‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 266 sur 313 · DEUXIÈME PARTIE • CORRFSPONnANCE. fiS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE • CORRFSPONnANCE. fiS

nullité tics mariages des entants, sans deman- M. l'abbé de Lokkum travaille fort et ferme à

dcr te consentement de pure et mère, cstcon- une espèce de liquidation des controverses qu'il

traire h ce que le concile de Trente a décidé y a entre Rome et Augsbourg, et il le fait par

Comme de droit divin; et ils soutiennent qu'il ordre de l'empereur. Mais il a affaire à des

n'appartient pas aux lois séculières de changer gens qui demeurent d'accord du grand principe

ce qui est de l'essence d'un sacrement ; mais de la réunion, qui est la base de toute négocia-

l'ordonnance susdite est toujours demeurée en tion: et c'est sur cela qu'une convocation de

Vigueur. nos théologiens avait l'ait solennellement et au-

Je pourrais alléguer encore bien des choses thenliquemenl ce pas que vous savez, qui est le

sur ce point, si je n'aimais la brièveté, et si je plus grand qu'on ait l'ait depuis la Réforme,

ne croyais pas que ce que j'ai dit peut suffire. Je Voici l'échantillon de quelques articles de cette

tiens aussi «pic les cours souveraines et lespro- liquidation, que je vous envoie, Monseigneur,

cureurs généraux du roi n'accorderont jamais de sa part. Il y ena jusqu'à cinquante qui sont

que le concile de Trente a été reçu en France déjà prêts. Ce qu'il avait projeté sur votre excel-

pour œcuménique; et, s'il y a eu un temps où lent écrit cidre maintenant dans sa liquidation,

le clergé de France s'est assez laissé gouverner qui lui a fait prendre les choses de plus haut, et

par des intrigues étrangères, pour solliciter ce les traiter plus à fond; ce qui servira aussi à

point, je crois que, maintenant que ce clergé a vous donner [dus de satisfaction un jour. Cepcn-

de grands hommes à sa tète, qui entendent dant je vous envoie aussi la prélace de ce qu'il

mieux les intérêts de l'Eglise gallicane, ou plu- TOUS destinait dès lors, et des passages où il s'ex-

lùt de l'Eglise universelle, il en est bien éloigné: Cliquait à l'égard du concile de Trente, et rien

et, ce qui me confirme dans cette opinion, c'est ne l'a arrête que la difficulté qu'il voyait naître

qu'on a proposé à des nouveaux convertis une chez vous sur ce concile, jugeant que, si l'on

profession de foi, où il n'était pas fait mention voulait s'y attacher, ce serait travailler sans

du concile de Trente. fruit et sans espérance, et même se faire tort de

Je ne dis point tout cela par un mépris pour notre côté, et s'éloigner des mesures prises dans

ce concile, dont les décisions, pour la plupart, la convocation, et du fondement qu'on y a jeté,

ont été faites avec beaucoup de sagesse; mais 11 espère toujours de vous une déclaration sur

parce que, étant sur que les protestants ne le ce grand principe, qui le mette en état de se

reconnaîtront pas, il importe, pour conserver joindre à vous dans ce grand et pieux dessein

l'espérance de la paix de l'Eglise universelle, que *l(' la réunion, avec celte ouve rlure de cœur qui

l'Eglise de France demeure dans l'état qui la est nécessaire. 11 me presse fort là-dessus, et il

rend plus propre à moyenner cette paix, la- est le plus étonné du monde de voir qu'on y fait

quelle serait sans doute une des plus souhaita- difficulté; ceux qui ont fait la proposition de vo-

bles choses du monde, si elle pouvait être obte- **e côté, et qui ont fait naître la négociation,

nue sans faire tort aux consciences et sans blés- aiailt débuté par cette condescendance, etajant

ser la charité. Je suis avec dévotion, Madame, très-bien reconnu que sans cela il n'y aurait pas

de Votre Altesse Séréniss'une, le très-humble et m> >J Clï d'entrer seulement en négociation,

très-obéissant serviteur. Leibhitz. Le ôr™nd article qu'on accorde de notre côté,

