PREMIÈRE PARTIE : DISSERTATIONS
Sur l'intention du minisire, notre auteur ne trouve rien a reprendre dans le sentiment de quelques-uns de nos auteurs , et l'on est libre de le suivre, puisqu'il avoue que l'Eglise ne l'a pas improuvé.
Amirrrrs lï. — De Eucharistia, ac primum de reali prœsentia.
Hic quoque aulla controversia esl , Deoque agendas gratis, quam fleri possunt maximœ, quod articulum longe omnium difficillimum imo solum difficilem, Confesrio dti^iufanaretmuerit. K.uii fidem flrmat et illustrât Apologia laudatque Cyrillum dicentem : Christum eorporaliUr nobis exhiberi inCœna i; Christum sane eumquetotum; neque tantum corpus aut Bangumem, sed utique totuiu et anima cl oupore et sanguine, iisque ipsa Bemper divinitate conjuncta : undc subdil : Loquimur de prœsentia vM Christi : Srimus enim quod mors bi inox doiunabitob 2.
Hsec igitur sufficiunt ad realem praesentiam. Virautem clarissûnus amovet ubiquitatem, quse Catholicis gravissima et intoleranda videretur.
Articulis III. — De transsubstantiatione.
[ranssubstantiationis articulum , quantum in ipso fuit, virdoctissimusplcne composuit; neque quidquam a Lutlieranis postulamus, quam ut admittant illam, analogiœ Jidei congruenteni ac vi verborum institutionis in sacra cœna factam mutationem mysteriosam, per quam modo nobis imperscrutabili verificelur hœc propositio sanctis Patribns frequentissime asurpata : Panis est corpus Christi. Prorsus enim intellexit vir doctus, non nisi mulatione panis, eaque verissima, effiei posse ut jam sit corpus Christi. Ultro autemeoncedimus ut, secundum ejus vota, « de modo illo quo Deus tantam rem perficit prœscindamus, dixisse contenti modum illum esse incomprehensibilem et inexplicabilem; ita tamen comparatum , ut , interveniente arcana et inexplicabili mutatione, ex pane fiât corpus Christi. » Sic enim
De V Eucharistie , et premièrement de la présence réelle.
Il y a beaucoup à louer Dieu de ce que cet article, qui est le plus difficile, et, pour mieux dire le seul difficile dans nos controverses, est demeuré inviolable et dans son entier parmi les luthériens; ce qui montre une providence particulière pour faciliter leur retour. Car, quoi qu'on puisse dire, ils croient la réalité comme nous, et Jésus-Christ présent tout entier en son corps et en son sang, i n >nàmc el eu sa divinité, comme l'explique V Apologie '; et c'est pourquoi elle ajoute, que la présence qu'elle reconnaît est la présence « de Jésus-Christ vivant, puisque nous « savons, » dit-elle, « que la mort ne le domine « plus ; » ce qu'il est bon de remarquer à cause des luthériens, qui, ne songeant pas aux décrets publics de leur religion, semblent quelquefois se moquer de ce que nous appelons la concomitance.
Pour ce qui est de l'ubiquité, encore qu'elle soit suivie de presque tous les luthériens, le savant auteur nous en délivre avec raison, puisqu'elle ne se trouve point dans la Confession d'Auysbourg , dans Y Apologie, ni dans les Articles de Smalcalde; et c'est ôter un grand scandale , que d'exterminer ce prodige de toutes les écoles chrétiennes.
De la transsubstantiation.
Il n'y a plus de difficulté sur cet article, si l'on croit, avec notre auteur, « qu'il se fait dans l'Eucharislie, par la vertu des paroles de l'institution, un changement mystérieux, par lequel se vérifie cette proposition si usitée parles Pères : Le pain est le corps de Jésus-Christ; » et il remarque très-bien que cette propositionne peut être « vérifiée que par un changement réel ; puisque le pain n'étant pas de soi-même le corps de Jésus- Christ, il ne le peut être sans le devenir » par un changement aussi véritable que celui qui arriva dans les noces de Cana en Galilée, lorsqu'on y but, comme dit saint Jean 2, de « l'eau faite vin. » C'est ainsi que nous mangeons « le pain fait corps, » et que nous buvons « le vin lait sang. » Au reste, nous accordons facilement à l'auteur que, « sans entrer dans la manière don!
