AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS
Variations. Burnet, esprit souple et sceptique, Pourquoi ne le mit-il pas au jour ? La matière devenu, grâce à d'indignes intrigues, évêque dont il traite, l'auteur qu'il réfute, le temps luianglican de Salisbury, avait publié une Histoire même où il écrivait, tout semble avoir dû l'y de la Réformation d'Angleterre ; Bossuet n'avait engager. Faut-il ranger ce travail au nombre de pas voulu puiser à d'autres sources les témoi- ces compositions que le cardinal de Bausset gnages sous lesquels il accable la Réforme angli- signale à la fin des Pièces justificatives du Livre cane. De là les emportements du Réformé. Mais troisième ? Nous serions assez portés à le croire, que pouvaient les injures, le sarcasme, la colère, Quoi qu'il en soit, nous l'insérons ici détaché de contre les faits allégués, et comment aurait-il pu toute autre pièce, puisque Bossuet lui-même ne les contredire, ajoutait Bossuet, puisqu'ils sont pris songea pas à le rattachera une autre, et que, de lui-même ? Basnage, réfugié en Hollande, se d'ailleurs, le sujet comme l'époque de lacompoprésentait au combat sous de meilleures appa- sition lui marquent ici sa place naturelle, rences. Les Religionnaires portaient aux nues
son Histoire de la religion des églises réformées, m. Réfutation du Catéchisme du sieur Paul
dans laquelle on voit la succession de leur église, la Ferry. — C'est le .premier ouvrage publié par
perpétuité de leur foi depuis le huitième siècle, l'éta- Bossuet, le premier essai de sa vigoureuse jeu-
blissement de la Réformation, et la persévérance nesse, le prélude du grand controversiste. Choqué
dans les mêmes dogmes jusqu'à présent, avec une et attristé du bruit qui se faisait dans le camp
histoire de l'origine et des principales erreurs de ennemi à l'occasion du Catéchisme général de la
l'Eglise romaine, pour servir de réponse à l'Histoire Réformalion de la religion, publié à Sedan en 1654,
des Variations des églises protestantes de M. de le jeune archidiacre de Metz, déjà mûri, à l'âge
Meaux. (Rotterdam, 1690, 2 vol. m-8.) — La de vingt-sept ans, par de grandes et persévérantes
réponse ne répondait à rien : elle aggravait les études, et dans la force de ce génie qui l'éleva si
torts reprochés ; et, aux erreurs historiques et haut, fit paraître, dès 1655, la Réfutation du sieur
dogmatiques déjà relevées dans l'Histoire des Paul Ferry , ministre de la religion prétendue
Variations, elle en ajoutait de nouvelles. réformée, contre les audaces et avec les armes
La Défense fit prompte justice des mensonges qu'employait l'outrecuidante témérité de Ferry, et de l'audace des plaignants. Elle démontra Bossuet démontre premièrement qu'on peut se comment Burnet a vainement et gauchement sauver dans TEglise catholique, secondement essayé de voiler aux yeux du public les crimes qu'on ne le peut pas dans l'église prétendue de la Réforme , comment Basnage avait fait réformée. Le jeune diacre obtint le triomphe d'inutiles efforts pour les excuser ou les justifier, qu'il souhaitait le plus, le retour au sein du vrai La démonstration porta un coup sous lequel le bercail d'une multitude égarée par les faux pas- Protestantisme reste à jamais accablé. Les plus teurs, plusieurs même d'entre ceux-ci revinrent grossières injures n'étaient point ménagées non sincèrement à l'Eglise. Ils avaient entendu le plus au grand évêque par les furieux ministres ; touchant appel du sincère et éloquent défenseur les lecteurs de la Défense verront avec quelle de la vérité. Je conjure nos adversaires, avait dit noble attitude Bossuet reçut et refoula leurs Bossuet, de lire cet ouvrage en esprit de paix. La honteux emportements. lecture leur fera connaître que je parle contre leur
doctrine sans aucune aigreur contre leurs personnes ;
II. Eclaircissement sur le Reproche d'idolâtrie, et que, outre la nature qui nous est commune, je
— Ici encore il y aurait lieu à discuter quelle sais encore honorer en eux le baptême de Jésus-
place plus convenable on pourrait assigner à cet Christ, que les erreurs n'ont pas encore effacé.
