‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 50 sur 313 · TREIZIÈME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

TREIZIÈME RÉFLEXION

II ne me reste maintenant qu'à exhorter messieurs de la religion prétendue réformée, et M. Claude lui-même, s'il me le permet, à tirer les conséquences manifestes des principes qu'il a posés ; alors ils ne pourront plus résister à la vérité, et demeureront convaincus qu'il n'y a de salut pour eux qu'en retournant au sein de l'Eglise romaine.

Nous avons vu que, pour vérifier les promesses de l'Evangile, M. Claude s'est obligé à reconnaître une Eglise toujours visible 2, puisque l'Eglise

« Ephes., m, 10. — » Vid. sup., p. 138, etc.

SI lî l\ I (FUT DE M. CLAUDE. iC9

qui Q*esl pas \isible n'est pas Eglise, et que, se- les prétendus réformés qui sont sortis de sou

Ion la définition qu'il nous a donnée, d'Eglise sein.

c'esl les rrais fidèles , qui font profession de la .Mais les pasteurs, d'où sont-ils venus? Se sontvéi il»- chrétienne sous un ministère qui lui four- ils aussi détachés, avec ces prétendus fidèles, du nit les alimenta nécessaires pour la vie spiri- corps de l'Eglise romaine, pour perpétuer dans luelle1. » Les âdèlesnesont donc pas un corps en l'Eglise ainsi réformée le ministère ecclésiastil'air , puisqu'ils font raonsaiOM di i..v tAbri ;, que! Nullement: ce n'est pas ainsi que M. Claude tous vu ministère eceiisiastique toujours subsis- l'entend1. Les fidèles détachés de l'Eglise rolani: et que, comme nous L'ayons m, il doit y maine, ont tout d'un coup déposé tous les pasavoir, sans aucune interruption, une profession leurs qui étaient auparavant lesévêques et les extérieure dont on ait pu dire : « Là sont les prêtres catholiques, avec le Pape à leur tète, vrais fidèles. » étaient l«> pasteurs établis par Jésus-Christ; car

Ainsi il ne suffit pas de nous alléguer vague- il en (allait de tels aux nais fidèles qu'ils rouir ment des fidèles cachés; on s'oblige à nous mon- paient dans leur unité: au moment que la Retirer, sans interruption, premièrement uneso- tonne a paru, les voilà tout d'un coup déposés, ciété visible, dont on ait pu dire: Us sont là; a et te ministère se retire de leurs mains. c'esl là qu'ils servent Dieu en esprit et en vérité; Mais quel droit oui en des particuliers de déc'est là qu'ils confessent l'Evangile. posséder ainsi tout d'un coup et en un moment

Et ce ne sera pas assex qu'on nous montre ces tous leurs pasteurs 1 C'est que ce sont les vrais

fidèles dispersés : il faul, secondement . qu'on fi<i< I (-s a (\ni le ministère appartient de droit*, qui

nous les montre recueillis sous l'autorité du mi- ont pu, par conséquent, en disposer, t'ôteraux

nistère ecclésiastique , avec la prédication de la nns et le donner aux autres. 11 ne fout point,

parole, avec l'administration des sacrements, dit M. Claude *, s'imaginer la succession des pas-

avec l'usage des chefs et tout le gouvernement leurs ■ dans cette ordinaire transmission que les

ecclésiastique. ministres en font de l'un à l'autre, et qu'on ap-

Par conséquent, ce qu'on nous doit montrai pelle la succession extérieure et personnelle : il

est une société de pasteurs et de peuples : d'où il s'agit de savoir s'il ne peut pas arriver quelquc-

s'en suit, en troisième lieu, qu'on doit pouvoir fois que l'Eglise c'est-à-dire les vrais fidèles'

nous nommer ces pasteurs, puisque la suite en ôtera son ministère de la main de ceux qui en

est manifeste. ont trop visiblement abusé, et qu'elle le donnera

De chercher tout cela dans l'Eglise prétendue à d'autres. » reformée, telle qu'elle est maintenant, séparée Voilà la question en général, connue laprode l'Eglise romaine, c'est-à-dire de ce corps pose M. Claude ; et l'application qu'il en fait en d'Eglise qui reconnaît l'Eglise romaine, et le particulier, c'est «que les prélats latins qui occu- Pape pour son chef, c'esl à quoi M. Claude ne paient le ministère ecclésiastique du temps de songe seulement pas : il lui suffit que jusqu'au nos pères, et qui se sont assemblés au concile de temps de la séparation des prétendus réformes. Trente, ayant fait des décisions de foi ineompail trouve tout cela dans la romaine même. Les tiblesavecle salut, et avant prononcé des a navrais fidèles \ étaient, tant que ceux qui ont thèmes contre ceux qui ne s'] soumettaient pas, composé la Réformation prétendue y étaient: les prétendus réformés ont eu raison de regarquandils en sont sortis, ou qu'ils en ont été chas- der ces prélats comme des ministres qui s'étaient ses, ils ont emporté l'Eglise avec eux , comme eux-mêmes dépouillés du ministère, et de le M. Claude l'a dit dans la conférence 2. donner à d'autres personnes4. »