Art. 10. — = Ibid.
1 Ajtol., p. 107, 103. — : Joan. n, 9.
efficitur, ut quam vere in illo nuptiari convivio, se fait ce changement, nous nous contentions de
Christo opérante , gustarunt aquam vinum fac- dire que du pain on fait le corps de Jésus-Christ,
iam i, lam vere in hoc novo Christi convivio» par un secret et impénétrable changement. »
panem corpus factam , et vinum factum sangui- Et il ne faut point que les luthériens repro-
nem capiamus; quo cliam ratum sit illud, mu- client à notre auteur qu'en cela il se soit éloigné
tatione facta, panem id fieriet esse quod dicitur, des principes de sa religion , puisqu'il est vrai,
nempe Christi corpus; quœ saneusque adeo ana- comme il le remarque, que Luther n'a point eu
logiœ fidei Christique vérins congruunt , ut in d'aversion de cette doctrine, et qu'en effet il dé-
Apologia 2, post clare constabilitam suhstantia- clare qu'il ne la rejette qu'à cause qu'on le pres-
lem prœsentiam, slalim proclivi lapsu ad illam sait trop de la recevoir 1. C'est pourquoi il trouva
transmutationem fiât transitus. Testis enim ad- bon qu'on insérât et qu'on approuvât dans
ducitur canon Missœ Grœcorum, in quo aperte Y Apologie 2 le canon de la Messe grecque , où
oral sacerdos , ut mutato pane ipsum corpus celui qui offre le sacrifice prie Dieu , en paroles
Christi fiât. Addi poluisset transmutante Spiritu claires, que du pain changé il se fasse le corps de
sancto, quo certior atque, ut ita dicam, realior Jésus-Christ; à quoi l'on pouvait ajouter que ce
illa mutatio esse intelligatur , per mirificam sci- changement est marqué comme fait par l'opéra-
licetac potentissimam operationem facta. Atque tion du Saint-Esprit , afin qu'il paraisse encore
ibidem laudatur Theophylaclus , archiepiscopus plus réel et plus effectif, étant produit par une
Bulgarius, diserte dicens : Panem non ta7itum aclion toute-puissante.
figuram esse, sed vere in carnem mutari; quod On loue encore, dans la même Apologie^ , un
non unu s archiepiscopus Bulgarius, verum etiam passage de Théophylacte, archevêque des Bulga-
alii Patres longe antiquiores unanimi voce dixe- res, qui dit en termes exprès, « que le pain n'est
runt. Quœrecte intellecta nihil eruntaliud quam pas seulement une figure , mais qu'il est vrai-
illa transsubstantiatio ; hoc est panis, qui sub- ment changé en chair. » Tous ces passages, qui
stantia est, in carnem qua? item substantia est, marquent un si réel changement du pain au
vera mutatio, nihilque desiderabitur prœter so- corps, sont rapportés dans Y Apologie , à l'occa-
lam vocem de qua litigare non est Christianum. sion de la Confession d'Augsbourg où il s'agissait
Ergo Apologia Confessionis Augustanœ aliqua de s'expliquer sur la présence réelle; ce qui
sui parte transsubstantiationem laudat perspicuis montre que, pour la bien expliquer, on tombe
verbis, nedum ab ea penitus abhorruisse vi- naturellement dans le changement de substance;
deatur. et par la même raison , quand Luther voulut
QuuùpseLuiherusm ArculisSmalluildiciscoii- expliquer cette présence d'une manière si pré-
cilio œcumenico proponendis , tota secla appro- cise qu'elle ne laissât aucune ambiguïté, il tomba
banle et subscribente, dixit : panem et vinum in dans cette expression, dont notre auteurvient de
cœna esse verum corpus et sanguinem 3, quod dire qu'elle ne se peut vérifier que par un vérita-
non nisi mutationem panis in corpus verificari. ble changement : « Dans la Cène , le pain et le
posse vir ipse doctissimus confiietur. « vin sont vraiment le corps et le sang de Jésus-
Berengarius quoque in liane consensit formu- « Christ 4; » et c'est ainsi que tout le parti, as-
lam : « Corde credo et ore confiteor panem et semblé à Smalcalde avec Luther, dressa l'article
vinum quœ ponunlur in allari , per mysterium de l'Eucharistie, pour le présenter en cette forme
sacrœ oralionis et verba nostri Redemptoris, au concile qu'on allait tenir. Ainsi plus on veut
substanlialiter converti in veram et propriain et parler nettement et précisément sur la présence
vivificatricem Christi carnem et sanguinem , et réelle , plus on tombe dans les expressions qui
post consecralionem esse verum Christi cor- n'ont de sens qu'en admettant un changement de
pus4, » etc. quo fit manifestum in exponendo substance en substance; c'est-à-dire en d'autres
Eucharistiœ articulo, verœ prœsentiœ substantia- termes, la transsubstantiation que nous conles-
rum conversionem, qua panis jam sit corpus , sons, semper fuisse conjunctam : unde eam conversionem contentiosius quam veiïus a Luthero fuisse rejectam vir doctissimus observavit, etipsa Lutheri verba testantur 5.
