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Vingtième fait: sur cela même nous lisons dans saint Augustin, et dans l'un de ses plus savants écrits, cette sentence mémorable •: « L'homme qui est affermi dans la foi, dans l'espérance et dans la charité, et qui est inébranlable à les conserver, n'a besoin des Ecritures que pour instruire les autres; ce qui fait aussi que plusieurs vivent sans aucun livre dans les solitudes.» On sait d'ailleurs qu'il y a eu des peuples qui, sans avoir l'Ecriture, qu'on n'avait pu encore traduire en leurs langues barbares et trrégtilières n'eu étaient pas moins Chrétiens que les autres: par où aussi l'on peut entendre que la concorde dans la foi, loin de dépendre de la réception de quelques livres de l'Ecriture, ne dépend pas même de toute l'Ecriture en général ; M qui pourrait se prouver encore par Tcrlullini et par tous les autres auteurs, si cette discussion ne nous jetait trop loin de notre sujet.
Vingt-unième fait: que si enfin on demande pourquoi donc le concile de Trente n'a pas laissé sur ce point la même liberté que l'on avait autrefois, et défend, sous peine d'analbèuie, de recevoir un autre canon que celui qu'il propose, sess. 4; sans vouloir rien dire d'amer, je laisserai seulement à examiner aux protestants modérés si l'Eglise Romaine a dû laisser ébranler par les prolestants le canon dont, comme on a vu, elle était en possession avec tout l'Occident, non-seulement dès le VIe siècle, mais encore dès l'origine du christianisme: canon qui s'était affermi depuis par l'usage de douze cents ans, Sans aucune contradiction : canon enfin dont on prenait occasion de la calomnier, comme falsifiant les Ecritures; ce qui faisait remonter l'accusation jusqu'aux siècles les plus purs: je laisse, dis-je, a examiner si l'Eglise a dû tolérer ce soulèvement, ou bien le réprimer par ses anathèmes.
Vingt-deuxième fait: il n'est donc rien arrive ici que ce que l'on a vu arriver à toutes les autres vérités, qui est d'être déclarées [dus expressément, plus ;. ituenLiquement, plus fortement, par le jugement de l'Eglise Catholique, lorsqu'elles ont été plus ouvertement, et, s'il est permis de dire une fois, ce mot, plus opiniâtrement contrediles; en sorte qu'après ce décret, le doute ne soit plus permis.
Vingt-troisième fait: je n'ai point ici à rendre raison pourquoi nous donnons le nom d'E glise Catholique a la communion romaine, ni le nom de concile œcuménique à celui qu'elle reconnaît pour tel. C'est une dispute à part, où l'on ne doit pas entrer ici ; et il me suffit d'avoir remarqué les faits constants, d'où résultent l'an-
' De doc!. Christ. 1. I, n. 43, part. ».
tiquité et la perpétuité du canon dont nous usons.
Vingt-quatrième fait: après tout, quelque in. violable que soit la certitude que nous y trouvons, il sera toujours véritable que les livres qui n'ont jamais été contestés ont dès là une force particulière pour la conviction; parce qu'encore que nul esprit raisonnable ne doive douter des autres, après la décision de l'Eglise, les premiers ont cela de particulier, que procédant ad hominem et ex concessis, comme l'on parle, ils sonl plus propres à fermer la bouche aux contredisants.
Voilà, Monsieur, un long discours, encore que. je n'aie fait que proposer les principes. C'«st à Dieu à ouvrir les cœurs de ceux qui les liront. Ce dont je vous prie, c'est de le présenter à votre grand prince, de prendre les moments heureux où son oreille sera plus libre, et enfin de le lui faire regarder comme un effet de montres-humble respect. Le reste se dira une autre fois, et bientôt, s'il plaît à Dieu. Je suis cependant, et serai toujours, avec une estime et une affection cordiale, Monsieur, votre très, etc.
J. Bénigne, év. de Meaux.