PROTESTANTISME
CONTRE LA REI'OXSE I»K M. i:\S.\AGE, MIXRTRK DE ROTTERDAM.
PREMIER DISCOURS ». antres devoirs ; mais la matière où nous a con-
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AUX PRÉTENDUS RÉFORMI s '' ,IV éPuiaée l',,,ul;ml 'I11'0» est en train de la
traiter. Vous avez vu, mes chers Frères, dans cet Mrs cbeas ratais, Avertissement, snr un sujet si essentiel, les ex- Un nouveau personnage va paraître}; on est eus du ministre Jurieu : ceux du ministre Raslas de M. Jurien et de ses discours emportés; nage ne vous paraîtront ni moins visibles, ni la réponse que M. Burnet avait annoncée en ces moins odieux ; et puisque sa réponse parait pistermes , Dure réponse (/non prépare à If. de tement dans le temps qu'une si grande matière Meaux 2, est venue avec toutes les duretés qu'il nous occupe, nous la traiterons La première, nous a promises; et, s'il ne faut que des mal- Voici comme ce ministre commence: «La honnêtetés [unir le satisfaire, il a sujet d'être guerre n'a rien de commun avec l'Histoire des content : M. liasnage a bien répondu à son at- Variations', mais il plait à M. de Meaux de Iroutenle. Mais savoir si sa réponse est solide et ses ver qu'elle est visiblement de son sujet1. ■ M. Juraisons soulenables, cet essai le fera connaître, rien en a dit autant : ces messieurs voudraient Nous reviendrons , s'il le faut , à M. Jurieu : les bien qu'on crut que Ce prélat, embarrasse à trouécrits où l'on m'avertit qu'il répand sur moi ver des variations dans leur doctrine, se jette tout ce qu'il a de venin, ne sont pas encore ve- sans cesse à l'écart et ne songe qu'à grossir son nus à ma connaissance; je les attends avec joie, livre de matières qui ne sont pus de son sujet : non-seulement parce que les injures et les ca- mais ils ne font qu'amuser le monde. La soulomnies sont des couronnes à un Chrétien et à mission due au prince ou au magistrat est cons un Evoque, mais encore comme un témoignage taniiuenl une matière de religion , que les prode la faiblesse de sa cause. Quand j'aurai vu ces testants ont traitée dans leurs Confessions de foi, discours, je dirai ce qu'il conviendra, non pour et qu'ils se vantent d'avoir éclaircie. Si, au lieu ma défense, car ce n'est pas de quoi |il s'agit, de l'éelaircir , ils l'ont obscurcie; si, contre Paumais pour celle de la vérité, si on lui suppose torité des Ecritures, ils ont entrepris la guerre quelque objection qui soit digne d'une réplique : contre leur prince et leur patrie, et qu'ils l'aient en attendant, commençons à parler à M. Ras- fait par maxime, par principe de religion, par nage, qui vient avec un air plus sérieux ; nous décision expresse de leurs synodes, comme l'Hispourrons le suivre pas à pas dans la suite, avec taire des Variations l'a fait voir plus clair que le toute la promptitude que nous permettront nos jour, qui peut dire que celte matière n'appartienne pas à la religion, et que varier sur ce su-
' L i ion de l'auteur était de joindre une seconda partie, puis- -^ CQmnm Qn |eur démontre Oïl'ils Ont fait non
que ce . que nous avons, porte le litre de premier Discours; mais JCl> ^u"u,le UU 1CU1 UeWOilUe qu JkSOIHldll, «un
ce seco id discours n'a jamais paru {Edil. de VersuiUes.). — 2 Burn.
Crit. <ics Var., p. 32, n. 11. l Tom. i, part. 2, cli. 6, p. 49L
B. ÏOM. IV. 1
pas en particulier, mais en corps d'Eglise, ce ne soil pas varier dans la doctrine? Voilà donc, dès le premier mot, M. Basnage convaincu de vouloir faire illusion à son lecteur. Poursuivons. Ce ministre se jette d'abord sur la récrimination, et il objecte à l'Eglise qu'elle persécute les hérétiques. Il suffirait de dire que ce reproche est hors de propos ; c'est autre chose que les souverains puissent punir leurs sujets hérétiques, selon l'exigence du cas; autre chose que les sujets aient droit de prendre les armes contre leurs souverains, sous prétexte de religion : cette dernière question est celle que nous traitons, et l'autre n'appartient pas à notre sujet. Voilà comme M. Basnage, qui m'accuse de me jeter sur des questions écartées, fait lui-même ce qu'il me reproche. Mais enfin, puisqu'il veut parler contre le droit qu'ont les princes de punir leurs sujets hérétiques : écoutons.