Articulus IV. — De prœsentia extra usum. T)e la présence hors de l'usage.
Non fuerit difhcilior de prœsentia extra usum Nous n'avons point à disputer avec notre au-
1 Joan., n, 9. — J Apol., c. 15. — 3 in liïj. Cône., art., 6, p. 330.
'. ■ C Rom. vi; Lahb. tom. x, col. 373. — ■'« Luth., De ' ! :ll: • '' ■"!'■ Babyl., etc. — 2 Apol, p. 15.— => AL,ol , p. !:>.
caii. Li-.^ijl. ~ * Art. Smalc, art. 6, in lib. Ccnc-, p. ZZ'J.
[1ÈRE PARTIE: DISSERTATIONS
KG
litigatio, si res ad origmem atque ipsa principia reducatur, Neque enim eam aut Confessio Augustana , aut Apologia, aut Articuîi Smatkaldici reprehendunt ; aequein primis disputationibus inter Catholicos et protestantes habitis, <lo Ma prœscnlïa aut eam consecuta elevatione, ulla lcgitur unquam fuisse concertatio.
Neque Lutherani in Confessions Augiutana «'jusque Apologia elevalionem memoraht inter ritus a se sublatosaut reprehensos : quin potius in eadeni Apologia memorantcum honore Grœcorum lilum, in quo liai consecratio a manducatione distincta ' : neque Lutherus aut Lutherani al» elevatione abhorrébant aut eam i ustulenuil, nisi ail aiiuuni 1543, 1843, neque tameu improbarunt : imoretineri potuisse fatebantur, ul essel testimonium pressentis Christi 7.
Neque ea de re cum riro doctissimo contendere opusest, postquam ipse constituit ad institutionis rerba eorumque vi fleri conversionem panis in corpus: necimmerito, Non eniin dixit Christus : Hoc erit, sed Hoc est : aut apostoli manducarejussi ut esset Christi corpus, sed quia crut ; cujus dicti simplicitas, si semel infringitur, concident universa Lutheri etLutheranonun argumenta r.toî to'j p/iToû : Zuingliani et Calvinistffi eorumque dux Berengarius vicerint. Utcumque autem rem habeant, sane attestatur pnesentiam Christi ipsa asservatio, quam nemo negaveritin Ecclesia fuisse perpetuam; namque ab ipsa origine domum deportatus, atque ad ab-
. los et œgros delatus, ac diu asservatus sac ir istecibus : attestatur et uTud antiquissimum atque apud Graecos celeberrimum quod vocant prœsanctiûcatorumsacrificium.Nonsolentautem nunc doeli Lutherani improbare eus rilus quos antiquissimos esse constiterit. Neque circumgestalio Christum ex Eucharislia depellat, neque ab USU esuque aliéna est , euni et reservata et circumgeslata hostia comedi jubeantur ; quod sul- (icil ut lola sacramenti ratio impleatur.