Ce discours, plus semblable à une raillerie 11 fallait donc, du moins selon ces principes,

qu'à un discours sérieux, est néanmoins celui attendre tes décisions de Trente; et puisqu'avant

qu'on lient sérieusement dans la nouvelle Ré- ces décisions tant d'Eglises séparées de Home

forme. Jusqu'à la séparation de ces nouveaux s'étaient déjà donné des pasteurs, la réformation

réformés, la suite des vrais fidèles, c'est-à-dire , aura commencé par un attentat manifeste. Mais

selon M. Claude, de la vraie Eglise visible, se ne pressons pas tant M. Claude, et, sans insister

perpétuait dans l'Eglise romaine, et ce n'est que rigoureusement sur le concile de Trente, piïons-

depuis leur séparation qu'elle a cessé de les con- le seulement de nous marquer, quelque jour, à

tenir. Telle est la suite de l'Eglise visible que M. peu près le temps où il permettra aux vrais û-

Claude établit dans sa réponse manuscrite3: dcles d'èlre demeurés sous le ministère de

jusqu'à la séparation, les vrais fidèles que con- l'Eglise romaine. En attendant, contentons-nous

tenait l'Eglise romaine; depuis la séparation, . ,

r l Iiet'- man., q., 54 et seq. — ' lui!., sur la fin. — ' Conséq.,

i Vide sup., p. 167. —2 lbid., p. 122. — > Rcp. man., q. C4. q. 8, 9, 10.

RÉFLEXIONS

d' observer cette nouvelle doctrine : qu'il peut arriver que tous les pasteurs de l'Eglise, dépossédés tout d'un coup, deviennent en un moment des particuliers, et que, sans qu'ils établissent d'autres pasteurs pour leur succéder, les vrais fidèles, nullement pasteurs, mais des particuliers séparés de toute Eglise actuellement existante, de leur seule autorité contèrent leur ministère à d'autres, les établissent, les ordonnent, les installent. C'est ce que M. Claude explique encore dans la suite, par ces mots : que ces pasteurs, auparavant seuls en fonction, « sont privés de droit, et le ministère revenu de droit à cette partie de la société dans laquelle se sont trouvés les vrais fidèles1, » c'est-à-dire les prétendus réformés séparés de l'Eglise romaine , et de toute l'Eglise subsistante alors dans le monde. Que la séparation donne d'autorité et de privilège !

Telle est la doctrine de M. Claude : si j'altère, si j'exagère, si je diminue, qu'il publie, sans différer, son écrit pour me confondre. Mais si c'est là sa doctrine, je conjure nos réformés de considérer quels prodiges de doctrine il faut enseigner pour défendre leur réforme.

Car premièrement, où me lira-t-on, dans quel Evangile, dans quelle Epitre, dans quelle écriture de l'Ancien ou du Nouveau Testament, que tous les pasteurs de l'Eglise dussent en un moment tomber de leur chaire, et devenir des particuliers auxquels on pût et on dût désobéir impunément?

Jésus-Christ nous a-t-il caché ce grand mystère? et ne nous aura-t-il pas précautionnés con tre cette horrible tentation de son Eglise? Mais ce n'est pas tout : après nous avoir montré dans l'Ecriture cette chute universelle de tous les pasteurs, il y faut trouver encore ce ministère revenu de droit aux particuliers, qui jamais n'en ont été revêtus. Et comment l'entend 31. Claude? Est-ce que ces particuliers, de droit deviennent ministres, sans que personne les ait ordonnés; ou que, sans être ministres, ils aient le droit d'établir de leur seule autorité des ministres dans l'Eglise? Qu'on le montre dans l'Ecriture, ou qu'on renonce pour jamais à la prétention de n'avoir que l'Eci ilure pour guide.

Je trouve dans l'Ecriture que Jésus-Christ dit à ses apôtres : « Comme mon Père m'a envoyé, a ainsi je vous envoie 2. » Je trouve dans l'Ecriture, que les apôtnes ainsi envoyés en envoient d'autres, et se consacrent des successeurs3. Mais que tous leurs successeurs étant tout d:un coup déclins et privés de droit de leur ministère, ce minière revienne de droit aux fidèles, à qui personne ne l'avait jamais donné, pour en dis-

' Cauèq. 10. — > Joan., xx, 21. — » TH., i, 6. seq.

poser à leur gré, ni l'Ecriture nëVl'a dit, ni le?

siècles suivants ne l'ont imaginé ; c'est un monstre dont la naissance était réservée au temps de la nouvelle Réforme.

