‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 12 sur 313 · MINISTRE DE LA RELIGION PRÉTENDUE RÉFORMÉE · texte numérisé non relu

MINISTRE DE LA RELIGION PRÉTENDUE RÉFORMÉE

a monseigneur ie maréch.vl de schomberg diez d'un œil favorable un discours qui ne

Duc <rHalhi>jn. pair de France, gouverneur et lieutenant tend qu'au salut des âmes ; puisque Dieu vous

général, pour le roi. .tes villes et citadelles de Metz M[ ^ ^ dg considerer les CDOseS divines

et pays Ifctaat, écéehes de Metz et \er-lun; colonel ° .

gené.l: - d Gri*ms, colonel des Umskenects, comme celles qui sont les plus dignes doc-

mméchal de camp général des trùupèà allemandes et cuper vos soins, et d'entretenir votre grand

liéjecises, ete. génie. Et certes, quand je contemple en moi-

Monseignecr, même toute la suite de vos actions immor-

• Puisque cette ville et cette province, que telles, encore que je sache bien qu'elles vous

les guerres, ont désolées, ne respirent plus égalent aux capitaines les plus renommés, et

que par votre appui; puisque les peuples que que la postérité la plus éloignée ne pourra

tous gouvernez ne trouvent de salut ni de lire sans étonne ment les merveilles de votre

sûreté que dans la protection de Votre Excel- vie, je ne vois rien de plus grand en votre per-

lenee, et que votre générosité se les est acquis sonnequel'amourquevous avezpourl'Eglise,

par le titre du monde le plus légitime, nous et que cette inclination généreuse d'appuyer

me devons pas avoir de plus grande joie que la religion par votre autorite et par votre

de témoigner hautement ce que nous sentons exemple. Que nos histoii es vantent cette belle

en nos co-urs: et où l'on ne voit que de vos nuit qui est capable d'effacer la gloire des

bienfaits, il est juste que rien n'y paraisse sans plus éclatantes journées, et qui a eteMant de

ter des marques de reconnaissance. C'est fois funeste a nos ennemis, par le modèle que

dais cette pensée, Monseigneur, que j'ose vous y donnâtes à vos généraux, pour faire

prendre la liberté de vous présenter cet ou- réussir de pareils desseins : qu'on publie qu'il

vrage. comme un fruitdu repos que vous nous n'appartenait qu'à votre courage de trouver

donnez au milieu de tant p.rils qui nous envi- une sortie glorieuse dans le desespoir des

ronnent: et puisque l'étude est incompatible affaires; qu'on joigne aux triomphes du Lan-

avec le tumulte et le bruit, il faut bien que je guedoc ceux de la Catalogne et du Roussillon,

rende grâces de mon loisir particulier, a Tau- et les autres fameuses campagnes que vous

teurdel ttranquilltt • publique. D'ailleurs, je avez si glorieusement achevées ; que l'on dise

ne doute pas, Monseigneur, que vous ne regar- que les honneurs ont été chercher votre vertu,

RÉFUTATION DU SIEUR FERRY

0t que, lorsqu'elle tt vit élevée à la plus haute des dignités de la guerre, il n'y avait que votre Victoire qui sollicitât pour vous ;\ la cour ; qu'où ajoute à ces grands éloges que, dans un siècle si désordonné, votre puissance ni' s'emploie qu'à l'aire du bien, que vos mains ne sont ouvertes que pour donner, et quevotre nom n'a jamais paru qu'en des actions dont la justice est indubitable ; enfin, qu'on loue encore cet esprit si

l'oit, et ce sens si droit et si juste, celle invariable

fidélité, cette humeur si généreuse et >i bienfaisante, et toutes nos autres grandes et incomparables qualités : j'avoue que ces choses sont trèsconstantes et très-connues par toute la France. Hais je dis que ce n'est pas» Monseigneur, ce qui fonde solidement votre gloire. Votre piété, c'est votre couronne ; la vraie lumière de votre raison, c'est qu'elle .sait s'aveugler pourl'aiiiourdeDieu : votre véritable justice, c'est que vous êtes soumis à ses loi.s ; votre libéralité se t'ait reconnaître

eu ce qu'elle s'étend SUT Jésus-Christ même ; et parmi toutes vos conquêtes, il n\ en a point de plus glorieuses que celles que nous voyons tous les jours, par lesquelles vous gagnai à Dieu las Ames qu'il a rachetées par un si grand prix. Je ne diffère donc plus, Monseigneur, de vous pi senter ce discours, puisque votre zèle, votre religion, votre pieté lui promettent une protection si puissante. Mais, certes, je .serais peu reconnaissant de tant de bontés dont vous m'honorez, si je n'espérais l'appui de Votre Excellence que par des considérations générales. Tant d'honneurs que j'en ai reçus, et que j'ai si peu mérités; tant d'obligations effectives» tant de bienfaits qui sont si connus, tant de grâces que je ne puis expliquer, me persuadent qu'elle favorisera cet ouvrage, que je VOUS offre comme une assurance et de mes trcs-huuihles respects, et de la perpétuelle fidélité qui m'attache iuviolablement a votre service. Une si mon impuissance me rend inutile, si la grandeur de vos bienfaits ne me laisse pas même des paroles qui puissent exprimer ma reconnaissance; ma consolation, Monseigneur, c'est que Dieu écoute les vœux que la sincérité lui présente, et que je sens en ma conscience, avec quelle passion je suis,

Monseigneur, Votre trèshumbl' , très ob issant et très fidèle serviteur BOSSUET.

AVERTISSEMENT

Gomme il n'y a rien de 'plus remarquable, dons le Catéchisme de notre adversaire, que le témoignage qu'il rend a la justice de noire cause; aussi mon dessein principal n'est pus tant de disputer et de contredire, que de foire voir au ministre les conséquences très-légitimes de quelques vérités qu'il a confessées, et d'instruire nos livres errants delà pureté de notre doctrine sur quelques points de notre créance qu'on leur a déguisés par tant d'artifices. C'est pourquoi j'ai laissé plusieurs choses, que je pouvais justement reprendre, pour appliquer toutes mes pensées a ce qui est le plus utile au salut des ■ unes. Je conjure nos adversaires de lire cet ouvrage en esprit de paix, et d'en peser les raisonneîii tts avec l'attention et le soin que méritent des matières de cette importance. J'espère que la lecture leur fera connaître que je parle contre leur doctrine, sans aucune aigreur contre leurs personnes; et qu'outre la nature qui nous est commune je sais encore honorer en eux. le baptême de Jésus-Llirist, que leurs erreurs nont pas etTacé. Que si j'accuse souvent leur ministre d'altérer visiblement les sens des auteurs, et de nous imposer des sentiments que nous détestons, mes plaintes sont trés-justes et (résilies; et nous le pouvons vérifier ensemble, sans autre peine que d'ouvrir les livres. Or, encore que ce discours éclairasse suflisamraent sa pensée, j'ai cru qu'il ne serait pas inutile de faire mettre ici un peu plus au long quelques endroits de son Catéctiisuie, cotés eu la marge de cette réponse, et dont la suite de cet ouvrage fera eutetidre les conséquences.

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