‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 204 sur 313 · PREMIERE PARTIE : DISSERTATIONS · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE : DISSERTATIONS

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ter diverses morum Iocornmque rationes, illœsa doginatum fide, sœpc variaiiconligit; non autcm eztendendum ad firmam et irretormabilem fidei regnlun. Innumcrabilia acta entant in ipso concilio et posi ooDcUiam a regni ordinibus sigillatiin et universini, regia eliain auctoritate édita, quibus constat intercessiones, quœcuinquc faclœ Bunt, non spéciale liilciii, sed disciplina» ordiiiciii, regni pnerogauvam, sive, ut aiunt, prœce- (Ifiiliam, libellaient, slaliini, ilhesa concilii doc- Irina ac Ode, cui episcopi Gallicani in concilio absolute subscripserunt, et postconciliumadhœserunt, adhawentqne, somma scholarnm, ordiiiimi , oœtuum, totiusdenique regni consensione; ne quis adfenoaconcUiom regni Gallicani auctoritate atatur.

Nihil ergounqoam tict anta Komano Pontiflcei aut a quoqnam unquam Calholico, quo Tridcntina de tide décréta labcfaclentur. NcnoneNSlingui scliisma, sed majore iinpelu integrari incipial, ut supra dixiinus, nna restât via, quain vir ipse doclissiniuseoiiiinoiisliavil, utdcclaralionis in inodum oninia componanlur.

Sanc protestante moderatiores illos, viroqne clarissiino shnilcs, jain synodo placabilioresesse oporlet, postca quain cjus dogmata recto intellectu antiqua et sana visa siint, ut cooi taulissensiones non tain in synoduin quain in partium étudia, (Tudisadbocodiis, conjicienda videantur. Quo locovaleat illud Ililarii a nobis sœpe mcinoratum : « Polest hoinousion nialc intelligi; deinus operam ut benc inteUigator *. » Denique eam synoduin, quam a se alienam putant. declarando, inlelligcndo, approbando suain faciant.

Multis sanc documentis liquet Hispaniaruin Ecclesias orthodoxes, certis impedimentisad sextam synoduin neque convenisse, neque vocales fuisse. Quid ergo egerunt cum ad cas a Leone II et Bénédicte 11 illa perlataestTnempe id, ut cjus synodi « gesta synodica itcriun examinatione décréta vel connnuni omnium conciliorum (Hispanicorum scilicet) judicio comprobata salubri etiamdivulgalione in agnitionem plebiumtranseant 2. » Sic synoduin quam non noverant, suam esse fecerunt. Quo eliam ritu aiiœ synodi ipsaque adeo Conslantinopolitana synodus ab Occidenlalibus adoptata, in secundi œcumenici nomen ac litulum crevit. Sic quintam synoduin, absque Sede apostolica celebralam, eadem Sedes apostolica probando fecit suam. Seplimam quoque synoduin ab cadem Sede apostolica tolaque Orientali Ecclesia contirmatam, post aliquot difficultatesverborum ac disciplina?, potius quam reruin ac dogmatum, Gallicana quœ non

1 Pc 5'jnod., n 8!, col. 1202. — ' Léon, ir, ep. 4, 5; Concil. TjUI. .xiv, caa. 4, 5; Labb , tom. vi, col. 1219, etc., 1280, eic.

tives, libertés et coutumes du royaume, sans toucher en aucune sorte aux décisions de la foi, auxquelles les évêques de France ont souscrit sans difficulté dans le concile. Tous les ordres du royaume, toutes les universités, toutes les compagnies, et en général et en particulier, y ont toujours adhéré. Il n'en est pas de la foi comme des mœurs : il peut y avoir des lois qu'il soit impossible d'ajuster avec les mœurs et les usages de quelques nations; mais pour la foi, comme elle est de tous ks âges, elle est aussi de tous les lieux. 11 est même très-véritable que la discipline du concile de Trente, autorisée dans sa plus grande partie par l'ordonnance appelée de Blois, à cause qu'elle a été faite dans les états tenus dans celle ville, s'affermit de plus en plus dans le royaume, et qu'a peu d'articles près, elle y est universellement suivie.

Je n'en dirai pas davantage sur ce sujet, parce que la chose est évidente, et que M. l'abbé Pirot, syndic de la faculté de théologie, envoie un mémoire fort instructif sur celle matière.

A l'égard des protestants modérés, à qui nous avons affaire, l'aversion qu'on a dans leur parti contre le concile de Trente, doit être fort diminuée, après qu'on a vu, par l'écrit qu'ils nous ont adressé, que la doctrine de ce concile» bien entendue, est saine et ancienne ; en sorte que ce qui reste d'aversion doit être attribuée la chaleur des partis, qui n'est pas encore tout à fait éteinte, et aux préventions où l'on esteontre les véritables sentiments de celle sainte assemblée. Il semble donc qu'il est temps plus que jamais d'en revenir sur ce concile a ce que saint Hilaire a dit autrefois sur le concile de Nicée : « Le consubstantiel peut être mal entendu : travaillons à le faire bien entendre *. » Par ce moyen les protestants, qui regardent le concile de Trente comme étranger, se le rendront propre en l'entendant bien, et en l'approuvant.

Ainsi trouvons-nous dans les conciles d'Espagne 2 qu'ils se rendirent propre le concile VI , auquel ils n'avaient point été appelés, en examinant, en recevant, en publiant la décision qu'on y avait faite sur la foi; ainsi le concile de Constantinople, qui n'avait été célébré que par les cvèques d'Orient , eut l'autorité et le nom de second concile général , par l'acceptation et le consentement de l'Occident; ainsi, le Siège apostolique se rendit propre le cinquième concile , en lui donnant son approbation, encore qu'il eût été commencé sans son concours : ainsi la France , qui n'avait point assisté au septième concile , après quelques difficultés, qui venaient plutôt, comme il est no-

1 De Syn,, n. 88, col. 1202, — * Conc. Tolet. xiY, c. 4, 5.

interfuerat, et tota Occidenlalis suscepit Ecclesia, qua consensioneejusauctoritas utin Oriente, ila loto in Occidenle, eo usque invaluit ut nunquam postea in dubium revocaretur.

