‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 81 sur 545 · Act., XIV. 13, u · texte numérisé non relu

Act., XIV. 13, u

» quitter ces choses vaines , pour tourner votre » cœur au Dieu vivant qui a fait le ciel et la terre. » On ne voit point de tels mouvements, ni de tels cris quand on se prosterne simplement devant eux. Saint Pierre voit Cornélius à ses pieds, et sans détester cette action comme un culle d'idolâtrie, (car il savait que ce pieux centurion était trop éloigné d'un tel excès), il se contente de le relever en lui disant humblement et modestement : Levez-vous, je suis un homme comme mus'. Saint Paul et Silas en font encore moins quand ce geôlier se jette à leurs pieds ^. Saint Paul ne déchire pas ici ses vêtements , il ne se fâche ni il ne s'écrie , comme il avait fait dans le sacrifice qu'on lui avait préparé : il regarde cet homme à ses pieds, sans qu'il paraisse qu'il s'en inquiète, ou qu'il lui dise le moindre mot pour l'en retirer. Ils savaient que les serviteurs de Dieu avaient souvent reçu de pareils honneurs

IX. Nouvelles chicanes des prélendus réformés sur le terme de culte religieux. Les auteurs protestants ne sont pas eux-mêmes d'accord sur l'usage de ce terme. Passages de Drelincourt et de Vossius. — Mais, disent nos réformés, vous ne sortirez pas si aisément d'un si mauvais pas. Ce n'est point un honneur de civilité, ou quelque autre sorte des devoirs humains que vous voulez rendre aux anges et aux saints. C'est un honneur de même nature, de même ordre et de môme genre que celui que vous rendez à Dieu, puisque vous-même vous l'appelez un honneur religieux. L'anonyme nous reproche que nous offrons aux créatures des prières religieuses, un honneur et un culte religieux; que nous en faisons l'objet de notre religion, et que c'est ce que Dieu défend. Il faut avoir, selon lui , pour la mémoire des saints, de la vénération et du respect , mais point de religion, pas même les termes^, parce que Dieu seul doit être l'objet de notre religion, et qu'il n'y doit avoir de culte religieux, de quelque nature qu'il puisse cire, que pour Dieu seul.

M. Noguier nous fait le même reproche^; enfin il. Daillé et tous les ministres ne cessent de nous opposer ce terme de religieux. Mais la bonne foi demandait qu'on en distinguât auparavant lessigniflcalions dilTérentes. Car d'abord il est constant parmi tous les chrétiens, catholiques et protestants, que Dieu seul est le propre olijet de la religion, et que les choses n'appartiennent à la religion qu'autant qu'elles ont de rapport à Dieu; et il est encore certain, comme nous avons déjà dit, que la religion se peut prendre ou, dans un sens plus étroit, pour le culte qu'on rend à Dieu considéré en lui-même; ou, dans un sens plus étendu pour toutes les choses qui ont rapport à la religion, et qui lui appartiennent. Les saints ne peuvent pas être l'objet de la religion; cela n'appartient qu'à Dieu, et tous les chréliens en sont d'accord : mais l'honneur qu'on rend aux saints, quel qu'il soit (car les protestants ne nient pas qu'il ne leur soit dû quelque honneur), a quelque chose de religieux; parce que , comme on les honore pour l'amour de Dieu, c'est aussi la religion qui est le motif de tous leurs honneurs, et qui les règle. Voilà l'équivoque démêlée, et l'objection évanouie, si peu que nos réformés regardent nos sentiments d'un œil équitable. Mais afin de ne

1. Ac«., X. 25, 26. — 2. Idem, xvi. 29. — 3. Anon.. p. 50, ch.i, p. 22, 47, 73, etc.; p. 5S,S3. — 4. Pag. 34, etc., 42, 43, 44, etc.

DU CULTE \){J A DIHU.

leur laisser aucun embarras, je veux leur faire entendre deux de leurs auteurs, qui leur exposeront plus au long ce qui se dit onlinairenieul dans leur religion; et nous leur dirons après, de quoi nous convenons avec eux.