Eclaircissement ou Avertissement. Bossuet ne le L'ouvrage était dédié au maréchal de Schom-
publia point, nous en devons la connaissance à berg, alors gouverneur à Metz. La religion et la
l'abbé Le Roi. Il l'avait reçu en manuscrit des piété sincère du maréchal, comme sa bienveil-.
mains de l'évêque de Troyes, lequel n'avait pas lance affectueuse pour Bossuet, expliquent un
même su le conserver dans son intégrité. Le Roi acte d'ailleurs si conforme aux habitudes du
l'inséra tel quel dans le m8 volume des Œuvres temps. posthumes, éditées en 1743. Il est évident, au
reste, par les premières observations de Bossuet IV. Conférence avec M. Claude. — U Avertis-
lui-même, que cet écrit fut composé en 4689. sèment donné par Bossuet avant la Relation de la
\\l lilKM \ll\l DES ÉDITE1 EIS m
i nférenee avec M. Clemdt, noUs dispense de tout J'entends dire la môme chose aux autres évô-
déUil historique. Nous n'essaierons pas non plus ques; mais pour vous, mes frères, je ne vous
d'analyser La oonférence elle-même, dans la dis rien que tous ne disiez tous aussi bien que
n. mite de lui i-nl<*\ i-r tout oe qu'elle i 'l'ai- moi, V'iii-. fttes revenus paisiblement à non-,
trayant. Le lecteur sérieux n'a pas besoin d'une tous le saves. ■ Un trait entre mille peindra
vue anticipée et étrangère pour saisir i e qui &sl l'état des esprits panai le peuple protestant de
admirablement lucide en soi et si naturellement oc temps-là.
entraînant. Il ne noua parait même pas née «Le 15 décembre 1685] les Cafets — c'est
taire de le prévenir, dans la comparaison qu'il ainsi qu'on appelait les vignerons, habitants du
aimerait a l'aire de la Confirmée actuelle avec la faubourg de Saint-Nicolas de Meaux, — furent
Réfutation précédente, du progrès qu'il lui sera trouver .M. de Meaux en son palais épiscopal, si aisé de remarquer dans Le style, dans les pour faire abjuration entre ses mains. En se préformes do la pensée, dans toute La manière du sentant à lui, ils le saluèrent et lui dirent : Je ne grand écrivain. Vingt-sept ans l'étaient écoulés doutons /iht,< et tommes convaincue qu'il faut être dans l'intervalle. cathotigueset mms convertir entre vus moine. Mais, Bossuel ne destinait pas son travail à la publi- Monseigneur, />■ ne voulons pat obéir au Pape, On cité. Pour répondre à de nombreuses demandes, se doute bien que Bossuet ne perdit pas son il avait écrit la relatant de su conférence "en- temps à raisonner avec ces puissants théologiens. .)/. Claude, ainsi que ses instructions pour Mlle de 11 se borna à leur répondre: Qu*appelex*vous
Duras. Il s'en lil plusieurs copies plus ou moins oia.iu \i Paw ' /• Rùt lui obéit bien, et moi je lui
fidèles, le ministre Claude en eut une entre les obéis. Il n'en fallut pas davantage pour achever
mains ; de là la tentation de raconter a son tour de les convaincre. Ainsi ils firent leur abjuration
et à sa guise la fameuse conférence, bien entendu, et La signèrent '.
