les marques de l'autorité du Pape dans les passages où elle parait^, comme dans deux lettres célèbres de saint Cyprien, l'une au pape saint Etienne , sur Marcien d'Arles, l'autre aux Espagnols, sur Basile et Martial, évèques déposés. Si nous en croyons M. Dupin, saint Cyprien ne demandait au Pape, contre un èvèque schismatique, « que de faire la même chose que 1) saint Cyprien pouvait faire lui-même; » comme si leur autorité eût été égale.

La manière dont il se défend de l'objection que ses censeurs lui ont faite sur ce sujet, tend encore plus à établir cette égalité. Car après avoir dit « que a tout évêque pouvait se séparer de la communion » d'un autre évèque qu'il croyait dans l'erreur, et » indigne de sa communion et de celle de l'E- » glise^, il ajoute « qu'Etienne et saint Cyprien » pouvaient bien déclarer Marcien excommunié, et » se séparer d'avec lui ; mais que ce n'était pas à » eux à le déposer, etc. » C'est clairement égaler le pouvoir de saint Cyprien à celui du Pape. Car d'abord le droit d'excommunier quelque évêque que ce soit leur est commun : quant au droit de déposer les évèques, il est bien certain que le Pape ne le faisait pas par lui-même; mais il pouvait exciter la diligence des évèques, qui étaient les juges naturels, avec une autorité et une supériorité que nul autre évèque n'avait. Cependant l'auteur met une entière égalité entre saint Etienne et saint Cyprien, cl il ne reste au Pape qu'une préséance.

La réponse que fait notre auteur sur sa lettre au clergé et au peuple d'Espagne, n'établit pas moins la parfaite égalité de tous les évèques; puisqu'il dit « que si le pape saint Etienne avait donné son » suffrage en faveur de Basilide qu'on avait déposé, " ou qu'il eût rendu une sentence pour lui, les évè- » ques d'Espagne faisaient bien de se précautionner 1) et de se munir contre ce qu'il avait fait en con- « sullant les évèques d'Afrique, pour opposer leur " autorité à celle de l'évêque de Rome-*. »

Une des plus belles prérogatives de la chaire de saint Pierre, est d'être la chaire de saint Pierre, la chaire principale où tous les hdcles doivent garder l'unité, et comme l'appelle saint Cyprien, la source de l'unité sacerdotale. C'est une des marques de l'Eglise catholique divinement expliquée par saint Optât ; et personne n'ignore le beau passage où il en montre la perpétuité dans la succession des papes. Mais si nous en croyons M. Dupin, il n'y a rien là pour le Pape plus que pour les autres évèques; puisqu'il prétend que la chaire principale', dont il est parlé, n'est pas en particulier la

1 . Ahr. de l" Discipl., lom. i, p. 619. — 2. Bibl. , toni. i, p. 418, 438, -183. — 3. Rii>. aux Rem. p. 189. — 4. Idem, p. 187. — j. Tom. II, p. 331.

chaire romaine que saint Optât nomme expressément, mais la succession des évèques; comme si celle des papes, singulièrement rapportée par saint Optât et les autres Pères, comme elle l'avait été par saint Irénée, n'avait rien de particulier pour établir l'unité de l'Eglise catholique. Il ùte même de la traduction du passage de saint Optât , ce qui marque expressément que cette chaire unique, dont il parle, est attribuée en particulier à saint Pierre et à ses successeurs , même par opposition aux autres apôtres. Cette objection lui est faite par les Pères de Saint- Vannes' : il garde le silence là-dessus; et quelques avis qu'on lui donne, l'on voit bien qu'il est résolu de ne pas donner plus au Pape qu'il n'avait fait. C'est le génie de nos critiques modernes, de trouver grossiers ceux qui reconnaissent dans la papauté, une autorité supérieure établie de droit divin. Lorsqu'on la reconnaît avec toute l'antiquité, c'est qu'on veut flatter Rome et se la rendre favorable, comme notre auteur le reproche à son censeur 2. Jlais s'il ne faut pas flatter Rome , il ne faut non plus lui rendre odieuse, aussi bien qu'aux autres catholiques, l'ancienne doctrine de France, en ôlant au Pape ce qui lui appartient légitimement, et en outrant tout contre lui.

Sur le Carême.