Drclincourl, célèbre ministre de Cliaronton, avait fait un livre rie Vhonneur qui est dû à la sainte et bienheureiise Viet^ge; et connue il y avait dit, ce qu'aucun cbrétien ne peut nier, qu'elle était digne d'un grand honneur, M. l'évèquo de Bellay lui demanda de quelle nature était cet honneur; il lui tlt une réponse fort exacte selon les principes de sa religion , et nous y lisons ces paroles : On distingue ordinairement entre l'honneur religieux et le cicil : si on ijrend à la rigueur le mot de religieux , selon qu'à parler proprement et exactement^ la religion signifie ce qui lie nos âmes à Dieu, et qui contient les règles de son service : en *.

Telle est la doctrine du célèbre Vossius , on voit qu'il ne s'explitiue i)as tout à fait de môme que le ministre Drelincourt, qui trouve qu'il n'y a point de dilïicultê à dire que Thonneur qu'on rend à la sainte et bienheureuse Vierge, est saint et religieux en un certain sens. C'est ce sens qui est rapporté, et n'est pas suivi par Vossius. Mais la dilTérence est légère; et ils sont d'accord dans le fond; c'est-à-dire, comme il l'expUque lui-même, en tant que le mot de religieux se prend pour tout ce qui découle et qui dépend de la religion. Car Drelincourt avoue que l'honneur qu'on rend aux saints peut être appelé civil dans le sens de Vossius ; et Vossius niera-

1. On trouve en cet endroit, dans le manuscrit de Bossuet, une lacune considérable qui coupe les deux passag^es de Drelincouit et de Vossius, et les réflexions de Tauteur à ce sujet. Quoique ce (lui reste de ces passages suifise pour appuyer les raisonnements du prélat , nous avons cru cependant pour la plus grande satisfaction des lecteurs, devoir mettre ici ces textes en entier. Nous avons trouvé celui de Drelincourt dan^ un exemplaire qui est ô. la Bibliothèque du Roi , et qui est selon les apparences une première édition. Celui de Vossius est tiré de son grand ouvrage intitulé : De IdololaCridy etc. Voici d'abord celui de Drelincourt.

« On distingue ordinairement entre Thonneur religieux et le » civil. Si on prend à la rigueur le mot de reliijiettx, selon qu'à, » parler proprement et exactement , la religion sigiiilie ce qui lie » nos âmes à Dieu, et qui contient les règles de son service : en > ce sens il n'y a que Dieu seul h qui on puisse rL-ndre un honneur » religieux : mais si le mot de religieux se prend on une signifi- » cation plus ample et plus étendue, nou-seulemnnt pour ce qui » est de Pcssence de la religion , mais au><si pour tout ce qui en » découle et qui on dépend : et si on appelle honorer d'un hon- » neur religieux, les choses que nous honorons pour l'honneur de » Dieu , qui les emploie en son service, et à la célébration do ses » mystères ; ou qui les remplit de ses grâces , et les couronne de » sa gloire : en ce sens j'avoue qu'il y a certaines choses, les- » quelles encore qu'on ne les invociue et ne les adore point, néan- » moins on les vénère et on les honore religieusement. Par exem- » pie , l'arche de l'alliance n'était pas invoquée ni adorée par les » enfants d'Israël : mais elle ne laissait p:LS de leur être en vêné- " ratitm , parce que Dieu lui-méino l'avait ordonnée pour être le » symbole de sa grâco et faveur, et qu'il s'y nianitestHit d'une » façon particulière. Il en est de même do l'eau du Baptême, et » du pain et du vin de la sainte Cène. Car encore que nous n'ado- » rions point ces choses-là, et que nous n'en croyions point la » transsubstantiation; nous n'uvuns garde de les confondre avec » de Peau , et du pain et du vin communs , et que l'on emploie en » des usages pruranes : mais h cause de leur usage religieux eL » sacré , nous les honorons religieusement comme les types et les » mémoriaux do Jesus-Christ, et les sceaux do sa grâco. En ce » sens, je ne ferai nulle difliculto do dire quo l'honneur que nous » rendons à la sainlo et bienheureuse Vierge est saint et reli- » gieux.