la défaite, sous h plume, se changeait en Tic- Les convertis se comptaient par milliers : il
toire : questions et réponses étaient dénaturées, était essentiel de tortiller et d'encourager la foi
Bossuet devenait faible et vague, Claude posait des nouveaux venus à l'Eglise. Tl 1 I St le but du
en oracle: le tout dans an ityle fastidieux, grand évêque dans eee Instructions pastoral
Bossuet n'y tint plus : L'intérêt de la religion lui Dans fa première, sur tes promesses de l'Eglise,
commandait d'ailleurs de mettre un terme aux Bossuet, après avoir établi L'institution divine de
falsifications , en donnant au public la vraie l fidèles de Jésus-Christ, en démon-
relatùm île la conférence. Il la lit suivre d'une Ire les conditions ou privilèges essentiels, l'au-
réponse SUS fausses allégations de Claude, sous torité infaillible d'enseignement et de direction
le titre de Réflexions sur un écrit de M . Claude. qu'elle possède, son indestructible vitalité. ln-
L'ouvrage complet, Relation et Réflexions, faillibilité et perpétuité sur la terre, gloire aaau-
parut chez Sébastien Marbre-Cramoisy, en lbS2, rée dans le ciel, telles sont les promesses de
1 vol. in-12, réédité en 1686, DS-Christ a ses fidèles. L'hérésie n'a rien et
ne peut rien avoir de tout cela. A quel titre y
V. Instructions PAjrroau is n l i.i - 1 iomessbi M pourrait-elle prétendre, elle qui s'est faite ellel*E(;lise. — Nous rangeons sous ce titre trois ad- même, qui est en révolte avec l'institution dimirables instructions adressées par l'évèque de fine? Après cela il est facile à Bossuet de répon- MeauX aux nouveaux convertis du Protestan- die aux misérables chicanes faites par les protisme. La révocation de l'édit de Nantes, quel- testants sur les décisions de l'Eglise, l'autorité que jugement qu'on en ait porté à notre époque, des pasteurs, l'usage de l'Ecriture sainte, l'émeut incontestablement, en son temps, l'avantage ploi du latin dans la liturgie et autres pauvretés de ramener spontanément à l'Eglise une multi- de ce genre. Mais le lecteur remarquera avec tude égarée, retenue dans les liens de la Hé- quels égards et quelle tendre charité le grand forme uniquement par des considérations hu- évéque expose aux égarés leur erreur, et commaines, qui s'évanouirent sous le coup de la Hé- bien il désire que les fidèles, par la douceur de vocation. Bossuet put écrire publiquement aux leurs manières et le bon exemple de leur connouveaux convertis , sans aucune crainte de duite, travaillent au retour de leurs frères erdémenti : « Loin d'avoir souffert des tourments, rants. vous n'en avez pas seulement entendu parler. i Mémoires un. de Ledieu.
,v AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS.
L'Instruction pastorale sur les promesses de l'E- ils cherchent et veulent réellement la vérité
y lise, pour montrer aux Réunis par l'expresse parole chrétienne, qu'ils lisent donc ces Instructions de
de Dieu que le même principe qui nous fait chrétiens Bossuet, et qu'ils nous disent quels doutes peu-
nous doit aussi faire catholiques, parut le 30 avril vent encore leur rester! Mais, que de catholi-
1700, dans le format in-1 2, chez Anisson. ques gagneraient aussi à venir s'éclairer à ces
L'année suivante, chez le même imprimeur et lumineux foyers, et à combien une si instructive dans le même format, Bossuet publiait une se- et sérieuse lecture servirait de sauvegarge contre conde Instruction pastorale sur les promesses de les mille erreurs aujourd'hui si répandues en Jésus-Christ à son Eylise : c'était une Réponse cette matière ! le théologien, le prédicateur de aux objections d'un ministre contre la première lus- la foi, ne saurait non plus estimer assez haut truction. Le ministre était Basnage : lui et les l'avantage de revenir de temps à autres à des siens étaient consternés à la vue des retours OEuvres, dont on invoque peut-être quelquefois nombreux de leurs adeptes au catholicisme : ils la grande autorité, qu'un petit nombre s'appliétaient particulièrement émus de l'effet produit que réellement à lire et à méditer, dans la secte par les Instructions pastorales pu- La troisième Lettre pastorale aux nouveaux bliées alors par quelques évoques de France, par convertis, pour les exhorter à faire leurpâques et celle de Bossuet notamment. Pour parer le coup leur donner les avertissements nécessaires contre les ou en arrêter un plus long retentissement, Bas- fausses