‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 207 sur 313 · PREMIERE PARTIE : DISSERTATIONS · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE : DISSERTATIONS

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Quid eniio! an anteacta concilia labcfadari pulant, quod Papa oonvocanteac pneside gesta siut, uuliis vocatis nia sua? oommunionis epi-

scoj is ? Al<ini non aliam nova B] QOdo rondilio-

ncin dicunt, neque aliosad eam oisi episcopos, eosquc Romaiio Pontifici réconciliâtes convocant. An dieent anteaclis synodis non eamdem quam huic praescripiam esse regulam ? Atqui

mou aliam lEmiit quam Sci iplinain, accedcntc conseusii praredenlis Ecclesia\ impie demons- Irarepossunt aliam unquara fuisse proposUam. An dirent liberios nilurum coueilium, eo quod decisio Cacienda sit ad pluralitatem votonun I Atquc nunquain aliter gestum fuisse constat. Raque id iiniiin eiit in nova synodo singulare quod ad illud celebrandum apposita sit conditio ut litigantes quoque inter judiecs sedeanl; quo uno omnisecclcsiaslici judicii ratio conlurbelur. Neque melior erit proteslantimn conditio, si aliud causa obtenderint, puta isliul : in illoconcilio quod récusant . omnia pravis iualisque COitionibus esse gesta. Ea cniin ralione niliil agent, quam ut, aliis vernis, haMeticis omnibus suas excusationes inviolalas relinquant, quippe cum victi nunquain non vocaturi siut pravorum coitionem aut conjurationem eam qua condemnati siut, nec Dioscoritœ cessabunt Catholicos Chalcedonensi synodo addictos , melchitas, boc est, regiœ factionis sectatores dicere; Nestoriani obtendent adversusEpbesinam swiodum, Cyxilli ac Nestorii, sediumque Alexandrins ac Constanûnopolitanffi contentiones, Sedem apostolicamin partium studia pertraclam. ejusqueadeo pranaluisse auctoritatem, ut etiam Ephcsina synodus edixerit damnatum a se esse Nestorium Ca?lcslini Papœ cogentibus litteris. Quœ si audiantur, verum omnino critnullum baberiposse legitimumet omni exceptione majus concilium, et credituros omnes quidquid collibuerit.

peut y avoir des décisions de cette nature , ils veulent qu'on raye d'un seul trait de plume toutes celles qui ont été faites depuis mille ans, sans pouvoir dire aucune raison pourquoi celle qu'ils semblent attendre comme la règle de leur foi sera plus valable.

Diront-ils que les conciles, dont ils veulent rayer les décrets, sont nuls, parce qu'ils ont étéeonvoqués par le Pape, ou qu'il y a présidé ou qu'il n'y a appelé que les évéques de sa communionînon, puisqu'ils veulentque celui auquel ils appellent soit convoqué de même , présidé de même, eninposé de même ; qu'on n'y admette que des évéques, et des évéques récoocUièsafec le Saint-Siège par celte union qu'ils appellent préliminaire : diront-ilsqu'on n'a pas suivi dans ces vieux conciles la même règle que celle qu'ils proposent au nouveau! non encore, car ils n'en prescrivent point d'autre que l'Ecriture, avec le consentement de l'Eglise des siècles précédents, et ils ne sauraient montrer qu'on s'en soit jamais proposé d'autre; diront-ils que ce concile sera plus libre que les autres, à cause que la conclusion se fera à la pluralité des voix ? on n'a jamais prétendu que cela se fit autrement. Ainsi le nouveau concile n'aura que ceci de particulier, qu'on J aura mis la condition d'y convoquer et assembler toutes les parties, pour y être égale* ment juges ; ce qui est l'endroit précis où l'on a vu l'anéantissement entier de tous lcsjugemenls ecclésiastiques.

Une si, sans se servir de cette raison , qui est celle que les protestants ont toujours eue dans la bouche, j'ai été jugé par ma partie, on prétend tenir en suspens ce certain concile par d'autres raisons, comme en disant, par exemple, que c'est cabale et intrigue ; c'est en d'autres termes dire toujours la même chose, et toujours fournir au\ In reliques une excuse légitime, parce que ceux qui seront condamnés appelleront toujours intrigue et cabale tout ce qui se sera fait contre eux. Les eutychiens donneront toujours aux orthodoxes, qui suivent le concile de Chalcédoine. le nom de melchites ou de royalistes : les nestoriens ne cesseront jamais d'attribuer leur condamnation aux jalousies de saint Cyrille contre Neslorius, et du siège d'Alexandrie contre celui de Constantinople : ils diront que le Saint-Siège s'est laissé entraîner dans la cabale, et que son autorité a tellement prévalu dans le concile d'Ephèse, que ce concile en conda mnant Nestoriusa déclaré qu'il y était contraint par les lettres du pape Célestin : toutes les sectes parlent tout de même, et, s'il faut les écouter, il sera vrai de dire

qu'il n'est pas possible de tenir jamais un concile légitime, et que chacun croira ce qu'il voudra.

