DEUXIEME PARTIE : CORRESPONDANCE
tes adversaires en pouvaient demeurer d'accord; car ils pouvaient dire que la faculté de l'Ame corn. mit a l'acte commun des deux natures.
Plusieurs scolastiques ont soutenu qu'il n'est pas vrai que la matière ou que la forme agisse ; mais que l'action appartient au composé : et ils l'ont entendu de même à l'égard du corps et de rame, dans ['étal (le l'union naturelle.
Les adversaires pouvaient dire aussi qu'en vertu de l'union personnelle, qui fait que la nature humaine n'a pas sa propre subsistance, qu'elle aurait sans cela naturellement, on doit juger que des actions naturelles de l'âme humaine n'auront pas en elles ce qui les rend e >nip|, |,s, non plus que la nature qui est leur principe; et que ce complément, tant du suppôt que de son action, se trouve dans le Verbe. Et si les actions ne se doivent attribuer in eonereto qu'au suppôt, ils diront que l'action, qui s'attribue proprement à une nature abstraite, est incomplète, et qu'ils n'entendent parler «pie de celle qui s'attribue proprement in eonevelo, lorsqu'ils n'en adin. 'lient qu'une ; que sans cela on viole l'union des natures, et qu'on établit le ncslorianisine par conséquence et sans y penser. Aussi sait-on que les monothelites imputaient autant le ncslorianisine à leurs adversaires que ceux-ci leur imputaient l'euhchianisine. Je liens que les monothelites ne raisonnaient pas exactement dans le fond; mais je tiens aussi qu'ils ne manquaient pas d'apparences très-plausibles, ni même d'autorités qu'on sait qu'ils alléguaient. Car il est ordinaire qu'avant une question émue et éclaircie, les auteurs n'en parlent pas avec toute l'exactitude qui serait à désirer; témoin le pélagianisme et autres erreurs. 11 y a mille difficultés chez les philosophes a l'égard du concours de Dieu avec les créatures. Quelques-uns ont cru que la créature n'agissait point du tout ; d'autres ont cru que l'action de Dieu devenait celle des créatures par leur réception , et y trouvait sa limitation. On a douté aussi quel être pouvait être l'action de Dieu; si c'était un être créé ou incréé ; ou si ce n'était pas l'action même de la créature, en tant qu'elle dépend de Dieu : et la difficulté devient encore plus grande, lorsque Dieu concourt avec une créature qui lui est unie personnellement, et qui n'a qu'en lui sa subsistance ou son suppôt.