Le ministère, dit-on, appartient de droit à l'Eglise. Sans doute, il appartient à l'Eglise comme les yeux appartiennent au corps. Le ministère n'est pas à lui-même, non plus que les yeux. Le ministère est établi pour être la lumière de l'Eglise, comme les yeux sont la lumière, ou, comme les appelle Jésus-Christ, le flambeau du corps. S'ensuit-il que, lorsque le corps a perdu ses yeux, il puisse les refaire de lui-même? Non sans doute; il aura besoin de la main qui les a faits la première fois, et il n'y aura jamais qu'une nouvelle création qui puisse réparer l'ouvrage que la première création avait réformée. De celte sorte, si l'Eglise catholique pouvait, comme on a voulu se l'imaginer dans la nouvelle Réforme, perdre tout d'un coup tous ses ministres, sans qu'ils se fussentdonné, selonl'ordre de Jésus-Christ, des successeurs, il faudrait que Jésus-Christ revint sur lu terre pour rétablir cet ordre sacré par une création nouvelle.

On veut bien trouver dans le sein de l'Eglise romaine ces vrais fidèles dont on compose d'abord l'Eglise réformée : pourquoi ne voudrat-on pas détacher de même les pasteurs qUi étaient en charge dans l'Eglise romaine? Le ministère doit être mêlé comme le peuple, et il doit y avoir toujours de bons pasteurs parmi les mauvais, comme il y a toujours de vrais fidèles parmi les faux Chrétiens. Pourquoi donc a-t-il fallu due dans la nouvelle Reforme et dans l'art. 31 de sa Confession de foi, que fêtai de l'Eglise était interrompu ? Pourquoi a-t-il failuavoir recours « a ces gens extraordinairement suscités « pour dresser de nouveau l'Eglise, qui était en « ruine et désolation ? » C'est qu'il a fallu parler, non pas selon ce qui se devait faire dans l'ordre établi par Jésus-Christ, mais selon ce qui s'est fait contre tout ordre. C'est que la nouvelle réforme s'est fait des pasteurs, qui, en effet, ne tenaient rien des pasteurs qui étaient en charge auparavant; et c'est pourquoi il a bien fallu, malgré qu'on en eût, leur attribuer, quoique sans preuve, une vocation extraordinaire. Mais, au fond, la raison voulait autre chose : et pourquoi n'a-t-on pas parlé suivant la raison, si ce n'est, encore une fois, qu'il a fallu accommoder, non pas ce qui se faisait à la règle, mais la règle h ce qui s'est fait?

Mais, dira-t-on, si quelque Eglise, par exemple l'Eglise grecque, nous montre la succession de ses pasteurs, la tiendrez-vous vraie Eglise? Nullement, si je puismonirer d'autres marques

SUR UN ÉCRIT DE M. CLAUDE

fît

d'Innovation qu'elle ne puisse nier; comme Je ferais nuis beaucoup de 1 '1111', s'il en était question. Mais avec nos réformés, la preuve esl laite, puisqu'ils confessent eux-mêmes l'interruption

aonl il s' igit.

M. Claude pallie, comme il peut, cet état interrompu de l'ijjlise, reconnu si précisé ni

dans sa Confession île Toi. « Noos distinguons, » dit il 1, « l'Eglise d'avec son état. L'Eglise, ce sont les \rais fidèles qui font profession delà vérité chrétienne, de la piété, ei d'une véritable sainteté, sous on ministère qui lui fournit les aliments nécessaires pour la Vie spirituelle sans lui en soustraire aucun. Bon état naturel et lé* gitimeest d'être déchargée, autant que la condition de militante le peut permettre, du mélange Impur des profanes et des mondains; de n'être point couverte et comme ensevelie par cette paille et celle zizanie, d'où viennent mille maux; d'avoir un ministère dégagé d'erreurs, de faux cultes, d'usages superstitieux, un ministère possédé par des gens de bien qui le tiennent par de bonnes voies, et qui servent euxmêmes de bon exemple. C'est cet état que nous croyons avoir été Interrompu. » pourquoi se charger de tant de paroles, et à cause qu'elles sont pompeuses ne prendre pas garde qu'elles sont vaines, pour ne pas dire trompeuses, et contraires manifestement à l'Evangile ? Car peut-on plus clairement abuser le inonde, que d'exagérer, comme on l'ait ici, « ce ministère possédé par des gens de bien, qui le tiennent par de bonnes voies et qui servent eux-mêmCfl de bon exemple? » Est-ce que l'autorité du ministère ecclésiastique dépend de la discussion de la vie et du bon exemple de ceux qui eu sont revêtus? et que quandilsseraienl aussi scandaleux et aussi pervers que les scribes et les pharisiens, il ne faudrait pas dire encore, non pas avec Jésus-Christ : « Ils sont sur la ebaire de a Moïse2, » mais ce qui est bien plus auguste: Ils sont sur la chaire de Jésus-Christ et des apôtres? Laissons néanmoins ces choses, et venons à cet état interrompu de l'art. 31, que M. Claude entreprend ici de nous expliquer. Cet état interrompu est allégué pour fonder la nécessite d'une vocation extraordinaire dans les prétendus réformateurs : car écoutons comme parle cet article : « Il a fallu quelquefois, et notamment de nos jours, où l'état de l'Eglise était interrompu, que Dieu suscitât gens d'une façoti extraordinaire pour dresser de nouveau l'Eglise. » Vous le voyez, Messieurs, cet élatinterrompu del Eqlige es\ alléguéseulement pour fonder la vocation extraordinaire de vos premiers rélormateurs. Mais, pour