lettres pastorales des ministres, parut le dinage publia, dès 1701, à Rotterdam, en 3 vol. manche 24 mars 1686. Elle est datée de Claye, in-8°, un long et sophistique ouvrage intitulé : éditée in-4° chez Marbre-Cramoisy, qui la réé- Traité des proyrès faux et léyitimes, ou Réponse aux dita la même année dans le même format. lettres ou instructions pastorales de quatre prélats : Les fausses lettres pastorales des ministres réfu- MM. de yoailles, cardinal- archevêque de Paris; giés en Hollande, aux protestants de France qui Colbert, archevêque de Rouen; Bossuet, évêque de sont tombés par la force des tourments: A nos Meaux ; et Xesmond, évêque de Montauban ; divisé frères qui gémissent sous la captivité de Babylone en (7'ois tomes : à Delft, chez Adrien Béman, m. dcci. et autres de ce style, engagèrent Bossuet, à l'oc- La célébrité de l'auteur augmentait pour la mul- casion du saint temps de Carême, époque d'institude ignorante le danger que porte toujours truction religieuse, à adresser une fois de plus avec elle une erreur agréable aux passions hu- aux nouveaux convertis une exhortation et des maines. Bossuet était d'ailleurs principalement enseignements propres à les fortifier dans leur attaqué par Basnage ' : L'évêque de Meaux re- croyance nouvelle, et à les tenir en garde contre prit donc la plume et donna au public la seconde les préj ugés et les erreurs de leur première édu- Instruction pastorale sur les promesses de Jésus-Christ cation. L'évêque de Meaux prit donc occasion " son Eylise, ou Réponse aux objections d'un minis- de là pour insister particulièrement sur la légitime contre la première Instruction. L'objection ca- mité de l'enseignement, mais surtout de la sucpitale du ministre consistait à dire, qui le croi- cession des pasteurs dans l'Eglise : ce qui lui perrait, que Jésus-Christ n'a pas pu, en six lignes, met de relever, en passant, les erreurs accumugarantir à l'Eglise les promesse que les catholi- lées dans les pamphlets des sectaires, d'exposer ques disent lui avoir été faites? (Matth., xxxni, la doctrine constante de nos pères dans la foi, 20.) Bossuet montre aisément le ridicule de l'ob- de dévoiler les honteuses origines du Protestanjection ; mais, partant de là pour mettre de plus tisme. Quant à lui, pasteur légitime, il ira de sa en plus en lumière la foi chrétienne relativement personne, de paroisse en paroisse, donner à ses à l'institution de l'Eglise, il dévoile, chemin fai- nouvelles ouailles le pain de la parole, la vraie sant, les déplorables conséquences où vient abou- connaissance de Jésus-Christ, de ses sacrements tir la doctrine protestante. Dans une seconde et du salut garanti à qui sert fidèlement et à qui partie de l'instruction il répond, sous le titre de aime véritablement le Sauveur. Remarques, à quelques difficultés, tirées de l'histoire ecclésiastique, dont le ministre de Rotter- VI. Traité de la communion sous les deux dam faisait un étrange abus. S'il est des proies- espèces. — On sait avec quelle fureur, peu protants de bonne foi, si dans la sincérité de l'âme pre en vérité à témoigner de leur religion, les
ce.t à v«*e,tds«inéieiivreTY*u tome n, comme iindiqne Cliques Hussites réclamèrent l'usage de la
ici Bossuet. coupe. Le protestantisme, héritier naturel de
A M 5RTISSI Ml M DES ÉDITEI i;s v
tOQS les caprices des. hérésies anciennes, ne te- naturellement prévenu et entêté, s'enveloppe de i il pourtant pas tellement, au débat à la même ténèbres au sein de la lumière : il es( aveugle là fantaisie. Luther, fondateur de la secte, s'en où les autres voient clair. Deux ministres du saint moquait sans aucun scrupule. Calvin, plus sour- Evangile avaient essayé, des 1083, de réfuter 1-e nois et plus politique, devina bien vile au con- Traité delà communion sous le» deux espèces. «J'atraire tout le parti que la tarbulente Réforme vouerai», disait Bossuet, • que ces Réponses sont pourrait tirer, auprès de l'aveugle multitude, toutes deux de bonne main, toute» deux viveat toute» d'une réclamation en apparence Si fondée dans deux gavante» ». Que leur manquerait-il donc? les sentiments de la piété chrétienne, en réalité Bêlas ! ce qui éternellement manquera à des secfort grotesque de la part de qui ne croyait nulle- tairas : le désintéressement, l'amour pur du vrai. ment à la présente réelle. Jurieu, on l'imagine Au reste, cette fois encore, l'entêtement de l'ersans peine, ne s'était