Atque ut omnia nostra momenta in unum colligamus, simulque secundum clarissimi Leibnitz vota ad exactissimam normam probationes exigamus, cum viderimus concilium quod solum et publiée pro œcumenico se gerat, ita ut ab eo nemo se separet , qui non ab ea quoque quae concilium agnoscat, ab eoque agnoscatur , Ecclesia pariter separetur; si quis illud concilium rejicere aut pro suspenso habere quovis quœsito colore prœsumat, eaque maxime causa quod a separalis pro adversario habeatur, omnia concilia subruuntur, eoque res deducitur, ut ecclesiastica judicia nec sint possibilia , anarchia valeat et quisque ad libitum fidem suam informet : qua sententia dicimus constare eam , quœ heresim aut haereticum constituât, pertinaciam. Si enim , ut ea nota devitetur, dulces sermones ac moderata verba sensaque sufficerent, pertinaces ab aliis, hoc est, hœretici a Catholicis nullo certo discrimine haberentur. Sed ut discernatur ille pertinax, qui idem est hœreticus ex apostolico prœcepto evitandus l, haec ei propria et incommunicabilis adhœret nota, quod ita sit affectus, ut in suo judicio tantam vim auctoritatemque collocet, quantam nullam in terris superiorem agnoscat, aut simplicioribus verbis, ut suo potius sensui quam Ecclesiœ decretis hœreat. Eo autem devenitur per eam quœ nunc in médium adducitur methodum; ergo ea methodo non nisi pertinaces hœreticique fiant; quœprior parserat solvendae quœstionis.

Et pour enfin nous recueillir, et pousser en même temps la démonstration, selon les vœux de M. de Leibnitz , jusqu'aux dernières précisions; si, par exemple, toutes les fois qu'on voit un concile, qui seul et publiquement porte dans l'Eglise le titre d'œcuménique, en sorte que personne ne s'en sépare, que ceux qui, en même temps, sontvisiblement séparés de l'Eglise même qui reconnaît ce concile et qui en est reconnue; si, dis-je, on prétend le rejeter ou letenir en suspens, sous quelque prétexte que ce soit, et principalement sous celui-ci, que ces séparés le regardent comme leur parti, etrefusent, pour celte raison, de s'y soumettre, on détruit également tous les conciles et tous les jugements ecclésiastiques : on met une impossibilité d'en prononcer aucun qui soit tenu pour légitime : on introduit l'anarchie, et chacun peut croire tout ce qu'il veut.

C'est en cela que consiste l'opiniâtreté qui fait l'hérétique et l'hérésie. Car si, pour n'être point opiniâtre, il suffisait d'avoir un air modéré, des paroles honnêtes, des sentiments doux, on ne saurait jamais qui est opiniâtre ou qui ne l'est pas. Mais afin qu'on puisse connaître cet opiniâtre qui est l'hérétique, et l'éviter selon le précepte de l'Apôtre i, voici sa propriété incommunicable et son manifeste caractère : c'est qu'il s'érige lui-même, dans son propre jugement, un tribunal au-dessus duquel il ne met rien sur la terre, ou, pour parler en termes simples, c'est qu'il est attaché à son propre sens, jusqu'à rendre inutiles tous les jugements de l'Eglise. On en vient là manifestement par la méthode qu'on nous propose : on en vient donc manifestement à cette opiniâtreté qui fait l'hérétique, et voilà la résolution de la question dans sa première partie.

De Basileensium condescensu jam diximus, eaque facile demonstrarent , nihil eo juvari protestantium postulata. Nam illi quidem concesserunt, ut in sua synodo discuterelur arliculus de quo in Constantiensi synodo decretum factum erat; sed aperte professi eam discussionem non ita institutam quasi de re dubia, sed ad elueidationem, ad instruendos imperitos, ad couvincen. dos contumaces, ad infirmos in decretis ac iide Constantiensis concilii confirmandos : protestantes vero de Tridentini aliorumque concilio-

La seconde, qui regarde l'exemple des Pères de Bâle, n'est pas moins aisée. Car il résulte des faits et des principes posés , que le cas où se trouvent les protestants est tout à fait différent de celui où nous avons vu les Bohémiens et les Calixtins 2. Les protestants demandent que l'on délibère de nouveau de toutes nos controverses, comme s'il n'y avait eu rien de décidé dans le concile de Trente et dans les conciles précédents ; mais nous avons vu que le concile de Bâle, en accordant aux Bohémiens la discus-

1 Ta., m, 10. — - Ci-(1essus,cb. S.

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