'Après la q. 4. conséq.7. — * JJatCh., xmi, 2.

fonderla nécessité d'une voentionextraordinnire, il ne suffit pas que le ministère soit impur, il faut que le ministère ail cesse. Quand vous êtes venus, Messieurs, ce ministère ecclésiastique avait-il cessé? Nullement, vous répondra M. Claude, car aiilrement l'Eglise aurait cessé; puisque l'Eglise, selon lui, comme vous venez de l'entendre, n'est autre chose que les « vrais « fidèles qui font profession de la vérité sous un « ministère qui lui fournit les aliments néees- « saires. i Et il nous a déjà dit souvent <pie l'Eglise n'est jamais sang le ministère. C'est pourquoi dans cet endroit, où il lâche à rendre raison de n't étui interrompu, après avoir expliqué par tant de beaux mois l'impunie qu'il se représente dans le ministère avant la réformation : « l'Eglise, ' ajoute-t-il, « n'a pas eeasé, elle n'a

point entièrement perdu sa visibilité ni son ministère, à Dieu ne plaise I » Voyes connue il se récrie contre celle abomination, de dire que le ministère puisse être perdu dans l'Eglise I U n'y a donc jamais de nécessité de vocation extraordinaire dans les ministres, puisque, pour transmettre le ministère à la façon ordinaire, il n'est pas requis que le ministère soit pur : il Suffit qu'il soit. Et quand, pour le transmettre on demanderait, comme parle M. Claude, nonseulement des ministres de bonne doctrine, mais encore de bonne vie et de bon exemple, il est aussi assuré qu'il ] en aura toujours de tels dans la société du peuple de Dieu, qu'il est assuré qu'il y aura toujours de vrais fidèles; puisque tout, et le ministère autant que le peuple, y doit être mêle de bien et de mal, jusqu'à la derni-re séparation et au dernier jugement Ainsi la vocation extraordinaire de tous côtés est exclue de l'Eglise de Jésus-Christ et n'y peut être qu'un faible refuge d'une cause déplorée.

Et pour voir quel renversement de l'ordre de Jésus Christ introduit ici M. Claude, il n'y a qu'à considérer les promesses de Jésus-Christ, et voir où il lui a plu d'établir principalement la force de son Eglise. Elle est forte, elle est invincible, parce que Jésus-Christ a dit que l'enfer ne prévaudrait point contre elle ' ; mais il n'a dit que l'enfer ne prévaudrait point contre elle, qu'après avoir dit : « Tu es Pierre, et « sur cette pierre je bâtirai mon Eglise; » et ajoutant aussitôt après : « Je te donnerai les « clefs du royaume des cieux. » C'est donc dans le ministère confessant et annonçant Jésus- Christ, et usant de l'autorité des clefs, que Jésus- Christ a établi principalement la force de son Eglise. Et à qui a-t-il dit : « Je suis avec vous

» Malth., xyi. 18.