»Je dislingue aussi l'honneur ci-oil : car comme il y a deux » sortes do cités, il y a aussi deux espèces, mais plulôt'deux de- » gros d'honneur civil. U y a la cité d'ici-bas , qui comprend tous >» le» saints et fidèles qui combattent encore sous l'enseigne do » Notre Seigneur Jésus-Christ , d<»nt aussi elle est appelée mili- » tante. Kt il y a la cite d'en-haut , la Jérusalem céleste , qui » contient tous ceux que Dieu a couronnes do gloire et d'immor- • talité; n'est pourquoi elle est appelée triomphante. Si on res- » troint l'honneur civil à l'honnour qui se rend aux fidèles qui » conversent ici-bas , j'avoue qu'il serait du tout ridicule do dire » que nous honorons la bienheureuse Vierge d'un honneur civil :

t-il que les lionncurs, qui selon lui-même sont des acles de religion, ne puissent en un certain sens 6lre appelés religieux? Que deviendrait donc le passage qu'il nous rap|>orte lui-môme, où saint Jacques appelle tlu nom de religion la visite des orphelins et des veuves? En tout cas la dilTiculté est peu importante; et les hommes auront h'w.w envie de se quereller s'ils se hrouillcnt pour de telles choses.

X. La petite diversité qui se trouve dans les awteurs protestants , sur l'usage du terme de iielujion, se rencontre aussi dans les auteurs catholiques. Mais ceux-ci ont un principe commun, qui accorde celte diversité. — Cette petite diversité que les prétendus réformés peuvent remarquer parmi leurs auteurs dans Tusage du terme de religion, se rencontre aussi parmi les nôtres. Nos théologiens demandent si l'honneur qu'on rend aux saints appartient à la vertu de religion, ou à quelque autre vertu qui lui soit toutefois subordonnée. Les uns disent que cet honneur appartient plutôt à une autre vertu qu'à la religion, parce qu'il se rend à des créatures. Les autres disent qu'il appartient plutôt à la religion qu'à quelque autre vertu que ce soit, parce qu'il se rapporte à Dieu , et que c'est la religion qui le dirige. Mais l'un cl l'autre sentiment supposent un môme principe , que les prétendus réformés ne veulent pas croire que nous entendions, encore qu'il soit certain que tous nos théologiens en soient d'accord, qui est que la religion est une vertu dont le propre objet c'est Dieu seul. De sorte qu'à la définir par son objet propre, elle ne sera

» mais si on l'étend h. l'honneur qui se rend aux bourgeois et ha- » bitaots de la cité céleste du Dieu vivant , on peut fort bien et » fort h propos appeler honneur civil, l'honneur que nous rendons » il la sainte Vierge, puisque c'est la première , la plus noble et la » plus élevée de toutes les créatures qui triomphent dans cette » glorieuse cité. » {Rcp. à M, l'Evéque de Bellay, 1642, p. 65 el siiiv.)

Voici maintenant le texte de Vossius , dont nous ne transcrivons que ce qui a rapport au point de doctrine dont il s'agit ici.

