CONTRE LES RÉPONSES DE DEUX AUTEURS PROTESTANTS
choses de néant, où Garlostad, comme un igno-
A\ ERTISSEMENT. rant fajsajj consister le christianisme, met à la
La charité de Jésus-Christ nous presse de faire tête la communion sous les deux espèces. Mé-
un dernier effort pour lever les difficultés que lanchton parle à peu près dans le même sens ;
nos frères, ou obstinés ou infirmes, soit qu'ils et de nos jours, Grotius ayant reproché aux cal-
soient loin, ou qu'ils soient près, dans le royau- vinistes qu'ils faisaient du retranchement de la
me ou hors du royaume (car la charité les em- coupe le principal sujet de leur rupture, Rivet,
brasse tous), trouvent dans la communion sous ce fameux ministre, en parut offensé, et répon-
une seule espèce. A les entendre parler, vous dit à Grotius * « que ce n'était pas la principale
diriez que tout le christianisme consiste à rece- raison pour laquelle les Eglises réformées s'é-
voir les deux espèces du saint Sacrement. La taient séparées de l'Eglise romaine, et que Gro-
matière de la justification, dont on a fait autre- tius, qui leur faisait ce reproche, savait bien qu'il
fois le principal sujet de la rupture, ne les tou- y en avait de plus importantes. » Maintenant on
che plus ; ils ont ouvert les yeux, et ils ont re- ne nous parle presque que de celle-là, et l'on
connu que le saint concile de Trente a enseigné nous dit de tous côtés qu'on pourrait s'accom-
tout ce qu'il fallait pour établir la doctrine de moder sur tout le reste.
la grâce chrétienne, et pour appuyer en Jésus- Il faut donc un peu s'attacher à cette difficulté,
Christ seul la confiance de l'âme fidèle. Us trou- qu'on fait si grande. Le besoin de nos frères m'en
vent des expédients pour apaiser les scrupules a inspiré le dessein, et la nouvelle édition qu'on a
qu'on leur a fait naître sur la sainte Eucharis- faite de mon Traité sur les deux espèces m'en don-
tie ; et une union authentique que leur synode ne l'occasion. Dans le temps qu'on travaillait à
de Charenton a faite avec les luthériens leur en cette édition, j'ai reçu deux réponses à ce traité,
donne les moyens. Quoi qu'on leur puisse dire, qui toutes deux sont imprimées dans la même
ils sentent bien, dans leurs consciences, que la année, c'est-à-dire en 1683, et qui sont venues en
transsubstantiation n'ajoute qu'une légère diffi- même temps à ma connaissance. L'une n'a point
culte à la présence réelle ; et l'adoration, suite de nom d'imprimeur; et l'autre, pour porter le
nécessaire de cette présence, les inquiète moins nom de Pierre Marteau, qu'on dit imprimeur à
qu'auparavant. Ce qu'ils ne cessent de nous de- Cologne, n'en montre pas mieux où elle a été
mander, c'est la coupe et la communion sous les imprimée. Le public attribue la première à 31.de
deux espèces, comme si toutes les controverses la Roque, ce faux ministre de Rouen, qui a com-
étaient réduites dorénavant à ce seul point. Ce posé l'Histoire de l'Eucharistie ; et je ne vois
n'est pas ce qu'on en a cru au commencement, aucun lieu d'en douter. Je n'ai pu apprendre
non plus que dans le progrès de la nouvelle Ré- aucune nouvelle de l'auteur de la seconde ; et
forme. Au commencement, Carlostad ayant en- tout ce que j'en puis dire, c'est que, zélé protes-
trepris de renverser les images, et de donner la tant et ennemi toujours emporté de la présence
coupe en l'absence de Luther, et sans le consul- réelle, il promet même d'examiner la foi de l'E-
ter, ce nouveau prophète le reprit sévèrement glise grecque sur cette matière 2. S'il imprime
en ces termes, dans la lettre à son ami Gaspard quelque jour ce livre, et s'il y met son nom, nous