pas lait faute d'agiter la reur a servi à un plus grand éclat de la vérité. La redoutable machine. En 1681, il ressassait a. sa réplique de Bossuet OOUS B valu le traité le plus manière, dans un écrit sur l' eucharistie , les complet, le plus achevé qu'on puisse lire sur la vieilles diatribes de la secte contre les impiétés matière. Malheureusement il ne le publia pas et les cruautés lyranniques de l'Eglise romaine, lui-même. Est-ce parce qu'il ne lui avait pas cruelle et impie au point de priver de la coupe donné la dernière main ? Une chose est certaine : la masse des lidèlcs. Fallait-il répondre à de la troisième partie manque. Dan» cette troisième telles accusations? Mais tous les griefs du pro- partie, éciit-il dans ['Avertissement préliminaire, testantisme ressemblent à celui-ci. Puisque, en- en recueillant en peu de paroles tous les discours tre Bossuet et les tenants de la secte, le combat précédent», je ferai voir que notre doctrine, nonétait engagé, pourquoi ne paa le soutenir sur »eulement »ur la communion d'une seule eepece, mai» toute la ligne? D'ailleurs, plus l'objection est encore tur toute la matière de l'Eucharistie, e»t m absurde, plus u'a-t-elle pas de prise sur la mul- contestable, et notre tradition parfaitement contitude abusée? N'était ce pas en outre ici une forme à C Ecriture. Or, la rédaction de VAvertis- OCCasion opportune d'exposer la conduite de sèment est telle qu'il paraît assez difficile de la l'Eglise dans ses règlements disciplinaires, et supposer antérieure à l'achèvement complet de d'en constater sur un point essentiel l'antique et tout l'ouvrage. Il faudra donc ici encore déploperpétuelle croyance ? C'est ce que pensait Bos- rer la nonchalante incurie du triste neveu, si suet, et c'est ce qu'il a fait dans son admirable affairé en toute autre besogne qu'aux vrais inté- Traité de la communion sous les deux espèces, dont rôts de la religion, et cependant remercier l'abbé nous n'avons nullement besoin de donner une Le Hoi d'avoir sauvé du grand naufrage de si analyse préalable. Dès les premiers mots l'au- précieuses épaves, publiées dans le troisième voleur expose lui-même, simplement et claire- lume des Œuvres posthumes, en 1743. ment, l'état de la question et la marche qu'il La Tradition di.iimui: sdb iv matière de la entend suivre dans toute cette intéressante dis- OOIIMUMIOM sous utŒ SSPftCK, restera, malgré ce cussion. Le lecteur désireux de connaître la pra- qui lui manque, comme un des plus grands motique de l'Eglise relativement à la communion miment de l'érudition de Bossuet, de sa puissous les deux espèces, et les principes sur lesquels sanle dialectique, de son ferme esprit, de son elle est appuyée, ne saurait recourir à un traité zèle pour la vraie foi. ou plus clair ou plus substantiel, ou plus agréablement instructif. VIII. L'Explication de quelques difficutés sur
Bossuet le publiait, en 1002, chez. Marbre-Cra- les trièiies de la messe, '« un nouveau catholique, moisy, en 1 vol. in-I2 ; il en donnait une seconde éditée pour la première fois en 1089, chez Marbreédition corrigée, d'un même format et chez le Cramoisy, en un petit volume in-12, reparut dans môme éditeur, en 1080. le même format et chez le même éditeur, en
1091, sous le titre abrégé de: Explication des
VII. La matière semblait épuisée. Elle l'était prières de la Messe. Toutes les éditions posté-
en effet, à s'en tenir au point capital de la doc- rieures conservent avec raison le premier titre, trine et aux grandes lignes d'une démonstration L'ouvrage s'adresse en effet à un nouveau con-
historique, telle qu'auraient pu la souhaiter des verti du Protestantisme. Le pieux néophyte ,
esprits calmes et sincères. Mais l'esppit de secte, comme il arrive trop fréquemment à qui fut
vi AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS.
lonptemps et dès le premier âge sous l'influence Ce qui ne mourra point, pas plus que la vé-
malsaine de l'erreur, était obsédé, en réfléchis- rite dont elle est une claire exposition, c'est la
sant aux prières de la Messe, de difficultés et d'ob- lettre de Bossuet, monument de sa doctrine, de
jections sans cesse renaissantes. Il exposa à Bos- sa foi, de son zèle ; utile enseignement à qui veut
suet son anxiété, le bonheur qu'il éprouverait à connaître une sainte pratique de la véritable
se sentir déchargé d'un malaise aussi pénible Eglise de Jésus-Christ, que persévérant.