« At quid aliud est cuttus , quàm honor ab inferiori debitus et » prœstitus superiori? ad superiores verO referimus etiam animas » beatas. Quicumquô enim ad triumphantem Ecclesiam translati , » ii per gratiam divinam eveeti sunt ad subliraiorem locum ac » dignitatem , quàm qui in militanti hâc cum peccato etiamnum » confiictantur. Quare sanctos etiani à, morte honorandos agnosci- » nuis : quudque superitis de cultu angelico diximus , eum oxten- » dere se ad intellcctuni , voluntatein , et actus exteriores; idera » non invitr, dum commode capiatur, de beatorum cultu fatemur... » Verlim cultus iste uon gradibus solUm, sed totd specio ab divino » distat : ctim prœtîellentia creatoria intinitis sit partibus major » qu;\m ullius creaturje,... ut non tam pars sit cultùs divini, quàm » elfectus, quia cuUus sanctorum ex Dei cultu promanat. Utruni- » que c«/f»Hi diui , agrioscit etiam l.eatus .-Vugustiuus, lib. \ de » Ùivit. Dei, cap. i... Possumus sic utrumque hunccultum distin- » guero, ut illo Deî dicatur religiosus :. . at cultum sanctorum » dicere liceat of/iriosum; quando nostrl est ofticii diligere et ho- » norare imprimis eos qui in cœlis rognant. Possumus et civUeni » vocare , cUm una sit Dei civitas, illa civium in cœlis, et ha;c in » terris... Dixerit aliquis , honoroni osse civilem , quando homi- » nés colimus iti terris ob potestatem, nobUitatem, parlas do hosto » victorias, eruditioncm etiam, aliaque id genus, quîe causie » sunt civiles : disparcm vororationem osso eorum, quos coUinua » <i!) causas supernaturales; uti quia Deum videant, etc. . . oxinde » auteiM conseijui , cultum queni mens religiosa praistat animis » boHtis, non c/fiVe/n, sed reliijio>iiiin dici oportero. Atqui pro- » fecto sic nec <niltU3 erit civilis , qui Régi prîcstatur à piis homi- » nibus , quia sit propter Doi niandatum et consejentiam. Satius » igitur estlaxihs civilis, strictitis rcligiosi noniine uti : puta ut » religiosus cultus Dei sit proprius :... alter autein cultus. qui » creaturee debotur, civilis vocetur... Malim uno cultùs ofiiciosi » aut civilis , aut alio nomine comprchendero observantiam beataî » animue, et viri sancti in terris, imù et Ciesaris gentilis; qu;\m » tam latô exlendere appollationem cultes religiosi , ut coutineat » venerationein Dei, et animie beat;e. In causa potissimum est , » Quùd ut nulla est proportio inter Deum infinitum , et opus ejus » nnitum ; ita etiam . chm cujusoue rei oxcoUontias suus re^pon- » deat honor; invocatio Dei et oliservantia sanctorum totà distent » naturel. At cultus, quo sanctos colimus in terris dogontos, non » specie, sed gradu duntaxat. ab eo differt, quo venoramur illos » in cœlum receptos... » De ïdololot.^ lib. r, cap. xi,ii,;>. 154 e« seq. (Edit. de Dé for is.)

DU CULTE DU A DIEU

autre chose que l'acte de notre esprit qui se soumet au premier Etre, et s'attache à lui de toutes ses forces par un amour véritable.

Mais comme ce premier Etre doit être la fin de toutes les actions humaines, le motif de la religion s'étend à tout; et en ce sens , tous les devoirs de la vie chrétienne ont quelque chose de religieux et de sacré. Car peut-on dire par exemple, que ce ne soit un acte de religion, que d'exercer la miséricorde, elle qui vaut mieux que les victimes? Et qu'y a-t-il de plus religieux que la charité fraternelle, que nous voyons préférée à tous les holocaustes; après l'approbation de Notre Seigneur? Que si le respect qu'on rend aux princes et aux magistrats n'avait quelque chose de religieux et de sacré, saint Paul aurait-il dit, comme il a fait, qu'il leur faut obéir non-seulement pour la crainte, mais encore pour la conscience? En un mot, toute la vie chrétienne est pleine de religion et de piété. Tout y est religieux, parce que tout y est animé par la charité, qui est le sacrifice continuel par lequel nous ne cessons de vouer à Dieu tout ce que nous sommes.

Il faut même qu'on avoue que, parmi les créatures qu'on honore pour l'amour de Dieu, il y en a qui sont liées à la religion d'une façon plus particulière que les autres. 'Telles sont les créatures qu'on honore, comme disait Vossius, par un motif surnaturel; par exemple, les esprits bienheureux. Sans doute l'honneur qu'on leur rend est dérivé de bien plus près de la religion, que celui qu'on rend aux rois. Car un homme sans religion, ou qui n'aurait pas encore appris qu'il faut honorer les rois pour l'amour de Dieu , ne laisserait pas de les honorer pour conserver l'ordre du monde. Pour ce qui regarde les saints , le motif de la religion entre toujours dans les honneurs qu'on leur rend , parce qu'on les honore précisément comme de fidèles serviteurs de Dieu , qu'il a sanctifiés par sa grâce, et qu'il fait éternellement heureux en leur communiquant sa gloire. Ainsi l'honneur qu'on leur rend est lié plus intimement <à la religion et a un rapport plus particulier avec le service de Dieu , que celui qu'on rend aux césars. Vossius assurément ne le nierait pas. Que si Drelincourt lui représentait qu'il y a même des créatures inanimées que Dieu emploie à son service et à la célébration de ses mystères, telle qu'était l'arche d'alliance dans l'Ancien Testament; tels que sont l'eau du Baptême, le pain et le vin de la Cène dans le Nouveau, ne lui avoucrat-il pas que ces choses doivent être en vénération, et même qu'on les vénère et qu'on les honore reli- (fieusement à cause de leur usage religieux et sacré. Il faudra donc qu'il accorde qu'en considérant toutes les sortes d'honneurs qu'on peut rendre aux créatures , on trouvera quelque chose de plus religieux dans l'honneur qu'on rend à celles qui étant spéciament consacrées à Dieu, ont un rapport essentiel à la religion.