RÉFLEXIONS

« jusqu'à la consommation des siècles i, » si ce n'est à ceux à qui il a dit : « Enseignez et « baptisez ? » Toute l'Eglise est comprise dans cette promesse : qui ne le sait pas ? Mais c'est que Jésus-Christ a voulu montrer la vérité de cette doctrine, si bien expliquée par saint Cyprieu : « L'Eglise ne quitte point Jésus-Christ ; et c'est là l'Eglise, le peuple uni avec son évèque, et le troupeau attaché à son pasteur 2; » où il est clair qu'il faut entendre, comme il dit ailleurs : Ce pasteur uni à tous ses collègues, et à toute l'unité de l'épiscopat, si souvent établi dans ses écrits 3. C'est donc avec raison que Jésus- Christ a voulu marquer la suite de son Eglise par celle du ministère ; et on voit manifestement que c'est à ceux qui enseignent qu'il a voulu dire : « Je suis avec vous. » Et ce qu'il y a ici de plus admirable, c'est que ces promesses sont si évidentes, que, contre les préventions de sa religion, M. Claude a été forcé à les reconnaître telles que je viens de les expliquer4. Car nous l'avons entendu nous dire que c'est en effet d'une Eglise confessante, d'une Eglise qui publie la foi, d'une Eglise qui use du ministère, que Jésus-Christ a prononcé que l'enfer ne prévaudrait point contre elle. Et parce que Jésus- Clmst, après avoir dit : Enseignez et baptisez, ajoute : Je suis avec vous, M. Claude conclut comme nous 5 que Jésus-Christ en effet désigne une Eglise, qu'il assure d'être avec elle, de baptiser avec elle, et d'enseigner avec elle sans interruption jusqu'à la fin du monde. C'est donc la succession et la perpétuité du ministère qui est comprise principalement dans cette promesse ; c'est là principalement que Jésus-Christ établit la force et l'éternelle durée de son Eglise. Cependant contre tout cet ordre, on nous montre le ministère si faible et tellement délaissé de Jésus-Cbrist, qu'il tombe tout entier en un moment; et, au contraire, les fidèles particuliers si forts, qu'eux seuls rétablissent tout le ministère extraordinairement suscité, sans avoir égard à la succession ni à l'autorité de toute l'administration précédente. Qui ne voit donc qu'on renverse tout dans la nouvelle Réforme? et que de dire, avec elle, que Dieu a voulu conserver de vrais fidèles dans son Eglise, pour en déposer par leur moyen tous les pasteurs, et ensuite en établir d'autres extraordinairement à leur place ; pendant qu'il n'a pas voulu conserver de bons pasteurs pour transmettre le ministère par les voies communes établies dans sa parole, et toujours observées dans son Eglise : c'est dire qu'il a voulu former une Eglise d'une manière

« Molh., xxvlil, 20. — 5 Epist. G9 ad Folr, Pup., p. 123. — » Epi .'- 'A,(.d Corn, et tr. Deunil. Eccl., etc. — * Fidesup. — * lUid-,

contraire à celle qu'il a révélée, et qu'il a toujours fait suivre à son Eglise ; ou plutôt, c'est dire qu'il a voulu que cette Eglise, formée d'une manière si nouvelle parmi les Chrétiens, portât dans son origine, sans le pouvoir effacer jamais, le caractère manifeste de sa fausseté.

Mais venons à ces vrais fidèles que M. Claude nous vante. Je ne me contente pas de leur contester le pouvoir quil leur a donné de déposer tous leurs pasteurs et d'en faire d'autres : je dis que ces vrais fidèles n'ont j'amais été. Il faut pourtant bien, selon ce ministre, qu'ils aient été vrais fidèles, même dans le sein de l'Eglise romaine : car puisque, selon sa doctrine, il faut reconnaître, sans aucune interruption, un ministère ecclésiastique, et une profession extérieure dont on ait pu dire : Là sont les vrais fidèles, ils étaient vrais fidèles sous ce ministère et dans cette profession d'où ils sont sortis. Je demande, communiquaient-ils au sacrifice où on prie les saints, où on honore leurs reliques et leurs images, où on nomme le Pape comme le chef des orthodoxes, où on adore Jésus-Christ comme présent en corps et en âme, où on l'offre, où on reçoit le saint Sacrement sous une espèce? Ne communiquer pas à ce sacrifice, et refuser d'y recevoir l'Eucharistie, c'était se séparer manifestement, et on suppose qu'ils ne le faisaient pas encore : mais s'ils y communiquaient en demeurant vrais fidèles, dans quelle erreur sont maintenant tous nos réformés, qui ne se croient vrais fidèles que depuis qu'ils ont cessé d'y communiquer !

Ainsi ces vrais fidèles sont des gens en l'air : ces sept mille tant vantés dans la nouvelle réforme l, et par M. Claude 2, non-seulement ne paraissent pas, mais ne sont pas ; puisque, devant la séparation, il n'y a personne qui ne communique au sacrifice et à l'hostie que nos réformés regardent comme le Raal devant lequel il ne fallait point courber le genou 3.

On dit que ces vrais fidèles qui, par leur actuelle séparation, ont composé la réforme, étaient auparavant séparés de cœur de l'idolâtrie publique. Mais, premièrement, cela ne suffit pas : secondement, cela n'est pas.

Cela ne suffit pas, selon M. Claude, puisqu'il veut une Eglise toujours visible; puisqu'il nous a tout à l'heure défini l'Eglise, les vrais fidèles qui font frofession de la vérité, de la piété, de la sainteté véritable. Donc où manque la profession, il n'y a ni de vrais fidèles ni de vraie Eglise.

Mais de plus, visiblement cela n'est pas : autrement quand Luther parut, et que Zuinglein-

« III JReg., xix.. — 2 lîcp. mon., part. n. — !m Rcg., xix, 18.