11 j a ici mi endroit fâcheux à la réforme qui se présente toujours à la mémoire , lorsque ces messieurs nous reprochent la persécution des hérétiques : c'est l'exemple de Servet et des autres, que Calvin fit bannir et brûler par la république de Genève, avec l'approbation expresse de tout le parti, comme on peut le voir sans aller loin dans Y Histoire des Variations l. La réponse de M. Basnage est surprenante : « On ne peut, dit-il 2, reprocher à Calvin que la mort d'un seul homme, qui ,était un impie blasphémateur, et au lieu de le justifier, on avoue que c'était là mi reste de papisme. » Il est vrai : c'est là un bon mot de M. Jurieu, et une invention admirable d'attribuer au papisme tout ce qu'on voudra blâmer dans Calvin. Car cet hérésiarque était si plein de complaisance pour la Papauté, qu'à quelque prix que ce fût, il en voulait tenir quelque chose : quoi qu'il en soit, M. Basnage, qui peut-être n'a pas toujours pour M. Jurieu toute la complaisance possible , a pris de lui ce bon mot. Mais vous n'y pensez pas, AI. Basnage : permettez-moi de vous adresser la parole : Servet est un impie blasphémateur : ce sont vos propres paroles ; et néanmoins , selon vous, c'est un reste du papisme de le punir ; c'est donc un des fruits de la réforme, de laisser l'impiété et le blasphème impunis; de désarmer le magistrat contre les blasphémateurs et les impies : on peut blasphémer sans craindre, à l'exemple de Servet ; nier la divinité de Jésus- Christ avec la simplicité et la pureté infinie de l'Etre divin, et préférer la doctrine des mahométans à celle des Chrétiens. Mais écoutons tout de suite le discours de notre ministre, et la belle idée qu'il nous domie delaréforme: aOnnepeut
1 Var., li . x. — J Tùfu. i, part. 2.
accuser Calvin que de la mort de Servet, qui était un impie blasphémateur, et au lieu de justifier cette action de Calvin, on avoue que c'était là un reste de papisme : l'hérétique n'a pas besoin d'édits pour vivre en repos dans les Etats réformés ; et si on lui en a donné quelques-uns, il n'est point troublé par la crainte de les voir abolis : on est tranquille quand on vit sous la domination des protestants1. » Après cette pompeuse description, où M. Basnage prend le ton dont on célèbre l'âge d'or, il ne reste plus qu'à s'écrier : Heureuse contrée, où l'hérétique est en repos aussi bien que l'orthodoxe, où l'on conserve les vipères comme les colombes et les animaux innocents, où ceux qui composent les poisons, jouissent de la même tranquillité que ceux qui préparent les remèdes ! qui n'admirerait la clémence de ces Etats réformés? On disait dans l'ancienne loi : Chasse le blasphémateur du camp, et que tout Israël l'accable à coups de pierres 2. Nabuchodonosor est loué pour avoir prononcé dans un édit solennel : Que toute langue qui blasphémera contre le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, périsse, et que la maison des blasphémateurs soit renversée5. Mais c'était là des ordonnances de l'ancienne loi, et l'Eglise romaine les a trop grossièrement transportées à la nouvelle : où la Réforme domine, l'hérétique n'a rien à craindre, fût-il aussi impie qu'un Servet, et aussi grand blasphémateur. Jésus-Christ a retranché de la puissance publique la partie de cette puissance qui faisait craindre aux blasphémateurs la peine de leur impiété ; ou si on perce la langue à ceux qui blasphémeront par emportement, on se gardera bien de toucher à ceux qui le feront par maximes et par dogme ; ils n'ont besoin d'aucun édit pour être en sûreté ; et si par force, ou par politique , ou par quelque autre considération, on leur en accorde quelques-uns, ce seront les seuls qu'on tiendra pour irrévocables, et sur lesquels la puissance des princes qui les auront faits ne pourra rien. Que le blasphème est privilégié 1 Que l'impiété est heureuse !