Si on demande maintenant de quel ordre , de quel rang sont ces choses, personne ne répondra qu'elles sont du rang des choses profanes. On les mettra sans difficulté dans le rang des choses saintes. Mais c'est autre chose d'être saint par son essence, comme Dieu; autre chose d'être saint comme une chose que Dieu sanctifie, ou comme une chose qui est appliquée à des usages sacrés. La sainteté

de Dieu rejaillit en quelque manière sur toutes les choses qui en approchent; elle les sanctifie et les consacre. Il en est de même de la religion. Elle s'attache à Dieu comme à son objet; mais elle s'étend en un certain sens sur toutes les choses qui sont spécialement consacrées à son service. Ainsi la vénération qu'on a pour elles n'ayant point d'autre motif que la religion, en ce sens on ne peut douter qu'elle ne soit religieuse.

Si toutefois quelques-uns, par exemple Vossius, font scrupule de parler ainsi , nous entendons bien leur pensée; et Vossius lui-même nous l'explique assez. Si on considère ses paroles, on verra que par les honneurs religieux il entend au fond les honneurs divins : il ne veut pas qu'on rende aux anges « un honneur religieux, parce que, dit-il', nous » ne les reconnaissons pas pour le principe de notre » être et de notre salut. » Non est cultus ille religiosus , quia non agnoscimus angelos ut principiuni aut originis aut salutis nostrœ. Il déclare, conformément à cette pensée, qu'il ne refuse pas aux saints toute sorte d'honneur, mais seulement celui qui est excessif et propre à Dieu. On voit clairement par ces paroles, que par les honneurs religieux au fond il entend les honneurs divins. En ce sens il a raison de réserver à Dieu seul l'honneur religieux. Non-seulement Drelincourt et les prétendus réformés, mais encore tous les catholiques lui accorderont sur cela ce qu'il demande. Il y a un culte qui est propre à Dieu, qu'on ne peut rendre à la créature sans idolâtrie; et c'est celui par lequel on reconnaît le principe de son être et de son bonheur. C'est là le propre objet et le propre exercice de la religion. Aucun des catholiques ne révoque en doute cette vérité, et en renfermant dans ces bornes l'honneur religieux, nous avouons que Dieu seul en est capable.

XL Conséquences de la discussion précédente. Vaines chicanes des prétendus réformés, — Ainsi je ne vois plus sur cette matière aucun sujet de dispute, puisque personne ne dit parmi nous que la créature puisse être l'objet de la religion, et que personne ne nie parmi les prétendus réformés qu'il n'y ail plusieurs créatures qui ont un rapport particulier à l'objet de la religion , c'est-à-dire à Dieu.

L'honneur qu'on rend à ces créatures n'est point religieux par lui-même, parce qu'elles ne sont pas Dieu. Mais personne ne peut nier qu'il ne s'y mêle quelque chose de religieux , parce qu'on les honore pour l'amour de Dieu, ou plutôt que c'est Dieu même qu'on honore en elles.

L'anonyme et M. Noguier pourront voir maintenant le tort qu'ils ont, d'avoir tiré contre nous tant de conséquences fâcheuses sur ce terme de religieux. M. Noguier a prétendu que j'ai prononcé ma condamnation, lorsque j'ai dit, dans I'Exposition , que l'honneur qu'on rend aux saints pouvait en un certain sens être appelé religieux. Donc, dit- Il', ce sera une adoration; donc l'honneur qu'on rend aux saints sera d'un même ordre que celui qu'on rend à Dieu. Les prétendus réformés , qui entendent de telles choses de la bouche d'un ministre, se trouvent embarrassés, et croient que j'ai égalé par quelque endroit la créature au Créateur. Ils ne considèrent pas que cette difTiculté qu'on fait

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