P. S. Le cardinal Pallavicin, qui fait valoir le est qu'on se soumette aux conciles œcuméni-

concile de Trente autant qu'il peut, et marque Qucs et a l'uniu- hiérarchique ; et le grand arti-

les lieux où il a été reçu, ne dit point qu'il ait cle réciproque, qu'on attend de votre côté, est

été reçu en France, ni pour règle de la foi, ni que vous ne prétendiez pas que, pour venir à la

pour la discipline; et même cette distinction réunion, nous devions reconnaître le concile de

n'est point approuvée à Rome. Trente Pour œcuménique, ni ses procédures

„ pour légitimes. Sans cela M. Molanus croit qu'il

ne faut pas seulement songer à traiter, et que

leibnitz a bossuet. les théologiens de ce pays n'auraient pas donné

a Hanovre, œ i juillet 1694. leur déclaration; et qu'ainsi lui-même ne peut

Monseigneur, guère avancer non plus, de peur de s'écarter

Votre dernière • afait revivre nos espérances, des principes de cette convocation, où il a eu

«On n'a point la lettre do M. de Meau.v.à laquelle «vpond Leibnitz. ^«t de part. Il S'agit de SaVOÎT Si Rome, en Cas

— Quelques éditeurs prétendent cependant que la lettre en ques- Je diSBOSiliOll lîlVOrable à la réunion, et SUppOSé

tion est du 15 août 1693 Nous ne pouvons pas admettre que Leibnitz l *i

ait laissé écouler une année sans répondre à cette lettre Le premier qu'il lie restât que Cela à faire, ne pOUITait paS

mot de la présente lettre détruit du reste cette opinion : t Voire , . i i i i>r< „ \ i>.'

dernière, dit-il, etc. » De plus, entre ces deux longs termes, le célèbre aCCOrder aiLX peuples dll 1101'd de 1 LUI Ope, a 1 C-

philosophe n'avait pas interrompu sa correspondance avec Bussuet; p-ard fin POllPlIp Hp TiPntP CP miP l'Italie et la

témoin la lettre xxix, ci-dessous, datée du 23 oct. 1693. ëalu uu COllUlt, Ue iienit, ce que 1 iidue ci m

CSÏ

France s'accordent mutuellement sur les conciles de Constance, de Bâle, et sur le dernier de Latran, et ce que le Pape avec le concile de Bâle ont accordé aux états de Bohême, sub utraque, à l'égard des décisions de Constance. Il me semble, Monseigneur, que vous ne sauriez nier, in thesi, que la chose est possible ou licite. Mais si les affaires sont déjà assez disposées, in hypothesi, c'est une autre question. Cependant il faut toujours commencer par le commencement, et convenir des principes, afin de pouvoir travailler sincèrement et utilement.

Puisque vous demandez, Monseigneur, où j'ai trouvé l'acte en forme passé entre les députés du concile de Bâle et les Bohémiens, par lequel ceux-ci doivent être reçus dans l'Eglise sans être obligés de se soumettre aux décisions du concile de Constance, je vous dirai que c'est chez un auteur très-catholique que je l'ai trouvé, savoir, dans les Miscellanea Bohemica du révérend P. Balbinus, jésuite des plus savants de son ordre pour l'iùstoire , qui a enrichi ce grand ouvrage de beaucoup de pièces authentiques , tirées des archives du royaume, dont il a eu l'entrée. Il n'est mort que depuis peu. Il donne aussi la lettre du Pape Eugène , qui est une espèce de gralulation sur cet accord, carie Pape et le concile n'avaient pas rompu alors ....

N'ayant pas maintenant le livre du P. Balbinus, j'ai cherché si la pièce dont il s'agit ne se trouverait pas dans le livre de Goldastus , De Regno Bohemiœ. Je l'y ai donc trouvée, et l'ai faitcopier telle qu'il la donne: mais il sera toujours à propos de recourir à Balbinus. LesCompactnta mêmes se trouvent aussi dans Goldastus, qui disen t la même chose et dans les mêmes termes, quant au point deprœcepto. Peut-être que dans les ai chi ves de l'église de Coutances en Normandie, dont l'évèque a été le principal entre les légats du concile , ou parmi les papiers d'autres prélats et docteurs français qui ont été au concile de Bâle, on trouverait plus de pt ticularités sur toute cette négociation. Je suis avec zèle, Monseigneur, votre très-humble et obéissant serviteur.

Leibnitz.

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