Voilà sérieusement où en viennent les fins réformés ; ils prononcent sans restriction que le prince n'a aucun droit sur les consciences, et ne peut faire des lois pénales sur la religion. Ce n'est rien de l'exhorter à la clémence ; on le flatte, si on ne lui dit que Dieu lui a entièrement lié les mains contre toutes sortes d'hérésies , et que loin de le servir, il entreprend sur ses droits, dès qu'il ordonne les moindres peines pour les réprimer. La réforme inonde toute la terre d'écrits , où l'on établit cette maxime,
1 Tom. i, part. 2- — - Levïl., xxiv, 14. — 3 Dan. iv, 97.
PREMIER DISCOURS
comme on des articles les plus essentiels de la
piété. (Test OÙ allait naturellement M. Jurieu,
après avoir souvent varié sur telle matière, l'our M. Basnage, il se déclare ouvertement, Don-seulementen cet endroit, mais par tout son livre: telle est ta règle qu'il prétend donner à ions les
Etats protestants : V hérétique, dit-il, // Ml 011 repos : il parle en termes formels, cl de l'hérétique indistinctement, et tirs Etats protestants en général : il n'\ a qu'a eire brouniste, anabaptiste, socinien , indépendant, tout ce qu'on voudra ; nialioinélaii si l'on veut ; idolâtre, déiste même on athée : car il n'y a point d'exception à (aire , et tous répondront également que le magistrat ne peut rien sur la conscience, ni obliger personne à croire en Dieu, ou empêcher ses sujets
de dire sincèrement ce qu'ils pensent : aveugles, conducteurs d'aveugles, en quel abîme tombec-
vous ? Mais du moins parlez de bonne foi ; n'ai
tribues pas ce nouvel article de réforme à tous les Etats qui se prétendent réformés. Uuoi ! la Suède s'est-elle relâchée de la peine de mort qu'elle a décernée contre les Catholiques 1 Le hannisse-
ment, la confiscation et les autres peines ont-elles cessé en Suisse ou en Allemagne, et dans les autres pays prolestants ? Les luthériens du moins et les calvinistes ont-ils résolu de s'accorder mutuellement le libre exercice de leur religion partout où ils soid les maîtres ' L'Angleterre est-elle bien résolue de renoncer à ses lois pénalesenvers tous les non-confonnistes! Mais la Hollande ellemême, d'où nous viennent tous ses écrits, s'estelle bien déclarée en faveur de la liberté de tontes les sectes, et même île la socinienne ? Avouei de bonne loi qu'il n'était pas encore temps de non dire indéfiniment : L'hérétique n'a rien à craindre dans les Etats protestants, ni ne nous donner vos désirs pour le dogme de VOS Eglises. Hais quoi ! il (allait conserver aux réfugiés de France ce beau litre d'Orthodoxie, qu'on lait consister à souffrir pour la religion ; il vaut mieux laisser en repos les sectes les plus impies, que de leur donner la moindre part à la persécution qu'on veut nous faire passer pour le caractère le plus sensible de la vérité, et, afin que Rome soit la seule persécutrice, il faut que tous les Etats ennemis de Rome ouvrent leur sein à tous les impies, et les mettent à l'abri des lois.
Après quelques autres récriminations qui ne sont pas plus du sujet, et dont nous parlerons ailleurs, M. Basnage vient au fond, et il rapporte lesparolesdes Variations, où M. de Meaux, dit-il1, oppose notre conduite à celle de l'ancienne Eglise. Pour détruire une opposition si odieuse, il entreprend d'apporter des exemples de l'Ancienne
Eglise, et il allègue celui de Julien l'Apostat, tué, à ce qu'il prétend, par un Chrétien, en haine des maux qu'il faisait souffrir à l'Eglise; celui de l'empereur Anasiase contraint de se renfermer dans son palais contre les fureurs d'un peuple soulevé; et celui des Arméniens, qui, tourmentés par Chosroès, se donnèrent aux Romains. Mais d'abord ces exemples lui sont inutiles pour deux raisons. La première , qu'ils ne prouvent rien; la seconde, qu'ils prouvent trop, ils ne prouvent rien, car en faisant l'Eglise infaillible, nous ne faisons pas pour cela les peuples et les Chrétiens particuliers impeccables. Pour nous produire des exemples de l'ancienne Eglise, qui est noire question, il ne suffit pas de montrer (les faits anciens, il faudrait encore montrer que l'Eglise les ail approuvés, comme nous mollirons à nos réformés que leurs Eglises en corps ont approuvé leui s révoltes par décrets exprès. Mais le ministre ne songe pas seulement à nous donner celle preuve, puce qu'il sait bien en sa conscience qu'elle est impossible.