Guttolius ! : « J'ai offensé Carlostad en cassant le connaîtrons à cette marque : en attendant, il
ses ordonnances. Par son impertinente manière sera l'anonyme, et nous ne pouvons le réfuter
d'enseigner, il avait persuadé au peuple qu'on que sous ce titre. Au surplus, j'avouerai que ces
devenait chrétien par ces choses de néant, en réponses sont toutes deuxde bonne main, toutes
communiant sous les deux espèces, en touchant deux vives, toutes deux savantes. La principale
le sacrement et le prenant de la main, en reje- différence que je remarqueentre M. de la Roque
tant la confession et en brisant les images.» et l'anonyme (car je commence à le désigner par
Vous voyez, mes Frères, que cet auteur de la ce titre), c'est que le premier me traite avec beau-
Réformation, en faiwnt le dénombrement des coup plus de civilité en apparence, et que l'autre
i CalitL,p. 72. i Riv., Apol.jiro verapacc Eccles., n. 87. — 2 Anonyme, pag. 209
affecte au contraire je ne sais quoi de chagrin et communier de l'une ou de l'autre manière esl de rigoureux : mais il n'importe pour le fond : une chose indifférente, cor enfin, Bvec des tours différents, ni l'un ni Nous ne prétendons pas que la communion l'autre ne m'épargnent ; ils ont recherché, l'un sous les deux espèces ne soit pas bonne : à Dieu et l'autre, tout ce qui serrait à leur cause ; ils ne plaise. Nous ne nions pas que Jésus-Christ ont déterré toutes les antiquités, el je puis dire ait institué l'une et l'autre; nous ne nions même que la matière est épuisée. Ainsi leur travail et pas qu'il ait commandé à ses apôtres de recevoir leur diligence a épargné h ceux qui cherchent l'une el l'autre; la question est de savoir si l'on de bonne foi la vérité, toute la peine qu'ils au- trouvera, dans l'institution de la sainte Cène, un raient (Mie à remuer tant de livres. Sans taire commandement de Notre-Seigneur qui oblige de nouvelles recherches, ils n'ont qu'à considé- tous les fidèles à recevoir l'une et l'autre espèce, rer ce que ces deux auteurs ont accorde par Car celui que Jésus-Christ fit A ses apôtres» lorsnécessité, et ce qu'ils ont déguisé ou nie avec qu'en leur présentant la coups sacrée, il leur artifice; c'en est assez pour juger la cause; el dit: Buvez-en tout, comme il est écrit dans saint
pour parler, si l'on me le permet, en leiines de Matthieu1, a eu son entier accomplissement,
procédure criminelle, leurs dénégations leiné- lorsqu'en effet ils en burent tons, connue il est
raires ne serviront pas moins à les convaincre écrit dans saint Marc2; et si le Fils de Dieu n'a-
que leurs conlèssions forcées. 'sait point prononcé d'autres paroles (pie celles-
Mais.de peur (pi»1 ces auteurs ne me repro- ci : Prenez, mandez, et ces autres : Buvez-en
client encore une fois que je n'ai pas bien posé tous, loin d'y trouver un commandement de
l'état de la question, quoiqu'en relisant mon prononces deux espèces, nous n'y apprendrions
traité, on puisse voir aisément que je l'ai lait pas même que ce mystère dût passer jusqu'à
partout en termes précis , je veux bien le faire nous; mais, parce que Jésus-Christ ajoute:
encore, dès l'entrée de cet ouvrage, alin que le « Faites ceci en mémoire de moi3, » il nous a
lecteur ail toujours présent devant les yeux ce donné à entendre que son intention était de
qu'il doit chercher dans ce discours. perpétuer dans ce mystère la mémoire de sa pas-
II s'agit donc de savoir si, pour faire une com- sion, « jusqu'à ce qu'il vienne » juger les vi-
munion parfaite selon l'institution de Jésus- vants et les morts, selon que saint Paul l'a inter-
Cbrist, il suffit de recevoir l'une des deux es- prêté4.
