‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 5 sur 313 · CALOMNIE DES MINISTRES EST RÉFUTÉE PAR EUX-MÎ31E · texte numérisé non relu

CALOMNIE DES MINISTRES EST RÉFUTÉE PAR EUX-MÎ31E

( Avertissement aux Protestants. )

Mes chers frères ^'en a^orer plusieurs, comme Dieu même, et du

mêmehonneur que lui. Et néanmoins sans cela, I. Le reproche d'idolâtrie est celui qu'on a tou- [\ n'y aurait rien ou presque rien à nous dire, jours le plus employé pour allumer votre haine Sans cela, premièrement, il n'y aurait plus poulet donner quelque prétexte au schisme de vos m. Jurieu d'Eglise antichrétienne, comme on a Eglises prétendues. « Si l'Eglise romaine est ido- vu dans les précédents discours; on aurait ôté làtre, notre séparation ne peut être un schisme. » je pius grand, ou pour mieux dire, le seul obsta- C'est ce que dit M. Jurieu dans le livre de VU- c\& q^ ce rxxinistre tâche de mettre à notre salut. nité i; mais il ne le dit pas plus dans ce livre que c'est l'endroit où il triomphe le plus. Car ayant dans tous les autres ; surtout dans toutes les let- bientôt laissé là les Variations, trop ennuyantes très de la dernière année 2 ; et sans cette accusa- pour \n[ après les avoir tâtées par cinq ou six lettion d'idolâtrie, ce ministre serait muet. Il la tres> de peur qU'on ne croie qu'ji n'a pius rien a pousse à un tel excès, que dans des esprits moins me reprocher, il s'avise 'après trois ans d'interprévenus elle se détruirait par elle-même ; puis* ruption, de retomber tout de nouveau sur ma qu'il veut, et qu'il le répète cent fois, que nous Lettre pastorale 1, et s'attache presque uniquesommes des idolâtres aussi grossiers et aussi ment à cette accusation d'idolâtrie. Je veux donc charnels que les païens, qui ne soupçonmùent bien aussi interrompre un peu la matière des seulement pas qu'il y eût une création ; et qu'il Variations, pour entrer dans celle-ci ; et quoique prétend que nous égalons avec Dieu connu comme j'aie fait voir dans le dernier Avertissement2 Créateur, sa créature, qu'il a tuée et qu'il tire qu'assurément il n'y eut jamais d'idolâtrie plus continuellement du néant, à laquelle il ne cesse innocente et plus pieuse que la nôtre, puisque, de donner tout ce qu'elle a, et dans l'ordre de la de l'aveu de M. Jurieu, loin de damner ceux nature, et dans l'ordre de la grâce, et dans celui qui la pratiquent, elle leur est commune avec les de la gloire. Il n'en faudrait pas davantage pour saints ; de peur qu'on ne s'imagine que nous ne vous convaincre qu'il n'y eut jamais de calomnie pouvons nous sauver que par des exemples, je plus grossière. Car qui jamais s'avisa d'égaler, démontrerai, par des principes avoués des minispar son culte, des choses où il reconnaît une dif- très mêmes, que l'accusation d'idolâtrie formée férence infinie par leur nature ; ou de rendre les contre nous ne peut subsister, honneurs divins à ce qu'il ne croit pas Dieu? n. Je pose pour fondement la définition de Nous serions les seuls dans l'univers et dans toute l'idolâtrie. Idolâtrer, c'est rendre les honneurs dîl'étendue des siècles, capables d'une semblable vins à la créature : c'est, dis-je, transporter à la extravagance, de ne croire qu'un seul Dieu, et créature le culte qu'on doit à Dieu. Or est-il qu'il

J Trait', d'jiiiïé de l'Eglise contre M. Nicole, en 1881. — * 1G88. » Aux nouveaux catholiques, imprimée dés 163G. — ' III" Avert.

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