Et quidem Tridentina synodus apud œquos judices per sesevalituraest. Quod autem passim protestantes objiciunt concilium illud non esse œcuinenicum, eo quod in illo cum Catholicis episcopis ipsi non sederint judices, sed ab adversa parte latum sit judicium; huic profecto qucrelee si darelurlocus, nulla unquam concilia cxstitissent aut exstarepossent; cum nec Nicœna synodus novatianos ac Donatistas adraiserit, neque unquam haeretici nisi a Catholicis judicari q néant, neque qui ab Ecclesia successerunt, nisi ab iis qui unitatem servant. Neque Lutherani , cum Zwinglianos, factis synodis, condemnarent1, eos assesfores habuere; nec œquitas sinebat a catholica Ecclesia haberi judices, eliam episcopos, Anglicos, Danicos, Suecicos, aperta odia professos; quippe qui ab Ecclesia Romana ut impia, ut idololalrica, ut antichristiana recessissent; nedum Germaniœ protestantis ministros aut superintendentes, qui ne quidem essent episcopi; cum solis episcopis locum in synodo deberi universa antiquitas et vir ipse doctissimus fateatur.

Sed hœc contentiosa omittamus : accédant, disculiant, privatim examinent, œquas et commodas ex ipso concilio repelitas declarationes admittant, acta sua symbolica conférant cum synodi nostrae decretis, pacificum et catholicum induant animum; sic Tridentinam synodum sibi quoque haud œgre œcumenicam facient2.

Video commoveri quosdam adversus Tridenlinos analhematismos, quasi Augustana aliœque protestantium confessiones mitiores fuerint, quœ ubique inculcent adversus anabaptistas , sacramentarios aliasque sectas, atque adversus Romanam Ecclesiam suum illud : damnant, rejiciunt, improbant, tanquam impium , abominabile, idololatricum, exprobrataetiamnobis ubique acerbissimis verbis totius Evangelii Christique adeo ipsius ignorantia ; quae quamimmerito jactata sint œqui vident judices.

• Vide lib. Concord. pass.

2 Post hœc verba in hujus dissertationis codice emendatiore scriptum legimus propria episcopi Meldensis manu taie mandatum : II ne faut point décrire le reste du cahier. Neque ille aperit qua de causa, quove consilio ita factum esse voluerit. Credimus quidem in animo habuissc virum doctissimvun, quee ad Leibnitzium de concilio Tridentino gallico idiomate scripserat, ea omnia facere latina, ut in hac una dissertatione celebriorum protestantium omnes difficultates enodatas habcremus. Sed cum hanc opeiam vir illustrissimus sive exsequi supersederit, sive omnino non susceperit, nostri officii esse judicavimus reliquam codicis partem intactam relinquere, quae summam corum continet quae in epistolis ad Leibnitzium videre licet, parte sccuncU hujus collectionis. (Edit, de Paris J

toirede ce qu'on ne s'entendait pas bien, que du fond de la doctrine, le reçut à la fin comme les autres nations orientales et occidentales, sans que depuis ce temps on en ait contesté l'autorité, ou rejeté les décisions.

La principale raison que les protestants ont opposée à ce concile est que le Pape et les évoques de sa communion, qui ont été leurs juges, étaient en même temps leurs parties; et c'est pour remédier à ce prétendu inconvénient qu'ils s'attachent principalement à demander que leurs surintendants soient reconnus juges dans le concile qu'on tiendra. Mais si cette raison a lieu, il n'y aura jamais de jugement contre aucune secte hérétique ou schismatique, n'étant pas possible que ceux qui rompent l'unité soient jugés par d'autres que par ceux qui étaient en place quand ils ont rompu. Le Pape et les évêques catholiques n'ont fait que se tenir dans la foi où les protestants les ont trouvés. Ils ne sont donc point naturellement leurs parties. Ce sont les protestants qui se sont rendus leurs parties contre eux, en les accusant d'idolâtrie , d'impiété et d'antichristianisme. Ainsi ils ne pouvaient pas être assis comme juges dans une cause où ils s'étaient rendus accusateurs. Les novatiens et les donalistes, qui avaient rompu avec l'Eglise, ne furent point appelés à ces conciles. Les protestants n'ont point appelé ceux qu'ils appellent réformés aux assemblées où ils ont jugé de leur doctrine , et ils n'ont pas laissé de la condamner. Les réformés eux-mêmes n'ont pas fait asseoir les arminiens dans leur synode de Dordrecht , où ils les jugeaient : en un mot, quoi qu'on fasse, on ne peut jamais faire que les hérétiques soient jugés par d'autres que parles Catholiques; et si l'on appelle cela être partie, il n'y aura plus de jugement ecclésiastique, ainsi qu'il a déjà été remarqué.

Les anathèmes du concile de Trente , dont les protestants font tant de plaintes, n'ont rien de plus fort que ce qui est si souvent répété par les mêmes protestants dans leurs livres symboliques : Ils condamnent, ils improuvent, comme impie, etc. , telle et telle doctrine. Tout cela, dis-je, est équivalent aux anathèmes de Trente. Il faut donc faire cesser ces reproches , et, en dépouillant tout esprit de contention et d'aigreur, entrer dans les éclaircissements qui rendront les décisions du concile recevables aux protestants mêmes.

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