Il affaiblit la tradition du jeune de quarante jours, que les docteurs catholiques ont soutenue comme apostolique , par tant de beaux témoignages des anciens Pères; et il trouve plus probable l'observation de M. Rigaull^, qui prétend qu'on a donné ce nom de carême ou de quarantaine au jeune solennel des chrétiens, non à cause qu'on jeûnait quarante jours, comme tous les catholiques l'ont cru, mais à cause du jeûne de quarante jours de Jésus-Christ. Ainsi on appellera carême le jeune des quatre-temps et celui des vigiles, avec autant de raison que celui du carême; puisque c'est toujours une imitation du jeûne de Jésus-Christ. Au reste, il n'y a rien de moins fondé sur le langage des Pères , que cette observation de M. Rigault , le moins théologien de tous les hommes : mais c'était un critique, et un critique licencieux dans ses sentiments, pour ne rien dire de plus; c'est un titre pour être préféré.

Sur le Divorce.

Notre auteur parle fort mal de l'indissolubilité du mariage, même pour cause d'adultère. Car d'abord il abuse d'un passage de saint Justin, pour prouver que la retraite d'une femme chrétienne d'avec son mari , supposait la liberté de se remarier* ; de quoi saint Justin ne dit pas un mot. La femme n'était pas même dans le cas ; puisque la cause de la retraite n'était pas l'adultère du mari , qui est le cas dont il s'agit, mais l'abus qu'il faisait du mariage; de sorte que cet exemple que M. Dupin pose comme un fondement, ne fait rien à la question. Pour parler équitablcment 'de cette matière, il fallait dire que l'esprit de l'Eglise a toujours

1. Rem., p. 264. — 2. Rép. mi.i> Rem., p. 188. — 3. Idem, p. 82. — 4. .A.br. de la Discip., p. 618. Rêp. aux Rem., p. 71. Apol. I. Just., au comm.

MEMO 1 111';

élé de pcnnellro la soparaliou pour cause il'ailullère, nuiis non pas do se reiuarior. Saint Clèmcnl d'Alexandrie en est un bon témoin, quand il dit', que « l'Ecriture ne perniol pas aux mariés de se » séparer, et qu'il établit celle loi : Vous ne quUte- » rez point votre femme , si ce n'est pour adultère ; » mais qu'elle croit ([ue c'est adultère à ceux qui » sont séparés , de se remarier tant que l'un des » deux est en vie. » Ce seul passage sullirait pour faire voir à M. Dupin , que , contre sa pensée, on distinguait dès ce temps-là la liberté de se séparer, d'avec celle d'épouser une autre femme.

Sur le célibat des Clercs.

Il faut aussi apporter un correctif à ce que dit notre auteur sur le mariage des prêtres et des diacres*. Il est fAcheux qu'en tout et partout, on le trouve si peu favorable aux règles et aux pratiques de l'Eglise.

Sur les Pères et la Tradition : et premièrement sm- saint Justin et saint Irénée.

C'est l'esprit de la nouvelle critique, de parler peu respectueusement des Pères, et d'avoir beaucoup de pente à les critiquer. Cet esprit est répandu dans la Nouvelle Bibliothèque. On a vu ce qu'elle dit sur saint Justin et saint Irénée, et la doctrine impie qu'elle impute, sans raison , à ces deux auteurs. Voici en particulier, sous le nom de Photius , une critique assez rigoureuse de leurs écrits. Photius accuse saint Justin de n'avoir point l'agrément d'un discours éloquent' : M. Dupin ajoute du sien, « que ce caractère » parait dans tous ses ouvrages, qui sont extrô- » raement pleins de citations et de passages, tant » de l'Ecrilure que des auteurs profanes , sans » beaucoup d'ordre et sans aucun ornement''. » On pourrait dire à notre crilique , qu'il y a dans le Dialogue avec Tryphon, par exemple , plus d'ordre et plus de méthode qu'il ne pense , et plus d'agrément qu'il ne parait y en avoir senti s'il compte pour agrément une belle et noble simplicité. Que saint Justin y cite beaucoup de passages de l'Ecriture, ce n'est pas là un défaut dans un ouvrage dont ces passages devaient faire le fond; et l'ornement naturel qui convient à un tel traité, consiste presque tout dans la netteté, qui ne manque point dans cet ouvrage. Cela, dans le fond, est peu de chose; et je ne le dis que pour avertira. Dupin, (pi'il pouvait se dispenser d'interposer sur les auteurs son jugement, que persoime ne lui demandait. Mais ce qu'il dit do saint Irénée, sous le nom du même Photius, n'est pas supporlablc. Voici ses paroles'' : « Le savant Photius a raison de reprendre » en lui un défaut qui lui est commun avec beau- » coup d'autres anciens; c'est qu'il affaiblit et qu'il «obscurcit, pour ainsi dire, les plus cerlaines » vérités de la religion par des raisons peu so- » lides. » Il devait avoir remarqué que Photius ne dit point cela des ouvrages qui nous sont restés de saint Irénée, c'est-à-dire, de ses cinq livres des //c'-

