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RÉFUTATION DU SIEUR FERRY
pour drosser l'Eglise « de nouveau , » qui était « en ruine et désolation. » Ne diriez-vous pas qu'elle s'étudie à nous convaincre de sa nouveauté ? Considérons toutes ses paroles, et nous verrons qu'il n'y en a aucune qui ne soit contre elle.
L'état de l'Eglise était interrompu. Que signifie ici l'état de l'Eglise, sinon le ministère ecclésiastique ? // était interrompu, nous dit-elle; mais le catéchiste , au contraire , enseigne à son peuple qu'il devait être continué jusqu'à la résurrection générale. « Il a fallu , » poursuit l'hérésie, « que Dieu ait suscité gens d'une façon « extraordinaire. » Pourquoi celte façon extraordinaire ? n'est-ce pas qu'elle s'aperçoit ellemême qu'elle n'a pas la succession légitime ? Mais ces gens , suscités extraordinairement , ont dressé de nouveau l'Eglise. Elle avoue sa nouveauté par sa bouche. Et ils « l'ont , » dit-elle, « dressée de nouveau, » parce « qu'elle était en ruine et désolation. » C'est donc injustement qu'ils ont usurpé la belle qualité de réformateurs, puisqu'ils ne veulent pas réformer l'Eglise ancienne, mais qu'ils en veulent dresser de nouvelles ; et nous voyons par leur procédé que la réformation de l'Eglise ancienne était le prétexte, et qu'en faire une nouvelle c'était le dessein.
Concluons donc de tout ce discours que la durée de l'Eglise est perpétuelle ; que d'ailleurs elle ne peut subsister sans avoir une forme visible, selon les principes du catéchiste ; et que l'Eglise prétendue réformée, qui, non-seulement ne peut montrer sa succession, mais qui confesse sa nouveauté , ne peut pas être cette sainte Eglise à laquelle le Fils de Dieu a promis qu'il serait toujours avec elle. Que si elle n'est pas l'Eglise de Jésus-Christ, elle n'a aucune part à ses grâces ; et elle ne peut attendre autre chose que la damnation éternelle , si ce n'est qu'ayant honte de sa nouveauté, elle revienne à l'unité ancienne dont elle s'est injustement séparée.