‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 77 sur 545 · Pag · texte numérisé non relu

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ques, qui veulent « qu'on rende aux esprits bicn- » heureux et au pain sacré, ce souverain culle » qu'on appelle de religion , et qui soit de même » espèce, s'il n'est pas de même degré, que celui » qu'on rend à Dieu seul, Père, Fils, et Sainl-Es- » ])rit'. »

Etrange manière de proposer l'élat de la question, qui embrouille tout dès le i)remier mot : car il ne fallait pas mêler ensemble, ni faire aller d'un même pas deux choses aussi dill'érentes que l'honneur que nous rendons à l'Eucharislie , et celui que nous rendons aux saints. Nous rendons à l'Eucharistie, que nous croyons être Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble , le souverain honneur de religion , qui esl non-seulemenl de même espèce, mais encore de même degré , que celui que nous rendons à Dieu. Pour les saints, que nous regardons comme de pures créatures, il est faux que nous leur rendions, comme dit Daillé , le culte suprême de religion ; et il esl vrai au contraire, quoi que nous puisse dire ce ministre , que l'honneur que nous leur rendons, n'est pas seulement d'un degré plus bas , mais d'une aulre espèce que celui que nous rendons à Dieu. Ainsi M. Daillé renverse lui-même son propre ouvrage , et toutes les accusations qu'il fait contre nous sur le sujet de l'honneur des saints, lorsqu'il fait rouler tout son livre sur cette fausse présupposition, que nous leur rendons un culte suprême de religion, qui ne dill'ère que du plus au moins de celui que nous rendons à Dieu, et qui soit de même espèce. Il faudrait, pour être tombé dans une erreur si grossière, que nous crussions que les saints ne sont ni d'un autre rang ni d'une autre espèce que celui qui les a faits, et ne dilïèrenl de lui que du plus au moins. Mais tant qu'on n'oublie pas la création, dont on reconnaît du moins que nous sommes très-bien instruits , on a des idées si essentiellement difl'érentes du premier élre et de ses ouvrages , qu'il ne peut tomber dans l'esprit, de les honorer par un même genre de culte.

En eflet, si M. Daillé avait tant soit peu considéré les caractères essentiels par lesquels nous distinguons l'honneur divin d'avec celui qu'on rend aux saints , il verrait qu'on ne peut jamais en marquer plus exactement ni plus à fond la dilTérence. Nous honorons Dieu purement pour l'amour de lui; et nous savons que la créature n'ayant rien d'aimable ni de vénérable qui ne lui vienne de Dieu, c'est aussi pour l'amour de Dieu qu'elle doit être aimée et honorée. Il y a donc un genre d'honneur qu'on ne peut rendre à Dieu sans crime, comme il y a aussi un genre d'honneur qu'on ne peut rendre sans crime à la créature. Car autant qu'il répugne à la créature de recevoir des honneurs qui se terminent à elle-même, autant il répugne à Dieu d'en recevoir qui se rapportent à un aulre. Que les ministres jugent maintenant si ces deux sortes d'honneur, qui ont des dilférences si essentielles, ne dill'èrent (|ue du plus au moins, et sont au fond de même nature et de mémo espèce.

Vil. E.tamen des actes inli'r leurs et extérieurs, par lesquels on rend hominaqe à Dieu. Injustice des prétendus réforme's dans les reproches qu'ils font aux calholiques. — Mais pour entrer plus avant

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