1. Strom., lib. ii , ■p- 42-1. —2. Abr. a,: la Discip., t. i, p. 621. — .'). Phol., Bihl. cod.~c\-».\. — -1. Tom. i, ». 160. — 5. To»i. i,p. 199.

rL'sies , qui en efl'et sont trop forts et prouvent trop bien poilr mérilcr la critique de Photius; et ce qui fait voir clairement que ce n'est pas sur ces livres que Photius exerce sa crilique, c'est qu'après en avoir fait un très-court sommaire, il ajoute' : « Il » court plusieurs autres écrits de toutes les sortes, » et des lettres du môme saint Irénée; encore que )) la vérité exacte des dogmes ecclésiastiques y soit » corrompue, » ou pour mieux traduire, falsifire par des arguments bâtards, c'est-à-dire faux, mauvais et étrangers à la doctrine chrétienne. On voit donc premièrement , que Photius ne parle en aucune sorte des écrits (]ui nous restent de saint Irénée, qui sont les cinq livres des Hérésies; mais de quelques autres ouvrages de ce Père; secondement, qu'il ne dit point que ces écrits et ces lettres soient de lui, mais qu'ils courent sous son nom; aussi, en troisième lieu , ne se contente-t-il pas de dire , comme l'a traduit M. Dupin, « qu'il affaiblit et qu'il » obscurcit, en quelque sorte, les plus certaines » vérités do la religion, par des raisons peu so- » lides; » (car c'est la traduction de M. Dupin prise en partie sur le latin, et sans avoir lu le grec;) mais Photius dit que dans ces écrits , autres que ceux que nous avons de saint Irénée, l'exacte vérité des dogmes est falsifiée y.£S-iikiue-:ai par des arguments étrangers à la doctrine chrétienne; ce qui est une faute, que ni Photius ni aucun autre auteur n'ont imputée à saint Irénée.

Il est donc plus clair que le jour, que la censure de Photius ne tombe pas sur les cinq livres des lié- ■ résies : elle ne tombe pas non plus sur une lettre et deux ou trois pages que nous avons de fragments de saint Irénée, où constamment il n'y a rien que de très-beau. Ainsi elle tombe visiblement sur des

I écrits attribués à saint Irénée, que M. Dupin n'a pas vus, puisqu'on n'en a plus rien du tout; et tou-

, tel'ois noire auteur, non-seulement fait tomber cette crilique sur les écrits que nous avons, mais encore

, il ne craint point d'ajouter que Photius a raison; cl

I afin que saint Irénée ne soit pas le seul qu'il crilique, il ajoute : que « ce défaut, d'alfaiblir les vé- » rites de la religion, lui est commun avec beaucoup » d'autres Pères; » afin qu'un lecleur ignorant enferme ce qu'il lui plaira dans cette censure générale. Voilà comment ces grands savants et ces grands critiques lisent les livres et décident des saints Pères.

Saint Léon et saint Fulgence.

Qui est-ce qui demandait à M. Dupin son sentiment sur saint Léon, dont il dit à la vérité, « qu'il » est exact sur les points de doctrine, cl habile sur » la disci|}line; mais qu'il n'est pas fort fertile sur » les points de morale ; qu'il les traite assez sèche- « ment et d'une manière qui divertit plutôt qu'elle ne touche ■-■? » Qu'avait atfaire son lecleur qu'on lui déprimât la morale de saint Léon , sans raison , sans nécessité, sans lui dire du moins un mol du caractère de piété envers Jésus-t;hrist qui reluit dans tous ses ouvrages? Mais pourquoi dire de saint Fulgence, l'un des plus solides el des plus graves théologiens que nous ayons, « qu'il aimait lesques- » tiens épineuses et scolasliques'? » comme s'il s'y

1. Phot., cod. cxx. — 2. Tom. m, part. II, p. 3SS. — 3. Tom. IV, p. 74.

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