L'évèque de Meaux se rendit à sa demande : X. Projet de réunion, ou Recueil de Dissertace qui nous a valu, sur le saint sacrifice de la tions et de Lettres relatives à la réunion des promesse, un admirable traité dogmatique, d'aileurs testants d' Allemagne à V Eglise catholique.' — L'abbé tout empreint d'une suave onction. Les simples Le Roi publiait sous ce titre, en 1743, dans le fidèles ou prédicateurs de la foi trouveront diffi- premier volume des Œuvres posthumes, tout ce cilement de meilleures pages sur une matière que le portefeuille livré par l'évèque de Troyes qu'il n'est point permis à un chrétien de ne pas conservait encore de la correspondance de Bosconnaître à fond. suet sur la grande affaire d'une réunion, un instant projetée, des Luthériens d'Allemagne à l'E- . IX. La Lettre sur l'Adoration de la. Croix, glise romaine. Le cardinal de Bausset donne tous datée de Versailles, le 17 mars 1691, n'était point les détails nécessaires pour l'intelligence des nédestinée par Bossuet à la publicité. Ceux entre gociations entreprises alors, et de l'intervention les mains de qui cette lettre est tombée ne la donnent de l'évèque de Meaux, si activement mêlée au au public, disait l'Avertissement des éditeurs, que projet. Le lecteur les trouvera au livre douzième parce qu'ils sont persuadés que bien des 'nouveaux de la vie de Bossuet l.
convertis ne peuvent s'accoutumer à l'adoration de Nous n'avons donc pas à refaire l'histoire d'une
la Croix, faute de savoir ce que signifie cette ado- tentative à peine essayée et soutenue, si pleine
ration. Cette lettre, qui a été écrite par un prélat d'ailleurs d'obstacles de tout genre, et du reste
religieux et savant, l'explique d'une manière admi- bientôt évanouie. La politique, qui devait en fa-
rable ; et tous ceux qui la verront n'auront plus de ciliter la réussite, fut précisément, on pouvait
la peine à se prosterner devant le signe de notre Ré- s'y attendre, recueil où vinrent se perdre les plus
demption. Les éditeurs la publiaient en 1692, généreuses espérances. Molanus, ou, comme di-
sans nom d'auteur, et à son insu, paraît-il. La senties Allemands, Von Der Muelen, abbé luthé-
postérité leur sait gré de leur indiscrétion, et elle rien de Lokkum, apporta dans la controverse et
partage leur opinion sur l'utilité et sur le mérite dans toute la poursuite du projet un véritable et
d'une lettre dont le succès, pour ne point être sincère désir de réconciliation. Leibnitz, de son
allé à son adresse, n'en a pas moins été incon- côté, agent politique de la maison de Hanovre,
testable auprès des lecteurs sérieux et sincères, déploya toutes les ruses de son esprit mis au
Bossuet l'adressait à un gentilhomme français, service de l'ambition de son maître, et démontra revenu de Hollande et du Protestantisme qu'il une fois de plus comment la cupidité humaine avait soutenu les armes à la main dans les camps est ennemie de toute religion sincère. Quant à du prince d'Orange. Doué d'une imagination et Bossuet, toujours égal à lui-même, ferme et préd'un cœur ardents , et , comme il advient aux cis dans la doctrine, loyal jusqu'à la condescenhommes de cette trempe, dépourvu de sens pra- dance en tout ce qui pouvait rapprocher les estique, le bouillant chevalier était passé d'emblée prits, il n'omit rien pour aboutir à un pacte de à la Trappe, auprès de M. de Rancé, et y rêvait réconciliation, si tant est qu'une réconciliation du martyre et de je ne sais encore quelles autres en masse et en matière de religion puisse jamais merveilleuses façons d'aller au plus haut des être amenée autrement que par des coups imcieux, quand il proposa tout simplement à Bos- imprévus et éclatants d'une intervention divine, suet ses doutes sur l'Adoration de la Croix. L'il- Le Recueil est essentiellement composé de luminé quitta ensuite la Trappe, la France, le deux parties bien distinctes : la première partie catholicisme ; et, venu à Genève, — dénoûment reproduit toute la marche suivie par les entreordinaire de toute comédie, — en guise de mar- metteurs de la conciliation. On y détermine tyre et en bon protestant, prit une femme, se fit quels articles de foi les Luthériens consentiraient, maître d'école et mourut. ■ v. ie tome i.
