‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 257 sur 313 · DEUXIÈME PARTIE : CORRESPONDANCE. C · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE : CORRESPONDANCE. C

ive ; et tfeatà est égard que j'ai parié de la puis- « Tridentina synodo definita et declarata fuelanoe indirecte de l'Eglise sur les matières tem- trunt, amplector et recipio ; » et plus bas: porelles, pour ne rien dire à présent des lois a Caetera item omnia asaeris canonibusetrecuecclésiastiquea, des mariages et antres matières « menicis couciliis, ac prsecipue a sacrosancta semblables. « Tridentina synodo tradita, definita et declarala XXIV. Avant que de conclure, je satisferai, « iudubitauter recipio atque profiteor, simulquc comme hors d'oeuvre, à la promesse que j'ai faite « contraria omnia, atque bsereses quascunque ci-dessus, dédire ee que j'ai appris de la proies- « nb Ecelesia damnaïas, rejectas et anathemasion de foi «pic Henri iv avait faite à Saint-Denis, a Usâtes, ego pariker damno, rejicio et anathequand l'archevêque de I! turges l'eut réconcilié « matixo : » au lieu que la profession de foi de avec l'Eglise. J'ai lu an volume manuscrit, cou- Henri IV, omettant exprès le concile de Trente tenant tout ce qui concerne l'absolution de dans tous ces deux endroits, dit ainsi : «Je crois Henri IV, tant à Saint-Denis qu'à Kome. Les six aussi elembrassetoutcequiaétédéfinictdéclaré premières pièces du volume appartiennent à par les saints conciles, touchant le péché ongil'absolution de Saint-Denis. H y a premièrement nel et la justification; d cl plus bas: «J'approuve la promesse du roi, à son avènem ut à la cou- sans aucun doute et fais profession de tout ce qui ronne, de maintenir la religion catholique ro- a été décidé et déterminé par les saints canons inaine, i d'août 1588 } secondement, acte par et conciles généraux, et rejette, réprouve et analequel quelques princes, ducs el autres seigneurs thématise tout ce qui-est contraire a ceux, -ci et français le reconnaissent pour roi, conformai toutes hérésies condamnées, rejetées et anathementàl'acie précédent de la même date; troisifc matisées par l'Eglise .»On ne saurait concevoir mementle procès -verbal de ce qui se passaà Saint- ici une fautedu copiste, puisqu'elleserait la même Denis à l'instruction el absolution da roi, du 29 en deux endroits. Je ne crois pas aussi qu'il y ait au 25 juillet 1593 : quatrièmement, promesse de la falsification ; car l'exemplaire vient de bon que le roi donna par écrit, signée de sa main, et lieu. Ainsi je suis porté à croire que ces prélats contresignée du sieur Rusé son secrétaire d'Etat, mêmes, qui eurent soin de cette instruction et après avoir l'ait l'abjuration, et reçu l'absolution abjuration du roi, trouvèrent bon de faire abscomme dessus, du 25 juillet 1593 : cinquième- traction du concile de Trente, dont l'autorité ment, profession de foi, faite el présentée par le était contestée en France : et cela fait assez conroi lors de son absolution : sixièmement, «K&- naître que le doute où l'on était, là dessus ne recours de M. du Mans pour l'absolution du rai. gardait pas seulement ses règlements sur la dis- Le procès-verbal susdit marque que les prélats cipline, mais qu'il s'étendait aussi à son autorité délibérèrent si on ne renverrait pas l'affaire à en ce qui est de la foi.

Kome : mais enfin ils conclurent, à cause de la J'ajouterai encore cette réflexion, que si le connécessilé du temps , du péril ordinaire de mort cile de Trente avait été reçu pour œcuménique auquel le roi était exposé par la guerre, et île la par la nation française, on n'aurait pas eu bcdillicullc d'aller ou d'envoyer à Kome ; mais sur- soin d'en solliciter la réception avec tant d'emtout pour ne pas perdre la belle occasion de la pressement. Car, quand aux lois positives ou de réunion d'un si grand prince , que l'absolution discipline que ce concile a faites, elles étaient lui serait donnée, à la charge que le roi lui en- presque toutes reçues ou recevantes en vertu des verrait envers le Pape; et ces raisons sont éten- ordonnances, excepté ce qui paraissait éloigné dues plus amplement dans le discours de des libertés gallicanes, que le clergé même ne M. du Mans. II y est aussi marqué que les prélats prétendait pas faire recevoir. Il paraîtdonc qu'on assemblés pour l'instruction et réconciliation du a eu en \ue de faire recevoir le concile pourœcuroi tirent dresser la profession de foi à la de- niénique et règle de foi : que c'est ainsi que la mande réitérée du roi , qui fut lue et approuvée reine Catherine de Médicis l'a entendu, en alléde toute l'assemblée , comme conforme à celle guant pour raison de son refus l'éloignement de du concile. Cependant il est très-remarquable la réconciliation des protestants que cela causeque cette profession , toute conforme qu'elle est rait ; et que les prélats français assemblés à Sainten tout autre point avec celle de Pie IV , en est Denis l'ont pris de même, et ont cru une telle notablement différente dans les seuls endroits réception encore douteuse, lorsqu'ils ont omis dont il s'agit ; savoir, en ce qu'elle ne fait pas la tout exprès la mention du concile dans la promoindre mention du concile de Trente. Car les fe.ssion de foi qu'ils demandèrent à Henri IV. articles en question de ladite profession de Pie IV disent : « Omnia et singula quœ de pecc cato originali et juslificalione in sacrosancta

