DEUXIÈME PARTIE: CORRESPONDANCE
gneur le prince héritier de Wolfenbutel, « que « j'avais témoigné souhaiter quelque communi- « cation avec un théologien du pays où vous « oies, ■ fi qu'on j trouvail d'autant pins de * 1 ï I — acuités, que M. Vabbé de Lokhm ne semblait pas me revenir. C'est sur quoi je mus obligé de vous satisfaire : et puisque la chose a été portée à If esseigneurs vos princes, dans la bienveillance desquels j'ai taul d'intérêt de meconserver quelque parti en reconnaissance des bontés qu'ils m'ont souvent l'ail l'honneur de me témoigner par vous-même, je vous supplie que cette réponse ne soii pas seulement pour vous, mais encore pour leurs Altesses Sérénissimes.
que. bien loin de récuser H. l'abbé de Lokkum , comme on m'en accuse, j'en ai dit ce que vous venez d'entendre, et ce que je vous supplie de hre à vos princes, aux premiers moments de leur commodité que vous trouverez.
Quand j'ai parlé des théologiens nécessaires principalement dans cette affaire, ce n'a pas été pour en exclure les laïques; puisqu'au contraire uu concours de tous les ordres y sera utile, et notamment le vôtre.
lài effet, quand vous proposâtes, ainsi que vous le remarquez dans votre lettre, de nommée ici des jurisconsultes pour travailler avec les théologiens, vous pouvez vous souvenir avec
Je vous dirai donc, Monsieur, premièrement, quelle facilité on y donna les mains : et cela
étant, permettez-moi de tous témoigner mon étonnemenl sur la fin de voire lettre , où vous dites « que ma demande ne s.it point à faciliter « les choses, comme faisait la votre. » Voussem- Mezpar là in'accuseï de chercher des longueurs; à quoi vous voyez bien, par mon procédé, tel que je viens de vous l'expliquer, sous les yeux de Dieu, que je n'ai seulement pas pensé.
Quant à ce que vous ajoute/ que j'ai déjà ce que je propose sans rien demander , c'est-à-dire un théologien, cela serait vrai, si M. l'abbé de Lokkum paraissait encore dans les dernières communications que nous avons eues ensemble au lieu qu'il me semble que nous l'avons tout à l'ail perdu de \uc. «
Vous voyez donc, ce me semble, assez clairement , (pie cette proposition tend plutôt à abréger qu'à prolonger les affaires, et ma disposition
que je n ai jamais propose de communication eue je désirasse avec qui que ce suit de delà, me contentant d'être prêt à exposer mes sentiments, sans affectation de qui que ce soit , à tous ceux
qui voudraient bien entier avec moi clans les
moyens de fermer la plaie (le la chrétienté. Secondement, quand quelqu'un devos pays, catholique ou prolestant, m'a parle des voies qu'on pourrait tenter pour un ouvrage si désirable,
j'ai toujours dit que celle affaire devait cire principalement traitée avec «les théologiens de la Confession tTAugsbourg , parmi lesquels j'ai toujours mis au premier rang M. l'abbé de Lokkum , comme un homme dont le savoir , la candeur et la modération le rendaient un des plus capables que je connusse pour avancer ce beau dessein.
J'ai, Monsieur, de ce savant homme, la même
opinion que vous en avez, et j'avoue, selon les est toujours, tant qu'il restera la moindre lueur
ternies de votre lettre, «que de tous ceux qui se- d'espérance dans ce grand ouvrage, de m'appli-
ront le mieux disposés à s'expliquer de leur chef, quer sans relâche à le faciliter, autant qu'il
aucun n'a proposé une manière où il y ait autant pourra dépendre de ma bonne volonté et de mes
d'avances qu'on en peut remarquer dans ce qu'il soins,
m'a écrit. » 11 faudrait maintenant vous dire un mot sur
Cela, Monsieur, est si véritable , que j'ai cru les avances que vous désireriez que je fisse, qui,
devoir assurer ce docte abbé, dans la réponse dites-vous, marquent de l'équité et de la modéra-
que je lui fis. il y a déjà plusieurs années, par tion. On peut faire deux sortes d'avances : les
RI. le comte Balati , que s'il pouvait faire passer unes sur la discipline, et sur cela on peut entrer
ce qu'il appelle ses pensées particulières, cogita- en composition. Je ne crois pas avoir rien omis
tionks FBlVAT.fi, à un conseulcinenl suffisant, je de ce côté-là, comme il parait par ma réponse à
me promettais qu'en y joignant les Remarques M. l'abbé de Lokkum. S'il y a pourtant quelque
queje lui envoyais sur la Confession d'Augsbourg chose qu'on y puisse encore ajouter, je suis prêt
et les autres écrits symboliques des protestants, à y suppléer par d'autres ouvertures, aussitôt
l'ouvrage de la réunion serait achevé dans ses qu'on se sera expliqué sur les premières, ce qui
parties les plus difliciles et les plus essentielles , n'a pas encore été fait. Quant aux avances que
en sorte qu'il ne faudrait, à des personnes bien vous semblez attendre de notre part sur les dog-
disposées, que très-peu de temps pour le con- mes de la foi, je vous ai répondu souvent que la
dure. constitution de l'Eglise romaine n'en souffre au-
Vous voyez par là, Monsieur, combien est éloi- cune, que par voie expositoire et déclaratoire.