pèces, quelle qu'elle soit; ou s'il esl nécessaire Ainsi ce qui fait passer l'institution de l'Eu-
et essentiel de recevoir toutes les deux. Voilà charistie à tous les siècles futurs, comme un sa-
l'état de la question1. M. Jurieu l'a déguisé d'une crement perpétuel de la nouvelle alliance, c'est
étrange sorte, puisqu'il a voulu nous faire croire celte parole: Faites ceci; et c'est ce qui fait
a qu'on demeure d'accord parmi nous , que naître une autre question. Car comme on est
quand on communie les fidèles, on est obligé de d'accord, dans l'une et dans l'autre religion, que
leur donner le pain a manger ; mais qu'il n'en l'intention de Noire-Seigneur n'a pas été de nous
est pas de même de la coupe ' ; ■ comme si nous obliger à taire généralement tout ce qu'il a fait,
ne croyions pas que la communion lût égale- comme par exemple à taire la cène sur le soir
ment bonne en prenant le sang tout seul, ou et à la fin d'un repas, nous convenons les uns et
que nous missions dans lecorps de Notre-Sei- les autres qu'il n'a voulu nous obliger qu'à ce
gneur quelque vertu particulière qui ne fût pas qu'il y a d'essentiel à ce mystère; de sorte que
dans son sang. C'est, par l'état de la question, nous avons a rechercher en quoi il en a voulu
vouloir rendre notre doctrine ridicule. Mais, mettre l'essence pour ce qui regarde la commu-
comme nous croyons au contraire que le corps nion; et c'est aussi sur cela que nos sentiments
de Notre-Seigneur n'a pas au fond une autre sont partagés. Nos réformés prétendent que
vertu que celle qui est dans son sang, et que l'essence de la communion est clairement expli-
d'ailleurs ce sang précieux, après la résurrec- quée dans l'Evangile; et nous prétendons au
tion du Sauveur, n'est pas moins inséparable- contraire que ces paroles : Faites ceci, élnnt
ment uni à son corps, que ce corps l'est à ce dites sans distinction, et tombant par el!e°-
divin sang, et l'un et l'autre à son âme sainte mêmesindélinimentsurtoutcequeJésus-Cbrist
et à sa divinité, nous croyons que la communion a fait, nous ne pouvons savoirdeterminémentsa
sous l'une des deux espèces, quelle qu'elle soit, volonté que par le secours de la tradition,
n'est en substance qu'une même Chose avec la Nous avons donc d'abord deux choses a faire:
communion reçue sous les deux, de sorte que l'une, à montrer à nos adversaires que leur
' Trait.de la c>m., part, n, n. 3. — * Jurieu, Examen de l'Euch., • Matth., xxvi, 27. — ' Marc, Xiv, 'Mi. - ' Luc, xxn, 19. —
tr. 6, sect. &, p, 464. * 1 Cor., xi, 16.
étant impossible de déterminer par l'Evangile ce juger par ce seul point, où ils se creient les plus
qui est essentiel à la communion, ils ne peuvent forts, combien on les a trompés dans tous les
se déterminer sur celle matière que par l'auto- autres.
rite de l'Eglise et de la tradition : l'autre, que la Je leur demande seulement, pour leur propre
tradition de tous les siècles, dès l'origine du salut, qui nous est (nous l'osons dire) plus cher
christianisme, établit constamment la liberté d'u- qu'à eux-mêmes, qu'ils modèrent celte aveugle
ser indifféremment d'une seule espèce ou des précipitation qui l'ait qu'on veut trouver d'abord
deux ensemble. toutes les difficultés résolues. Je tâcherai de ne
C'est aussi ce qui paraîtra dans les deux pre- rien omettre, et le lecteur attentif trouvera tout,
mières parties de cet ouvrage ; et j'espère qu'on mais à sa place: autrement il n'y aurait que
y verra le Traité de la communion sons les deux confusion et redites ; de sorte que, pour profiter
espèces si fortement soutenu , que les réponses de celte lecture, il faut tout considérer l'un
qu'on y a faites, avec tant de subtilité et de sa- après l'autre, et lire avec patience et avec ordre, vantes recherches, n'auront pu produire autre chose que de l'affermir davantage. Mais comme
on pourrait penser qu'il ne suffit pas de montrer PREMIÈRE PARTIE que l'observance de la communion sous une ou
sous deux espèces est libre et indifférente, et ÛUE LA tradition est nécessaire pour entendre
qu'au contraire, nos adversaires concluront de LE précepte de la communion sous une ou sous
là que l'Eglise n'a pas pu déterminer ce que DEUX espèces.
Jésus-Christ a laissé pour indifférent, ni ôter à ^11*™™^ r»»™™™ ses fidèles la liberté qu il leur a donnée, nous
ferons voir, du propre aveu de nos adversaires, Premier argument tiré du baptême par infusion ou aspersion.
