DEUXIEME PARTIE : CORRESPONDANCE
paraissent animés du même esprit que lui, puissent gagner quelque chose sur les personnes puissantes de leur côté, pour taire revivre nos espérances! Les malheurs des tempss'yopposenti je l'avoue; maispeut-étre loverrons-nous encore la sérénité el le calme. Je ne désespère pas entièrement du soulagement des maux de l'Europe, quand je considère que Dieu peut nous le donner, en tournant comme il faut pourcela le cœur d'une seule personne, qui semble avoir le bonheur et le malheur des hommes entre ses mains. On peut dire que ce monarque (car il est aisé de juger de qui je parle) lait lui seul le destin deson siècle, et que la félicité publique pourrait naître de quelques heureux moments, quand il plaira à Dieu de lui donner une réflexion convenable. Je crois que, pour être assez touché, il n'aurait besoin que de connailre sa puissance; car il ne manquera jamais de vouloir le bien qu'il jugera pouvoir faire ; et si cette prudence réservée et scrupuleuse qu'il fait paraître au milieu des plus grands succès dont un homme est capable, lui avait permis de croire qu'il dépendait de lui seul de rendre le genre humain heureux, sans que qui que ce soit eût été en état de l'empêcher et de l'interrompre, je tiens qu'il n'aurait pas balancé un seul moment. Et s'il considérait que c'est le comble de la grandeur humaine de pouvoir, comme lui, faire le bien général des hommes, il jugerait bien aussi que le suprême degré de la félicité serait de le faire en effet. Les éloges gâtent les princes faibles; mais ce grand roi a besoin de comprendre toute l'étendue des siens pour faire ce qu'il peut, et pour connaître tout ce qu'il peut faire. Voilà un endroit où l'éloquence inimitable de M. Pellisson pourrait triompher, en persuadant au roi qu'il est plus qu'il ne pense, et par conséquent qu'il est audessus de certaines craintes pour le bien de son Etat, qui pourraient le détourner des vues plus grandes et plus héroïques dont l'objet est le bien du monde. Quel panégyrique peut-on se figurer plus magnifique et plus glorieux que celui dont le succès serait suivi de la tranquillité de l'Europe, et même de la paix de l'Eglise !