leur de cette présence, puisque nous venons d entendre que parla consécration, ci en vertu (les paroles <!e l'institution , le pain est fait le corps de ■i t-Christ. 11 est doue l'ait tel aussitôt que les paroles sont prononcées; et il ne ditrien en cela de particulier, puisque même ce sentiment est autorisé dans Y Apologie par la Messe grecque*, où l'on voit la consécration avec sou effet entièrement distinguée de la manducation.
n'est donc pas sans raisin que notre auteur a parlé dans le même sens, ni qu'il reconnaît Jésus-Christ présent aussitôt après les paroles; puisque le Sauveur n'a pas dit: «■ Ceci sera, » mais « Ceci est, » et qu'il ne commande pas de manger l'Eucharistie , afin qu' « elle lut son « corps, » mais parce qu' « elle l 'était. » Que si une lois ou laisse affaiblir la simplicité de celte parole, ions les arguments de Luther el des luthériens, sur la force de la parole et sur la nécessité de retenir le sens littéral, tomberont par terre : etZwingle, el ŒcoJampade avec Bérenger, leur premier auteur, gagneront leur cause. Aussi ne voyons-nous pas que Luther, qui < ntestait autant qu'il pouvait, ait rien contesté sur cela. 11 n'a ôté l'élévation qu'en 1542 ou 1543, i ans el plus après sa réforme; et loin de l'avoir ôtée comme une chose mauvaise, il déclare encore dans sa petite Confession en l'an 1544 , qu'elle peut être gardée comme un témoignage de lapii de Jésus-Christ. Je passe les témoigna-
ges de l'antiquité, la réserve de l'Eucharistie dès les premiers temps, la coutume de la porter aux absents et aux malades, celle du sacrifice dv<, présanctifiés, ancien et si solennel dans tout l'Orient, pour ne rien dire de plus, el beaucoup d'autres exemples où il parait qu'on nécrosait pas que l'Eucharistie réservée perdit sa vertu, ni la présence de Jésus Christ. On ne voit donc pas pourquoi elle la perdrait, lorsqu'on la porte en cérémonie; puisque même cctle hoslie qu'on porte doit être mangée, selon les lois de l'Eglise, ce qui suffit pour y conserver toute l'essence de ce sacrement.
Articulus V. — De adoratione.
Quid in hoc sanctissimo sacramento adoretur catholica Ecclesia non relinquit obsenruin, ipsa Tridentina synodo prOfitente tn saneto Eucharis- Hœ sacramento Christum unigenitum Dei Filin . esse eultu lutriœ etiam externo adorandum*: quo sensu eadem synodus docet latriœ cultum sacramento exhibendum, eo quod Muni eumdem Deum prœsentem in eo adesse credamus, quem
1 A[iol., Ut. D de vocab. Miss., p. 157, 254. — 2 Vide
Lulh., Para. Cc>>/'., un. 151-1. — -"■ Scîs. 13, car. .
De l'adoration.
Notre auteur a cru voir quelque division entre les Catholiques sur ce qu'ils adorent dans l'Eucharistie, les uns voulant, dit-il, que ce soit l'hostie, et les autres Jésus-Christ présent, à quoi il souhaite que l'on s'accommode. Mais l'accommodement est aisé, et le concile de Trente lui accorde ce qu'il demande, lorsqu'il détermine que l'objet de l'adoration est Jésus-Christ présent, et, ce qui est la même chose, « le sacre-
1 Apol., itid.
Pater introducens in orbem terrarum dicit : Et « ment, en tant qu'il contient ce même Dieu adorent eum omnes angeli *. Quo etiam sensu « dont il est écrit i : » que tous les anges l'a- Lutherus ipse, nequicquam frementibus Zuin- dorent. C'est en ce sens que Luther a nommé le glianis, in ipso vitae exi tu, ne sententiam mutasse sacrement adorable2, jusqu'à la fin de sa vie, videretur, adorabilesacramentum àixit2. afin qu'on ne soupçonne pas qu'il ait changé.
Voilà donc ce qu'on adore parmi nous et non autre chose ; et si quelques-uns ont voulu qu'on adorât les espèces, c'est par accident ; de même qu'en se prosternant devant l'empereur, on se prosternait par accident devant la pourpre qu'il portait.
Articulus Vï. — De sacrificio.