que l'Eglise peut prendre parti dans les choses Commençons à montrer aux protestants qu'ils que l'Evangile laisse indifférentes, et que, lors- ne doivent pas espérer de déterminer par l'Equ'elle l'a pris, on ne peut s'yopposer ni lui dés- criture ce qui est essentiel à la communion , et obéir, sans se rendre coupable de schisme. C'est qu'ils ne peuvent résoudre cette question que par ce qui me fera donner une troisième partie à l'autorité de l'Eglise. Cetle vérité paraîtra d'àcet ouvrage ; et dans cette troisième partie , en bord dans un cas semblable, qui est celui du recueillant en peu de paroles tous les discours baptême. J'ai proposé cette preuve, avec tous précédents, je ferai voir que notre doctrine, les catholiques, dans le Traité de laCommunion1, non-seulement sur la communion d'une seule où j'ai posé pour certain que le mot baptiser espèce, mais encore sur toute la matière de signifie plonger : la chose est incontestable. Mais l'Eucharistie, est incontestable, et notre tradition comme ceux des protestants qui ne savent pas la parfaitement conforme à l'Ecriture. Que si je langue grecque en pourraient douter, je suis prouve ces choses, non-seulement par la doctrine bien aise d'ajouter le témoignage de Casaubon à des saints, mais encore par les deux réponses ce que j'ai déjà dit sur cette matière. Je ne puis qu'on m'a opposées, il se trouvera claireme ni alléguer un meilleur témoin, puisque Casaubon que ces réponses, tant vantées en France et en était protestant, calviniste, zélé défenseur de sa Angleterre, loin d'avoir affaibli nos preuves, par religion , et , ce qu'il y a de plus important une direclion particulière de la providence de en cette matière , le plus profond et le plus Dieu, et une force qu'on trouve toujours insé- exact dans la langue grecque qui ait vécu dans parable de la vérité, les auront rendues inébran- ce siècle. Voici ce qu'il dit sur le passage de labiés , ce qui est le fruit le plus désirable qu'on saint Matthieu : Ils étaient baptisés dans le Jourpuisse recueillir d'une dispute. dain 2. (il s'agit du baptême de saint Jean- Plaise à celui qui sait tourner les cœurs comme Baptisle.) « Telle était la manière de les baptiser, il lui plaît, de donner à nos adversaires l'atten- en les plongeant dans les eaux ; ce qui paraît tion et la patience sans lesquelles ils ne peuvent par le mot même de baptiser ^«TwÇetv. » Pompas espérer de débrouiller des matières que s'expliquer davantage, il oppose le mot baptiser leurs ministres ont tant travaillé à leur obscur- à celui qui signifie nager par-dessus , être porté cir ! Puissent-ils, pour un moment, se défaire sur la surface, et à celui qui signifie enfoncer de leurs préjugés et de la vaine opinion qu'on dans l'eau au péril de se noyer; d'où il conclut leur a inspirée dès leur enfance, que tout ce que ce n'est pas sans raison qu'on a dit qu'il falqu'on appelle tradition est une invention hu- lait plonger le corps dans le baptême. Vous le maine, contraire à la loi de Dieu et à l'Ecriture !
, , , 1 • . » . , . ... ( Commun, sous une espèce, part. 2, art. 1, pag. 609. — J Casaub.t
Ils verront bientôt le contraire, et ils pourront mt. in t. mii.,va, e.
vo\ez, Messieurs, Casaubon, un protestant si /•îi . et mi si grand Grec, demeure d'accord que baptiser signifie plonger tout le eorpt; et que C'est pour cela que saint Jean , qui a baptisé Jésus Christ, baptisait dans une rivière : de sorte que Jésus-Christ, lorsqu'il reçut le baptême, j rot plongé comme les autres; et que, lorsqu'il i dit baptiser, c'est de même que s'il avait dit plonger. Qui vous a dispenses de ce plonger, dites-le moi! el parla même raison, je nous expliquerai ce Buvez-en tous.
Mais, dites-vous, Casaubon ajoute, dans le même lieu que vous cites, que ceux qui croyaient nécessaire de plonger dans le baptême, ont été rejetés il j a longtemps. Je le confesse avec Casaubon ; on les a rejetés avec raison à cause de l'autorité de l'Eglise, qui s'\ oppose. Mais pour ce qui est de l'Ecriture, ni Casaubon ni personne n'en a jamais allégué aucun passage. Il est vrai
que nos protestants disent sans cesse qu'il n'y a
point ici de retranchement; que l'élément, qui
est l'eau, demeure toujours ; que la quantité n'\ fait rien, et que c'est ici une chose indifférente. Comment le prouvent-ils contre la parole expresse de Jésus-Christ, qui, en disant baptisez, a autant dit que s'il avait dit plongez, puisque le mot de baptiser ne signifie rien autre clins,- 1 Ce n'est pas l'élément qui lait la matière du sacrement, c'est l'élément pris de la manière (pie Jésus-Christ le commande. Serait-ce assa de
prendre du vin dans la cène, et de s'en laver la bouche ou les mains ? Serait-ce assez île prendre de l'eau dans le ba| 'Cme et d'en boire ? On ne fait rien, si l'on ne ait ,.as ce que Jesus-Christ commande. S'il est in permis de raisonner , il n'est pas moins permis de le l'aire au sujet de l'Eucharistie qu'au sujet du baptême; et cette parole : plongez, n'est pas moins claire que cette autre: Buvez-en tous. C'est en vain qu'on nous répond : Vous demeurez vous-mêmes d'accord du baptême sans immersion. Il est vrai ; mais si l'on veut croire avec nous que ce baptême suffit, quoiqu'on ne trouve rien pour l'autoriser dans l'Ecriture, il faut avec nous s'en rapporter à l'autorité de l'Église, pour l'interprétation des paroles: Buvez-en tous.