gné de la vérité ce qu'on a dit comme en mon J'ai fait sur cela, Monsieur, toutes les avances
nom à Monseigneur le principe héritier, puis- dont je me suis avisé, pour lever les difficultés
qu'on trouve dans notre doctrine, en l'exposant II ne faut point chercher d'autre acceptation de telle qu'elle est, les autres expositions que l'on ce concile, quant au dogme, que des actes si pourrait encore attendre, dépendant des nou- authentiques et si souvent réitérés. voiles difficultés qu'on nous pourrait proposer. Mais, dites-vous, « vous ne proposez que de Les affaires de la religion ne se traitent pas « suspendre les anathèmes de ce concile à l'égard comme les affaires temporelles , que l'on com- « de ceux qui ne sont pas persuadés qu'il soit pose souvent en se relâchant de part et d'autre, « légitime. » C'est votre réponse dans votre letparce que ce sont des affaires dont les hom- tre du 3 septembre 1700. mes sont les maîtres. Mais les affaires de la Mais, au fond, et quoi qu'il en soit, on laissera foi dépendent de la révélation , sur laquelle on libre de croire, ou de ne croire pas ses décisions, peut s'expliquer mutuellement pour se bien en- ce qui n'est rien moins, bien qu'on adoucisse les tendre; mais c'est là aussi la seule méthode qui termes, que de lui ôter toute autorité. Et après peut réussir de notre côté. D ne servirait de rien tout, que servira cette expédient, puisqu'il n'en à la chose que j'entrasse dans les autres voies, et faudrait pas moins croire la transsubstantiation, ce serait faire le modéré mal à propos. La véri- le sacrifice, la primauté du Pape de droit divin , table modération qu'il faut garder en de telles la prière des saints , et celle pour les morts , qui choses , c'est de dire au vrai l'état où elles sont , ont été définies dans les conciles précédents? ou puisque toute autre facilité qu'on pourrait cher- bien il faudra abolir par un seul coup tous les cher ne servirait qu'à perdre le temps, et à faire conciles que votre nation, comme les autres, ont naître dans la suite des difficultés encore plus tenus ensemble depuis sept à huit cents ansgrandes. Ainsi le concile de Constance, où toute la nation
La grande difficulté à laquelle je vous ai sou- germanique a concouru avec une si parfaite
vent représenté qu'il fallait chercher un remède, unanimité contre Jean Wiclef et Jean Hus, sera le
c'est, en parlant de réunion, d'en proposer des premier à tomber par terre; tout ce qui a été
moyens qui ne nous fissent point tomber dans fait, à remonter jusqu'aux décrets contre Béren-
un schisme plus dangereux et plus irrémédia- ger, sera révoqué en doute , quoique reçu par
ble que celui que nous tâcherons de guérir, La toute l'Eglise d'Occident, et en Allemagne comme
voie déclaratoire que je vous propose évite cet partout ailleurs, les conciles que nous avons cé-
inconvénient, et au contraire , la suspension lébrés avec les Grecs n'auront pas plus de soli-
que vous proposez nous y jette jusqu'au fond, dite. Le second concile de Nicée, que l'Orient et
sans qu'on s'en puisse tirer. l'Occident reçoivent d'un commun accord parmi
Vous vous attachez, Monsieur, à nous propo- les œcuméniques , tombera comme les autres, ser pour préliminaire la suspension du concile Si vous objectez que les Français y ont trouvé de de Trente , sous prétexte qu'il n'est pas reçu en la difficulté pendant quelque temps, M. l'abbé de France. J'ai eu l'honneur de vous dire, et je vous Lokkum vous répondra que ce fut faute de s'enle répéterai sans cesse, que sans ici regarder la tendre ; et cette réponse, contenue dans les écrits discipline, il était reçu pour le dogme. Tous tant que j'ai de lui , est digne de son savoir et de sa que nous sommes d'évèques, et tout ce qu'il y a bonne foi. Les conciles de l'âge supérieur ne tiend'ecclésiastiques dans l'Eglise catholique, nous dront pas davantage; et vous-même, sans que je avons souscrit la foi de ce concile. Il n'y a dans puisse entendre pourquoi , vous ôtez toute autotoute la communion romaine aucun théologien rite à la définition du concile vi, sur les deux voqui réponde aux décrets de foi qu'on en tire, lontés de Jésus-Christ, encore que ce concile soit qu'il n'est pas reçu dans cette partie : tous au reçu en Orient et en Occident sans aucune difficontraire, en France ou en Allemagne , comme culte. Tout le reste s'évanouira de même, on ne en Italie, reconnaissent d'un commun accord sera appuyé que sur des fondements arbitraires, que c'est là une autorité dont aucun auteur ca- Trouvez, Monsieur, un remède à ce désordre, ou tholique ne se donne la liberté de se départir, renoncez à l'expédient que vous proposez. Lorsqu'on veut noter ou qualifier , comme on Mais, nous direz-vous, vous vous faites vousappclle, des propositions censurables, une des mêmes l'Eglise, et c'est ce qu'on vous conteste» notes des plus ordinaires est qu'elle est contraire II est vrai1, mais ceux qui nous le contestent, ou à la doctrine du concile de Trente : toutes les nient l'Eglise infaillible, ou ils l'avouent. S'ils la facultés de théologie, et la Sorbonne comme les nient infaillible, qu'ils donnent donc un moyen, autres, se servent tous les jours de cette censure : de conservei le point fixe de la religion. Ils y detous les évêques l'emploient, et en particulier, et meureront courts; et dès la première dispute dans les assemblées générales du clergé; ce que l'expérience les démentira. Il faudra donc avouer a dernière a encore solennellement pratiqué. l'Eglise infaillible : mais déjà, sans discussion,