LETTRE XXV. prennent pas soin de démêler leurs idées : ce qui

leibnitz abossuet. paraît à la vérité dans toutes les hérésies, mais

, , . - , , Pms Que dans toutes les autres , dans celle des

Sur le mémoire du docteur Pirot. eulychiens, dont celle des monothélites est une

De juin à octobre 1G93. IlllieXC

En relisant la lettre de M. Leibnitz du 29 Pour le concile de Bâle , son exemple prouve

mars 1693, j'ai trouvé que, sans m'engager à de qu'on peut offrir aux protestants un examen par

longues dissertations , qui ne sont plus nécessai- manière d'éclaircissement, et non par manière

res après tant d'explications qu'on a données, je de doute ; puisqu'il paraît, par les termes que j'en

pouvais résoudre trois de ses doutes. ai rapportés, qu'on excluait positivement le der-

Le premier sur le culte des images. Ce culte nier. Si l'on prétend qu'il ne puisse y avoir de réun'a rien de nouveau, puisque pour peu qu'on le nion qu'en présupposant un examen par forme veuille définir, on trouvera qu'il a pour fin d'ex- de doute sur les questions résolues à Trente , il citer le souvenir des originaux , et qu'au fond faut avouer, dès a présent, qu'il n'y en aura jacela est compris dans l'adoration de l'arche d'al- mais : car l'Eglise ne fera point une chose, sous lianec, et dans l'honneur que toute l'antiquité a prétexte de réunion, qui renverserait les fonderendu aux reliques et aux choses qui servent aux menls de l'unité. Ainsi les protestants de bonne mystères divins. Ainsi on trouvera dans toute foi, et encore plutôt ceux qui croient, comme l'antiquité des honneurs rendus à la croix , à la M. Leibnitz , l'infaillibilité de l'Eglise , doivent crèche de Notre-Seigneur, aux vaisseaux sacrés, entrer dans l'expérience de terminer nos dispuà l'autel et à la table sacrée , qui sont de même tes par forme d'éclaircissement : et ce qui prouve nature que ceux qu'on rend aux images. L'exten- qu'on peut aller bien loin par là, c'est le [prosion de ces honneurs aux images a pu être très- grès qu'on ferait en suivant les explications de différente, selon les temps et les raisons de la M. l'abbé Molanus.

discipline ; mais le fond a si peu de difficulté , Pour donner une claire et dernière résolution

qu'on ne peut assez s'étonner comment des gens des doutes que l'on propose sur le concile de

d'esprit s'y arrêtent tant. Trente, il faut présupposer quelques principes.

Le second doute regarde l'erreur des mono- Premièrement , que l'infaillibilité que Jésus-

thcliles. Avec la permission de M. Leibnitz, je Christ a promise à son Eglise réside primitive-

m'élonne qu'il regarde cette question comme ment dans tout le corps ; puisque c'est là cette

dépendante d'une haute métaphysique. Il ne Eglise qui est bâtie sur la pierre , à laquelle le

faut que savoir qu'il y a une âme humaine en Fils de Dieu a promis que les portes d'enfer ne

Jésus-Christ, pour savoir en même temps qu'il prévaudraient point contre elle.

y a une volonté , non-seulement en prenant la Secondement , que cette infaillibilité, en tant

volonté pour la faculté et le principe, mais en- qu'elle consiste , non à recevoir, mais à ensei-

corc en la prenant pour l'acte ; les facultés n'é- gner la vérité, réside dans l'ordre des pasteurs,

tant données que pour cela. qui doivent successivement, et de main en main,

Ce qu'il dit, que les actions sont des suppôts succéder aux apôtres; puisque c'est à cet ordre

selon l'axiome de l'école , ne signifie rien autre que Jésus-Christ a promis qu'il serait toujours

chose, sinon qu'elles lui sont attribuées in con- avec lui : Allez, enseignez, baptisez : je suis tou-

ereto : mais non pas que chaque partie n'exerce jours avec vous » ; c'est-à-dire , sans difficulté,

pas son action propre, comme en nous le corps avec vous qui enseignez et qui baptisez , et avec

et l'âme le font. Ainsi , dans la personne de Je- vos successeurs, que je considère en vous comme

sus-Christ, le Verbe, qui ne change point, exerce étant la source de leur vocation et de leur ordi-

loujours sa même action : l'âme humaine exerce nation, sous l'autorité et au nom de Jésus-Christ,

la sienne sous la direction du Verbe ; et cette ac- Troisièmement , que les évêques ou pasteurs

tion est attribuée au même Verbe, comme au principaux qui n'ont pas été ordonnés par et

suppôt. Mais que l'âme demeure sans son action, dans cette succession , n'ont point de part à la

c'est une chose si absurde en elle-même , qu'on promesse, parce qu'ils ne sont pas contenus dans

ne la comprend pas. Aussi paraît-il clairement , la source de l'ordination apostolique, qui doit

par les témoignages rapportés dans le concile vi, être perpétuelle et continuelle , c'est-à-dire sans

et par une infinité d'autres, qu'on a toujours interruption; autrement cette parole : Je suis

cru deux volontés, même quant à l'acte , en Je- avec vous jusqu'à la consommation des siècles 2,

sus-Christ : et si quelques-uns ont cru le con- serait inutile.

traire , c'est une preuve que les hommes sont Quatrièmement , que les évêques ou pasteurs

capables de croire toute absurdité , quand ils ne « uau., xxvm, 19, 20. - » nu.

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