Secondement, ces raits qu'il allègue prouveraient trop, puisqu'ils prouveraient, non qu'il soit permis à 1*1 rlise persécutée de prendre les armes pour se défendre, qui est le point dont il
B'agit; niais qu'il est permis non-seulement de
changer de maître et se donner à un autre roi, à l'exemple des Arméniens, ce que nos réformés protestaient dans toutes leurs guerres civiles
qu'ils ne voulaient jamais faire ; niais encore, à
l'exemple de ce prétendu soldat chrétien, et du peuple de Constantinople, d'attenter sur la personne du prince, el de tremper ses m, mis dans sou sang; ce qui est si abominable, que nos adversaires n'ont encore osé l'approuver, puisqu'ils font encore semblant de détester Cromwel et le cromwélisme1. Uue prétend donc aujourd'hui M. Basnage île nous alléguer des exemples manifestement exécrables, qu'il aurait houle de suivre, et qu'on voit bien aussi que l'ancienne Eglise ne peut jamais avoir approuvés, à moins d'avoir approuvé qu'on attentât sur la vie des princes, ce que je ne crois pas que ce ministre lui-même, quelque mépris qu'il ait pour elle, ose lui imputer?
Vous vovez, mes chers Frères, qu'il n'en faudrait pas davantage pour lui fermer la bouche. Mais afin que vous connaissiez comment on vous mène, el avec quelle mauvaise foi on traite avec vous, il faut, en descendant au particulier de son discours, vous y montrer, sans exagérer, plus de faussetés que de paroles. Je commence par l'exemple de L'empereur Anastase, qui est le plus appareut des trois qu'il produit. Car voici
1 Vqg. /• Ascrt., a. 62.
comme il le raconte l ; « M. de Meaux ignore on comme il lit les livres d'où il emprunte ce qu'il
dissimule ce qui s'est fait sous Anastase , où Ma- nous oppose.
cédonius patriarche de Constantinople , homme II n'a pas mieux examiné le fait de Julien célèbre par ses jeûnes et par sa piété, voyant que l'Apostat. «M. de Meaux,» dit-il, « est trop crédules Eutychiens voulaient insérer dans le Trisa- le, s'il est persuadé que le trait qui le perça, fut gion quelques termes qui semblaient favoriser lancé de la main d'un ange ; les historiens eccléleur opinion, se servit de son clergé pour soûle- siastiques, mieux instruits de ce fait que lui, ne ver le peuple ; on tua, on brûla, et l'empereur nient pas que ce fut un Chrétien irrité des desqui n'était plus en sûreté dans son palais, fut seins que cet empereur avait formés contre la obligé de paraître en public sans couronne, et religion chrétienne, qui le tua. » Quel raisonned' envoyer un héraut pour publier qu'il se dé- ment ! Ce n'est pas un ange : s'ensuit-il que ce mettait de l'empire. » soit un Chrétien? Les historiens ecclésiastiques Voilà le peuple, le clergé, les moines émus et ne le nient pas : donc cela est. Pour tirer cette le patriarche à la tète, et encore un saint pa- conséquence, il faudrait auparavant nous faire triarche, qui autorise la sédition ou plutôt qui voir que les historiens païens l'ont assuré ; et ce l'excite lui-même : cela paraît convaincant. Mais serait quelque chose alors, qu'un fait avancé par pour ne point répéter que cet exemple prouve les historiens paiens ne fût pas nié par les histrop, puisqu'il prouve qu'on peut attenter sur la toriens ecclésiastiques. Mais nous allons voir personne du prince et encore sans qu'il y paraisse qu'il est bien certain que ni les historiens païens de persécution, il y a bien à rabattre de ce que ni les historiens ecclésiastiques ne le rapportent le ministre avance ; et d'abord il en faut ôter ce pas, et même qu'ils rapportent le contraire. Ne qu'il y a de plus essentiel , c'est-à-dire tout ce voilà-t-il pas une belle preuve, et n'y a-t-il pas qu'il raconte du clergé et du patriarche Macé- bien de quoi me reprocher ici ma crédulité, en donius. Car voici ce qu'en dit Évagre 2 : « Sévère supposant que je pourrais croire qu'un ange écrit dans la lettre à Soteric, que l'auteur et le aurait fait ce coup?