SUR UN ÉCRIT OH M. CLAUDE

nova, il fendrai! que leurs disciples eussent t'ait cette déclaration : Voilà ce que nous avons toujours cru ; nous ayons toujours eu le oœuréloignédelafoi romaine, et du Pape, etdes évoques, et ilf la présence réelle, 1 1 de la messe, et de la confession, el de la communion sous une espèce, et <lr> reliques, et des images, et de la prière des saints, et du mérite des œuvres. Où sont ceux qui ont parlé de cette sorte! M. Claude en pourra-t-il nommer un seul ? Au contraire, ne voit-on pas ions ces réformés, à toutes les pages

de leurs livres, parler comme retires nouvellement <le> ténèbres de la râpante, et Luther se glorifier à leur tète d'avoir été le premier à annoncer l'Evangile ; ions ces réformés lui applaudir, à la réserve de Zuingle, <| ■ i i lui disputait cet

honneur: lui cependant reconnaître qu'il avait

été le moine de l.i nieillem e loi, le prêtre le plus

attaché à son sacrifice, en un mot, le plus télé

de tOUS les papaux f Les autres ne tiennent-ils pas le même langage? OÙ sont-ils donc Ces riais

fidèles de M. Claude, qui non-seulement n'osaient déclarer leur foi tant qu'ils étaient dans le sein de l'Eglise romaine, mais qui, après en Être sortis, n'ont osé dire qu'ils avaient toujours tenu dans leur eo'iir la même foi!

Hais voici la ruine entière de la nouvelle réforme. Dans là définition que M. Claude vient de

nous donner de la vraie Eglise, ■ c'est, dit-il, les

vrais fidèles qui font profession de la vérité chrétienne, sous un ministère qui lui fournit les

aliments nécessaires sans lui en soustraire aucun. » Si avant la réformation il n'j avait point de telle Eglise, la vraie Eglise n'était pins, contre la supposition de M. Claude ; el s'il v avait une telle Eglise où « on fit profession de là vÉ&rri, et qui donnât par son ministère aux entants de Dieu les aliments nécessaires bars lbdb bu soustraire aucun, y> à quoi était nécessaire la séparation des prétendus réformés!

Est-ce peut-être qu'on s'est avisé tout d'un coup de dire la messe, et d'enseigner toutes les doctrines que nos réformés ont alléguées pour cause de leur rupture? Le penser seulement, ce serait l'absurdité des absurdités. Mais peut-être qu'en enseignant toutes ces doctrines, on n'avait pas encore songé à excommunier ceux qui s'y opposaient. D'où viennent donc tant d'anathèmes contre Bérenger, contre les vaudois et les albigeois, contre Jean Viclcf et Jean Hus, et tant d'autres que nos réformés veulent compter parmi leurs ancêtres? Quoi donc! ceux qui, avant la réformation prétendue, faisaient profession de la vérité chrétienne, c'est-à-dire, selon M. Claude, de la doctrine réformée, n'avaient-ils pas encore trouvé l'invention de faire schisme, et tout le

monde était-il d'accord de les souffrir? Mais quand lout cela serait véritable, les amures de

la réforme n'en iraient pas mieux, puisque toujours, avant qu'elle lût, il faudrait reconnaître un ministère, où, sans enseigner ni que le pécheur fût justifié par la seule foi et la seule imputation de la justice de Jésus-Christ, ni que Dieu, dans le .Nouveau Testament, eût horreur de sacrifices célébrés ilans une matière sensible, ni qu'il voulût être prié seul, à l'exclusion de cette prière intérieure et subordonnée qu'on adresse aux saints, ni enfin aucun des articles qui distinguenl nos réformés d'avec nous, encore qu'ils

v incitent leur saint : on ne laissât pas de fournir aux enfant* de Dieu tous les aliments nécessaires à In vie spirituelle, sans lei r km bousii;\h:i lucun. Qu'a opéré la réforme, si toutes ces choses ne sont pas des aliments nécessaires .

si même la eoupe sacrée, el par conséquent la

cène, qui, selon les prétendus réfol mes, ne peut Bubsister sans la communication de cette coupe, n'est pas de ««s aliineuls nécessaires à la foi du Chrétien! Qu'on s'est tourmenté en vain, mais

qu'on a mal à propos causé tant de troubles et

répandu tant de sang, si ces choses ne sont pas nécessaires !

l'eul-éli e qu'il faut réduire ces aliments nécessaires au Symbole des apôtres, ou en générale l'Ecriture. .Mus l'Eglise socinienne relient ce Symbole et cette Ecriture; de sorte que le ministère d'une Eglise socinienne eût fourni, selon celle règle, aux enfants de Dieu tous les aliments nécessaires, tans leur en soustraire aucun. Une sera-ce donc à la fin de ces aliments nécessaires? et si on les fournit sans en soustraire aucun, seulement en proposant le Symbole et l'Ecriture, quoi qu'on enseigne d'ailleurs, dans quelle hérésie ont-ils manqué?