\\\ RTISSEMENT DES ÉDITEURS. vu
tontes explications données, à reconnaître et à missaires sont nommés par la Faculté pour faire
professer; à quels règlements disciplinaires ils un rapport sur l'œuvre incriminée. Mais déjà les
puniraient s'assujétir : d'autre part, ce que l'E- Bénédictins de Saint-Vannes publiaient des
glise catholique accordera, et ce qu'elle ne pour- oàtervation» critique» fort justes, que l'abbé Dupin
rail consentir jamais à abandonner. Le lecteur se hâtait de réfuter en aggravant, bien entendu,
ne doit pas oublier qu'en toute cette affaire tous ses torts. D'ailleurs, les commissaires nom-
ise catholique n'agissait pas officiellement : mes portaient aux nues la science, l'érudition,
c'était une .tentative plus ou moins généreuse et les mérites de Dupin, dont ils consentaient,
autorisée de quelques particuliers, rien de plus, malgré cela, a reconnaître certaines fautes.
La seconde partie se compose entièrement de la Bossuet comprit qu'il était temps d'agir effica-
correspondauce entre Bossuet et Leibnits, deux cernent. Il adresse en conséquence un mémoire
hommes dignes de lutter ensemble ; mais, dans au chancelier Moucherai, alin d'obtenir lcredres-
la lutte engagée, quelle différence, grand Dieu 1 sèment des erreurs a d'autant plut nécessaire de
et combien le génie de l'évoque catholique s'é- réprimer », disait-il, « que les hérétiques com-
tève au-dessus du philosophe courtisan, dont mentaient à s'en prévaloir ». L'intervention du
l'habile souplesse se manifeste dans un éclat OÙ chancelier fut ellicace, et M. de llarlay, arehe-
ne brillent ni l'honneur, ni la conscience. [ue de Pans, y poussant; un arrêt du Parlement prohibait la vente de la Vouvelle Biblio-
XI. MiMomss m EtsiuBQuxs bob lis team di thèque éditée par Dupin, lequel, dans sa nouvelle
M. Dupin. — Les accointances d'Ellies Dupin édition, prétendait corriger les erreurs signalées
avec certain évoque anglican , et les erreurs par Bossuet. La correction était faible, le venin
relevées par Bossuet dans l'œuvre principale de subsistait. Un point surtout indignait Bossuet,
ce docteur de Sorbonne, nous autorisent à placer c'était la manière dont était racontée l'histoire
ici les Mémoires et Remarque» but le» écrite de des conciles d'Ephèse et de Ghalcédoine ; de là
M. Dupin. Le jeune abbé, dans sa Bibliothèque sis Remarque»,
des auteurs ecclésiastiques, ne s'écartait guère de l'« ml. m. encore uni d'amitié avec Hossuet lui
la manière d'un bon théologien anglican : l'his- écrivait sur toute cette affaire : J'ai été ravi de
toire secrète de sa vie raconte d'ailleurs que sa voir la vigueur du vieux docteur et dn vieux évéque.
conduite était, en un point capital, conforme Je m^imaginai» vou» voir en calotte à oreille y tenant
tout a fait aux habitudes de l'église anglicane ; il M. Dupm connue un ait/le tient dan» ses terre» un
était marié, non pas cependant dans la forme du faibli . (L élire du ,'f mars 1692.) L'Aigle de
concile de Trente. Quoi qu'il en soit de l'anec- de M eaux déchirait en effet de ses puissantes
dote, Bossuet, justement choqué des doctrines serres la trame hérétique du faible, mais dange-
émises par le jeune abbé dans les premiers reux novateur.
volumes de sa Bibliothèque^ avait saisi l'occasion Le Mémoire et les Remarque» parurent, grâce à
d'une assemblée solennelle de la Sorbonne pour l'abbé Le Roi , dans le premier volume des
s'en expliquer publiquement. Là-dessus des com- Œuvres posthumes, en 1743.
IIKUXIK.MK l'Ait IIE