Laudat vir eruditus Cyprianum et Cyrillum, qui vocant Eucharistiam verissimum ac singulare sacrificium, Deo plénum; verendum, et sacrosanctum sacrificium; alios in rem sanctorum Patrum locos, oblationem, imo immolationem arcanam et invisibilem professos a visibili manducatione distinctam. Ipse ultro haud refugit quin admittatur « non modo sacrificium improprie dictum, sed etiam incomprehensibilis quœdam oblatio corporis Chiïsti, semel pro nobis inmortem traditi, atque hoc sensu verum, aut si ita loqui cupias, quodam modo proprie dictum sacrificium. » Neque de proprie dicto dubitat, nisi secundum eam acceptionem qua proprie dictum sacrificium occisionem includit. Atque hœc, si eo modo quo a summo viro dicta sunt proponantur, catholicam doctrinam complectentur, integram; quam sane doctrinam neque Confessio Augustana aut Apologia réfugiant. Id enim vel maxime atque assidue improbant, Missam esse opus quod hommes sanctificet absque bono motu utentis, aut quod actualia peccatadimittat, cum crucis sacrificio originale deletum sit, aut alia ejusmodi, quae ne quidem Catholici somniarint.
Laudat autem Apologia passim 3 liturgiam Grœcam, non modo ejusdem cum Romana sensus ac spiritus, verum etiam iisdem quoad substantialia contextam vocibus.
In utraque enim ubique inculcatur oblatio victimae salutaris, corporis scilicet et sanguinis Domini, ut rei praesentis Deoque exhibitœ, cujus etiam societate procès fidelium consecrentur. Quale sacrificium a Patribus agnitum vir clarissimus demonstravit 4 : neque quis merito refugerit, quin ipsa consecratio etiam a manducatione distincta, prœsensque Christi corpus res sit per se Deo grata et acceptabilis, quod quidem nihil est aliud quam illud ipsum sacrificium ab Ecclesia catholica celebratum ; ut Cœna quidem
13, - ip. :>. — 'Luther., Cont. art. Lovan., art. 28. — 'Cap. :,:aia, p. 1J7; De ooeab. Miss., p. 27 '.. — » Vide p. seq., art. 8.
Du sacrifice.
L'auteur décide en un mot cette question, lorsqu'il déclare qu'on « pourrait peut-être accorder que l'Eucharistie n'est pas seulement un sacrifice commémoratif et improprement appelé tel, mais encore une 'certaine oblation incompréhensible du corps de Jésus-Christ, auquel sens c'est un véritable sacrifice, et même proprement dit d'une certaine manière. » Il n'y a là que le peut-être à ôter, pour nous accorder ce que nous demandons. Car si l'auteur paraît avoir quelque peine d'avouer, sans restriction, que c'est ici un sacrifice proprement dit, il déclare que c'est par rapport à l'acception du mot de sacrifice, selon laquelle il enferme la mort et Voccision effective de la victime. Mais, au reste, qui peut douter que la présence de Jésus-Christ ne soit pas elle-même agréable à Dieu ? que le lui rendre présentde cette sorte, ne soit en effet le lui offrir de cette manière incompréhensible que l'auteur admire ; de sorte que la doctrine de la présence réelle infère naturellementcelle dusacrifice? etsinous considérons tout ce qu'allègue l'auteur pour l'établir, assurément lejjgM^ren'auraplusdelieu, puisqu'il a rapporté huit ou dix passages des Pères les plus anciens, et des Eglises entières, où le sacrifice de l'Eucharistie est appelé « un trèsvéritable et singulier sacrifice : une immolation invisible du corps de Jésus-Christ, qui en devait précéder la manducation extérieure et sensible; une oblation qui a succédé à toutes celles de l'ancienne alliance, où la vérité de l'oblation subsiste dans son entier, n'y ayant que la forme qui en soit changée ; » et le reste, qu'on peut voir dans son savant écrit. Il conclut donc que « si les protestants veulent parler comme les Pères> il n'y aura plus rien ici qui nous arrête. » En effet, la force de la vérité a obligé l'Apologie à louer en plusieurs endroits la liturgie ou la Messe grecque, conçue dans le même esprit aussi bien que dans les mêmes termes que la latine ; puisque partout on ne cesse d'y inculquer l'oblation