‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 79 sur 545 · P,ig. 55. — 2. Pag · texte numérisé non relu

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DU CULTE DU A DIEU

quelque saint ou un temple dédié à Dieu, ou une fête consacrée à sa gloire, ne fut jamais parmi les chrétiens une marque d'honneur diviii , mais une manière innocente de célébrer la lionlc de Dieu dans les grAccs qu'il a faites i\ ses serviteurs. Il ne faut donc plus dorénavant (|ue l'anonyme et ceux de sa religion nous rcprochcnl, comme ils font sans cesse, l'église de Saint-Eusiache ou de Notre-Dame plus belle et plus magnilique que celle de Sainl- Sauveur ou du Saint-Espril. Il ne faut plus qu'ils nous objectent les solennités des martyrs et des autres saints : on sait, dans l'une et dans l'autre religion , que tous les temples et toutes les fêtes sont également dédiés à Dieu; et on se permet, dans l'une et dans l'autre, de les distinguer par ce qu'elles ont de particulier. Il faut donc encore ici avoir recours à l'intention de ceux qui pratiquent ces cérémonies : si l'intention des protestants d'Angleterre et des autres qui se sont dits réformés, est connue par leur profession de foi , de manière que l'anonyme et ceux de sa communion ne songent pas seulement à les accuser pour cela d'idolâtrie; notre foi n'est pas moins pulilique, et on sait que notre intention ne peut jamais être de rendre des honneurs divins à ceux que nous mettons expressément au rang des êtres tirés du néant.

Qui ne s'étonnera maintenant des vaines difficultés que l'anonyme me fait sur le culte extérieur'? I! trouve étrange « que le culte étant établi pour » témoigner les sentiments intérieurs, j'aie voulu » l'obliger à juger de l'extérieur par l'intérieur, » c'est-à-dire par l'intention. C'est, dit-il, confondre » l'ordre naturel des choses. » Il ajoute après cela que M. de Condom a tort de prétendre , « que ce » qu'il déclare de l'intention de l'Eglise le mette en » droit de réduire les marques extérieures d'hon- » ncur qu'on rend aux saints , au sens qu'il lui « plaira de leur donner. Ce n'est pas assez, pour- » suit-il, d'une telle déclaration pour changer l'u- » sage commun des expressions, et la signification 1) naturelle des signes. »

Ne dirait-on pas à l'entendre que les génuflexions elles autres signes de celle sorte, signifient naturellement les honneurs divins; ou que c'est moi qui ai entrepris de les réduire à un autre sens, de ma propre autorité, sans que l'Eglise s'en soit expliquée? Mais le contraire est certain. On peut voir et dans nos conciles, et dans notre profession de foi, ce que nous servons comme Dieu , et ce que nous honorons comme créature. Que sert donc à l'anonyme de nous reprocher, qu'un turc, un païen, un américain, enlin ceux de sa religion ne connaîtront rien dans notre culte; et qu'à juger des choses par l'extérieur, ils prendront les saints pour autant de dieux? Sans doute ils pourront entrer dans celte pensée, s'ils ne cherchent qu'un prétexte pour nous quereller, sans vouloir jamais ni ouvrir nos livres, ni nous entendre parler de notre religion. Mais quelle erreur de s'imaginer qu'on puisse connaître à la contenance des hommes ce qu'ils servent ou ce qu'ils adorent! Les païens qui nous verront, catholiques et prolestants, lever les yeux au ciel, et si l'on veut du coté de l'Orient, selon la coutume des anciens, pourront croire que nous adorons le soleil et les astres. Une semblable raison persuadait aux

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