chef de cette sédition fut le patriarche Macédo- J'avouerai pourtant franchement que si j'en
nius et le clergé de Constantinople. » Telles sont avais de bons témoignages, sans faire ici l'esprit
les paroles de cet historien, le plus entier des fort, ni me soucier des railleries de M. Basnage,
anciens auteurs qui nous restent sur cette ma- je le croirais de bonne foi. Carjesaisnon-seule-
tière. Il ne dit pas que cela soit, mais que Sévère ment que Dieu a des anges, mais encore qu'il les
l'écrit ainsi dans la lettre à Soteric. Mais qui emploie à punir les rois impies; et je ne vois pas
était ce Sévère? Le chef des eutychiens, qu'on que depuis Hérode, qui fut frappé d'une telle
appelle sévériens de son nom, c'est-à-dire le chef main *, Dieu se soit exclu de s'en servir. Ce qui
du parti qu' Anastase soutenait : par conséquent m'empêche de croire déterminément que Julien
l'ennemi déclaré du patriarche Macédonius, du ait péri de la main d'un ange, c'est que je n'en
concile de Chalcédoine et des orthodoxes. Et à ai pas de témoignage suffisant. Mais par la même
qui est-ce qu'il l'écrit? A Soteric du même parti, raison, je crois encore moins qu'il ait péri de la
à qui il ne faut point s'étonner qu'il fasse un main d'un Chrétien, parce qu'encore y eut-il des
récit qui ne pouvait que lui plaire, puisqu'il ten- gens et même quelques païens domestiques de
daità rendre odieuse la conduite de leur ennemi cet empereur, par exemple un nommé Calliste,
commun et celle de l'Eglise catholique dont ils qui crurent que ce fut un ange, ou comme par-
s'étaient séparés. Aussi n'ajouta-t-on aucune foi laient les païens, un démon ou quelqu'autre
à un témoignage si suspect; et, après l'avoir puissance céleste qui frappa cet apostat 2, et
rapporté, Évagre ajoute ces mots : « Ce fut, à qu'il ne s'est trouvé personne qui assurât de
mon avis, par ces calomnies, outre les raisons bonne foi et comme un fait positif, que ce fût un
que nous avons rapportées, que Macédonius fut Chrétien. « Mais » continue le ministre 3, « il y
chassé de son siège. » De cette sorte, Sévère, au- en a quelques-uns (des historiens ecclésiastiques)
teur de ce récit, était un calomniateur qui vou- qui louent celui qui fit le coup. On ne doit pas,
lait rendre le patriarche odieux à l'empereur, dit Sozomène, condamner un homme qui, pour
afin qu'il le chassât; et le ministre a fondé tout l'amour de Dieu et de la religion, a fait une si
son discours sur une calomnie. Après cela que belle action. » D'où M. Basnage conclut aussitôt
lui reste-t-il d'une histoire qu'il fait tant valoir, après : « Voilà des mouvements forts violents de
si ce n'est une émotion populaire, où l'Eglise l'Eglise sous Julien. » Ainsi ce particulier qu'on
n' a aucune part? Voilà l'exemple de l'ancienne fait auteur sans raison de cet attentat, c'est Enlise que M. Basnage nous;a promis; voilà
' Art., xii, 23. — 2 Soc, ni, 21; Soz., vi, 2; Theod., m, 25. —
1 Pag. 496. — J Bvag 1. m, c. 44. t Basn... ibid.