Plus M. Claude fait ici d'efforts pour se dégager, plus il s'embarrasse. Car, après avoir établi comme une vérité fondamentale que Pieu conserve toujours dans le ministère tout ce qui est nécessaire pour y nourrir les vrais fidèles, et les conduire au salut, il dit qu'il ne s'ensuit pas de là que le ministère soit exempt de toute erreur l, même dans ses décisions ; mais que, soit qu'elles n'intéressent pas sensiblement la conscience, ou même qu'elles intéressent le salut, on use de la liberté de la conscience pour rejeter le mal, et pour conserver la pureté. Ainsi tout se réduirait à la liberté de conscience ; et quelque erreur qu'on enseigne dans le ministère, pourvu qu'on ne force pas à en suivre les décisions, et qu'on y souffre toutes les doctrines contraires, bonnes ou mauvaises, c'en est assez pour faire dire à M.

1 H'ip. man-, q. 4.

RÉFLEXIONS

Claude, quête ministère fournit tous les aliments nécessaires aux mfants de Dieu, sans leur en soustraire aucun. Mais, selon cette prétention, il n'y aurait point de sociétédont le ministère fournit da va n tage tous les alinien ts nécessaires q u n ne société de sociniens, qui se glorifie de ne vouloir damner personne. Si on dit parmi nos réformés qu'une Eglise socinienne renverse le fondement en niant la divinité de Jésus-Christ, on y dit aussi qu'on ne le renversait pas moins, avant leur réformation, par leurs idolâtries, qui, selon eux, régnaient partout. Et si on veut enfin s'imaginer qu'il est plus dangereux de détruire le fondement par soustraction avec les sociniens qu'avec l'Eglise romaine, par ces additions prétendues qu'on traite d'idolâtrie . outre toutes les soustractions que nous y venons de montrer, selon les principes de nos réformés, et même avant leur réformation, ce serait une extravagance inouïe de croire qu'il fût plus aisé à ces vrais fidèles, qui devaient faire le discernement des doctrines sous un ministère plein d'erreurs, de retrancher ce qui excède, que de suppléer à ce qui manque ; ou qu'on renverse plus certainement le fondement de la foi, en diminuant qu'en ajoutant, l'Ecriture ayant tant de fois compris sous une commune malédiction tant ceux qui diminuent que ceux qui ajoutent.

Il vaudrait donc mieux, pour M. Claude, laisser là tout ce ministère et la perpétuellevisibilité de l'Eglise, pour dire qu'il suffit enfin,, toute cette visibilité étant renversée , que Dieu ait gardé l'Ecriture sainte, où les fidèles, soit cachés, soit découverts, soit dispersés, soit réunis, soit toujours subsistants, soit quelquefois tout à fait éteints , trouveront clairement , selon ses principes, sans aucun besoin du ministère, tous les aliments nécessaires. Car aussi à quoi leur est bon un ministère où l'erreur domine ? et l'Ecriture ne leur serait-elle pas plus commode et plus instructive toute seule ? Voilà ce que devraient dire les protestants, pour éviter les inconvénients où nous les jetons. Mais M. Claude n'a o^é le faire et ne l'osera jamais, parce qu'il y trouverait des inconvénients encore plus insupportables et plus visibles. C'est, en un mot, qu'il a senti qu'à force de pousser, indépendamment de tout ministère ecclésiastique, l'autorité et la suffisance, pour ainsi parler, de l'Ecriture, à la fin il faudrait détruire l'Ecrituremème.

En effet, il a trouvé dans l'Ecriture que l'Ecriture ne devait pas être, comme la philosophie de Platon, la règle d'une république en idée, mais d'un peuple toujours subsistant, que cette Ecriture appelle Eglise. II a trouvé que ce peuple devaitèlre toujours visible sur la terre, puis-

qu'il devait non-seulement croire de cœur, mais encore confesser de bouche 1, et, pour user de ses termes, faire profession de la vérité chrétienne'1. Il a trouvé que l'Ecriture avait été mise en dépôt entre les mains d'un tel peuple, pour en être la règle immuable ; qu'elle y aurait toujours des interprètes établis de Dieu, auteur de cette Ecriture, aussi bien que fondateur de ce peuple; et qu'ainsi le ministère destiné de Dieu à cette interprétation était éternel autant que l'Eglise même.

