‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 190 sur 313 · BG · texte numérisé non relu

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qu'il faudra foire pour parvenir au salut.'' Luther même demeure d'accord qu'on n'est jamais assuré d'être Binoèrement repentant, et qu'on doit craindre que la pénitence qu'on croit ressentir ne soit une illusion de notre amour-propre1. Mais si l'on n'est pas assuré de la sincérité de son repentir, comme il l'a- ?oue , et qu'on soit néanmoins assuré de sa justification « comme il le prétend, il s'ensuit donc, que la justification est indépendante do la pénitence; puisque, si c'étaient choses cond tes, on serait également assuré de l'un et de l'autre.

Qui croit, dit notre auteur, suit qu'il croit. On pourrait dire do même : Uni so repent, sait qu'il se repent; el l'on peut également être

déçu dans l'opinion qu'on a de sa foi, que dans celle qu'on a de son repentir. Que si l'on veut que nous soyons toujours assurés de nos dispositions, d'où vient que saint Paul a dit: « Je ne méjuge pas moi-même1, » et encore : (t Examinez-vous vous-mêmes si vous êtes dans la loi, éprouvez-vous vous-mêmes3; » ce qui serait inutile, si l'on connaissait si parfaitement son étal , qu'il n'y restât aucun doute. Avouons donc qu'on peut avoir quelque certitude de sa loi, niai> non pas une certitude infaillible, ni qui exclue tout doute, et qu'en disant: Je crois, avec celui dont parle saint Marc, il but ajouter aussi bien que lui : Aidez mon incrédulité*.

Articulus IX. — dur iitius coneWaHonis ratio

placiluru videalur.

Ilis quidem exisliino luliiruin ut utrique parti satis liai , nequo eniin aut Calholici i ridenti-

nam fidem, aut Lutberani Confessionem Auguëtunam ejusqur Apologiam rejecturi sunt. Etsi enim lios quos memoravi locos in Confessione Auguatana posteadeleverint, invenkmtur tainen in bis editiontbus quea Wittembergae quoque sub Luthero et Melanchthone adoniate sunt, otjamannotavimus; conventusque Naumbergensis, etsi alias editiones prsstulit, non tameu hasabjecit, sed suo loco esse voluit . eo quod in conventibus ac disputationibus publicis, jaiu indeab origine adhibitas esse constarel . et que in Contessione deleta sunt , in Apohujiu tamen intégra remansere, ut legenti patebit.

Ihee autem credimus moderatioribus Lutheranis placitura, quod sic non sua ejurare, sed interpretari videantur: Tridentina vero admittere, sed euin ils elucidationibus , a quibus nemo ac née ipsa quidem Confessio Augustana disssentiat ; née dubito quincetara qusecunque proponentur, vera juslaque et commoda declaratione adhuc elucidari possint. Nos liane rmlem tabulant informavimus; cui rudimeuto, si vir amplissimus suasillas induslrias doctasque manus adhibeat, meliorem in formam , et, ut credo, breviorem omnia componentur. Nos enim qusecunque nobis visa sunt ad tollendam olïensionem animorum lacère congessimus; ille seliget quibus suos adjuvari incitarique melius ipse noverit quam nos longe positi. Sed jam adalia properamus.

'Tract. Deiniulg., edit. Yiit., tom. i, p. 59, disp. 1518, prop. -Kf,

Si l'on admet celte certitude absolue de \ justification, il faut pousser la chose plus loin, et admettre encore avec les calvinistes la certitude absolue du salut. C'est, dites- vous, détruire la foi de l'invocation, que d'établir celte incertitude de sa justification. Nous répondrons: C'est donc aussi détruire la foi et L'invocation, (pie d'établir celle incertitude de son salut? Ainsi . pour tout concilier, VOUS n'avez qu'à rai-

aner conséquemment. Vous vous contentez pour le salut qu'on exclue celte incertitude qui met le trouble et l'anxiété dans les consciences : contentez-vous de la même ebose pour la justification, et nous sommes d'accord.

Concluons donc en général, qu'il est aisé de convenir sur la matière de la justification ; puisqu'on \ient de voir qu'on est d'acord de ce qu'il \ a de plus important, et que pour le reste on lail des pas si avantageux pour la paix , qu'il n'y a point d'apparence qu'on puisse s'arrêter en si beau chemin.

' 1 -Cor., iv,

1 II Cor., xiil, 5. — 1 Marc, IX, 23

Où

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