SUR
j>oi:r montrer aux réunis, par l'expresse parole de dieu, que le même prlnc1pe qui nous fait chrétiens nous doit aussi faire catholiques.
Jacques-Bénigne, par la permission divine, évêque de Meaux : au clergé et au peuple de notre diocèse, Salut et bénédiction.
Le saint travail de l'Eglise pour enfanter de nouveau en Notre-Seigneur ceux qu'elle a perdus ians le schisme du dernier siècle, est l'effort commun de tout le corps mystique de Jésus- Christ : tous les fidèles y ont part selon leur état et leur vocation ; et nous nous sentons obligés à vous exposer, mes chers Frères, comment chacun de nous doit y contribuer.
Vous, donc, avant toutes choses, vous qui êtes obligés à les instruire, ne vous jeté? point dans les contentions où se mêle l'espr't d'aigreur; avertissez-les avec saint Paul, de«ne se point atta- « cher à des disputes de paroles quî ne sont bonce nés qu'à pervertir ceux qui écoutent : » exposez-leur la sainteté de leur doctrine, si irréprochable en elle-même, qu'on n'a pu l'attaquer qu'en la déguisant, et faites-leur aimer l'Eglise en leur proposant les immortelles promesses qui lui servent de fondement.
Il y a deux sortes de promesses : les unes s'accomplissent visiblement sur la terre ; les autres sont imisibles, et le parfait accomplissement en est réservé à la vie future. « L'Eglise sera glo- « rieuse, sans tache et sans ride : » éternellement heureuse avec son Epoux, dans ses chastes embrassements « où Dieu sera tout en tous : » c'est ce que nous ne verrons qu'au siècle futur; mais en attendant; l'Eglise sera sur la terre «éta- « blie sur le fondement des apôtres et des pro- « phètes, et sur la pierre angulaire qui est Jésus- « Christ. » Les vents soulflercnt, les tempêtes ne cesseront de s'élever , l'enfer frémira par toutes sortes de tentations, de persécutions, d'impiétés, d'hérésies, sans qu'elle puisse être ébranlée, ni sa succession visible interrompue d'un moment : c'est ce qu'on verra toujours de ses yeux : et un objet si merveilleux ne manquera jamais aux fidèles.
Saint Auguslin a remarqué en plusieurs en-
droits ! que ces deux sortes de promesses sont subordonnées: les premières servent d'assurance aux secondes ; je veux dire que ce qu'on voit s'accomplir sensiblement sur la terre, rassure les plus incrédules sur ce qu'on ne doit voir que dans le ciel. Dieu accomplit dans son Eglise ce qui y doit paraître dans le temps : il n'accomplira pas moins ce qui ne nous doit être déco uvert qu'au ciel dans l'éternité. La foi chrétienne est établie sur l'enchaînement immuable d«? ces deux espèces de promesses ; et révoquer en doute cette liaison, c'est vouloir ôter au fidèle un gage de sa foi, que Jésus-Cbrist a voulu lui donner.
Pour rendre cette vérité sensible aux plus incrédules, représentez-leur, mes chers Frères, ce jour qui fut le dernier où Jésus-Christ parut sur la terre : prêt à monter aux cieux à la vue de ses disciples, avant que de les quitter et d'aller prendre sa place à la droite de son Père, il fit le plan de son Eglise, et il en prédit, parlons mieux, il en régla la destinée sur la terre (qu'on me permette ce mot), en lui promettant une double universalité, l'une dans les lieux et la seconde dans les temps.
Considérez, mes chers Frères, et faites considérer aux errants, non-seulement les promesses de Jésus-Christ, mais encore la clarté des paro les qu'il a choisies pour les exprimer ; en sorte qu'il ne peut rester aucun doute de sa pensée. Il lui promettait premièrement qu'elle s'étendrait par toutes les nations, et, pour ne rien cacher, il a voulu exprimer que ce serait en commençant par Jérusalem : incipientibus ab Jerosolyma2.
Saint Luc, de qui nous tenons ces paroles, leur donne leur vraie étendue, lorsqu'il fait dire à Notre-Seigneur : « Vous serez mes témoins « dans Jérusalem et dans toute la Judée et la « Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre;» et usque ad ultimum terrœ 3.
On voit ici, selon la remarque de saint Augustin, que l'Evangile devait s'avancer, comme de proche en proche, depuis Jérusalem jusqu'aux derniers confins du inonde. Il donne d'abord la paix à ceux qui sont près 4 : aux héritiers des promesses, et à la terre chérie, c'est-à-dire à
' Serm. 238. r.um — * Epkts.Vi], 17.