S'il écrit ces grandes paroles : « Dieu conserve toujours dans le ministère public tout ce qui est nécessaire pour conduire les vrais fidèles au salut3, » il ne peut fonder celte assurance sur aucune industrie humaine. Que Dieu laisse le ministère ecclésiastique à lui-même, il faut qu'il tombe. Si donc on est assuré que Dieu y conservera toujours tout ce qui est nécessaire au salut, il faut que Dieu même l'ait promis, et l'éternité du ministère ne peut être fondée que sur cette promesse. M. Claude la trouve aussi dans ces paroles : Tu es Pierre 4, et le reste. C'est de là qu'il conclut avec nous, que Jésus-Christ, en parlant à une Eglise qui coiifesse, et confesse sans difficulté par ses principaux ministres, puisque c'est par saint Pierre au nom des apôtres, à une Eglise attachée à un ministère extérieur, et usant de la puissance des clefs, lui a promis que l'enfer ne prévaudrait point contre elle : contre elle, par conséquent soutenue par ce ministère ; et c'est pourquoi il assure que « Dieu conserve toujours « dans le ministère public, tout ce qui est né- « cessaire au salut des enfants de Dieu. »

Une autre promesse de Jésus-Christ adressée à ceux qui baptisent et à ceux qui enseignent, et conclue par ces puissantes paroles : « Je serai « toujours avec vous jusqu'à la consommation « des siècles 5, » fait dire à M. Claude 6, aussi bien qu'à nous, que Jésus-Christ promet à l'Eglise « d'être avec elle, de baptiser avec elle, et d'enseigner AVEC ELLE, SANS INTERRUPTION, JUSQU'A

la fin du monde. » Ainsi, selon ce ministre, celte promesse regarde l'Eglise comme attachée au ministère ecclésiastique ; ce qui aussi lui fait conclure a que Jésus-Christ ne permet jamais que la corruption soit telle dans le ministère, qu'il n'y ait encore suffisamment de quoi entretenir la vraie foi de ses élus jusqu'à la fin du monde. »

Enfin, un troisième passage, et c'est celui de saint Paul aux Ephésiens7, lui fait conclure avec nous, « que le ministère durera jusqu'à la fin

DES SIÈCLES, ET DURERA DANS UN DEGRÉ et dans

'Jlnm., x, 1.— » Vide sup., 20.— » RJp. man., qu. 4.- 'Mal th., xvi, 18. — ' Matth., xxviii, 20. — • Ibid. — ' Eph , iv, 12.

SUR UN ÉCRIT DE M. CLAUDE

un étal suffisant pour édifier le corps du Christ, el l'tn R v.mi m:ii TOUS i.i s i i.i s v i.i n BF8CT10N l doill parle saint Paul 5. » Il faudra donc que

Dieu s'en mêle; cl sans son .secours toujours

firésent, OU ne pourrait espérer une telle stabiile ni une telle intégrité dans le ministère.

Après avoir ainsi commencée eroire.il fallait achever l'outrage, et donner gloire à Dieu jusqu'au bout. .M. Claude n'était pas loin du royaume de Dieu, quand il «lisait que Dieu se

rendait assez supérieur à l'infirmité humaine.

pour conserver toujours, malgré les efforts de l'enfer, une Eglise <pd confesserait la vérité el un ministère extérieur qui fournirait aux vrais fidèles les aliments nécessaires au salut. Il devait doue achever, el croire «pic la même main, qui empêcherait l'enfer de prévaloir contre le ministère jusqu'à ôier ses aliments nécessaires,

l'empêcherait aussi de prévaloir jusqu'à J faire

dominer aucune erreur; d'aidant plus que ce

qu'il a cru, enferme manifestement ce qui reste

à croire. Car s'il a cru, sur la loi de la promesse divine, qu'il y aurait toujours une Eglise avec laquelle jésus-Christ ne cesserait d'enseigner ,

C est-à-dire, sans difficulté, qu'il ne cesserait

d'enseigner avec les docteurs de celle Eglise . il fallait croire, parle mèmeinoven, qu'il \ enseignerait toute vérité, Jésus-Chrisl n'étant pas

venu, et n'ayant pas envoyé son Saint-Esprit à

ses Apôtres pour leur enseigner quelques vérités, mais pour leur enseigner toute vérité,

comme lui-même l'a déclaré dans son Evangile 3.

Et il ne servirait de rien de dire que M. Claude promet seulement, dans le ministère, des aliments suffisants; ce qui pourrait ne comprendre que les fondements de la foi. à la manière dont

nos réformés les trouvent parmi les luthériens.

Car la doctrine de Jésus-Christ ne contenant rien qui ne soit utile, conformément à cette parole : « Je suis le Seigneur qui t'enseigne des choses a utiles « ; » si on ne trouve dans le ministère la doctrine de Jésus-Christ tout entière, on n\ trouvera jamais ce degré requis par M. Claude, ni cet état SUFFISANT pour amener tous élus a LA

PERFECTION dotlt parle Saint Plllll.

Ce serait donc quelque chose de croire que par la promesse Dieu conservait sans interruption dans le ministère ecclésiastique toutes les vérités essentielles . car ce serait reconnaître dans l'Eglise avec laquelle Jésus-Christ enseigne, un commencement d'autorité infaillible, en reconnaissant ce. le autorité du moins à l'égard de ces premières ventés du christianisme. Mais pour

' R p. man., q. 4.—' Col., il', 14. — s Joan., xvi, 13. — ' // /*.

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