Ce raisonnement pousse à bout toute la subtilité de nos adversaires. M. de la Roque tâche de soutenir par l'Ecriture la coutume de baptiser sans immersion * ; mais ses preuves sont si faibles, que l'auteur de la IIe Réponse les a abandonnées , et qu'il abandonne en même temps le baptême dont on se sert dans son Eglise , comme étant certainement un abus contraire à l'institution et au dessein du bap-
1 La Roque, p. 225.226.
tême 1. Mais il est bon de considérer les rai SOnnementS de ces deux ailleurs.
L'auteur de la 1" Réponse, ce fameux M. de la Roque, qui entreprend de soutenir par l'Ecriture le baptême sans immersion, commence néanmoins par demeurer d'accord avec moi, que baptiser signifie proprement plonger 2 ; mais il prétend que dans l'usage de la langue sainte, ei desauteurs ondes traducteurs de l'Ecriture le tenue de planer ou de baptiser se prend par translatii n pour laver, à cause que d'ordinaire on plonge les choses dans Veau pour les laver et les nettoyer. Sur quoi il allègue quelques passages de l'Ecriture, qui premièrement ne prouvent pas ce qu'il prétend, et qui, secondement, ne icgar a'iil pas le sacrement de baptême.
(>n voit, dit-il, dans le livre de Judith*, qu'elle se lavait dans une fontaine, et il \ a dans le grec qu'elle s'a baptisait. Je ne m'en étonne pas : c'est à cause qu'elle s'y plongeait tout entière. Aussi la Vulgate a-t-clle traduit : Baptitabat se, ne croyant pas assa exprimer la force du grec , si elle eût employé un autre mot , qui n'eût pas été si clair ou si expressif. Le baptême , selon celle idée, serait un bain ; comme aussi il est appelé ordinairement par saint Paul Xourpôv lavacrum, un bain 4 : ce qui est bien éloigné de la goutte d'eau que nous jetons sur la tète, et montre bien autrement la parfaite purification de nos Aines par le saint baptême. L'auteur de la // Béponse prend la peine de m'averlir de cette expression de saint Paul5, el jr suis bien aise qu'il voie que je profile de son avis.
Après le passage de Judith, M. de la Roque nous oppose un passage de saint Luc et un de saint Marc. Il est dit dans celui de saint Luc 6 , qu'un pharisien s'étonna de ce que Jésus , qu'il avait prié à dîner, ne s'était point lavé avant que de se mettre à table , où il remarque « que le grec veut dire qu'il ne s'était point baptisé ; ce qu'on ne peut entendre d'une immersion, mais d'un simple lavement par aspersion ou infusion. On ne peut pas donner, poursuit-il, d'autre explication à ce que dit saint Marc7 des pharisiens, » que, retournant du marché, ils ne mangeaient point qu'ils ne se fussent lavés : le grec, qu'ils ne se fussent baptisés. Il ajoute qu'il y a aussi beaucoup d'autres choses qu'ils nous ont appris à garder, comme les lavements, ou, selon le grec, les baptêmes, des coupes et des brocs, et de la vaisselle et des châlis.
Voilà tout ce qu'un savant homme a pu trou-
' Anonyme, p. 24,25,26. —'La Roque, part, n, en. 1, p. 225, 22ô. 3 xlIj 7.i Ephes., v, 26 ; TU., m, 5.— 5 Anonyme, part, i, ch.3, p. 24. — « xi, 38.—' Marc, vu, 4.
ver dans l'Ecriture pour détourner ce mot bapti- qui sait fort bien dire lavare quand il faut, ser de sa signification naturelle, sans songer que retient ici les mots de baptême et de baptiser , ces deux passages ne regardent en aucune sorte comme nous avons observé qu'elle a fait dans le le sacrement de baptême, dont il s'agit entre livre de Judith, ne croyant pas le simple mot de nous. Mais puisqu'au lieu de considérer la laver assez significatif. Et quand M. de la Roque nature et le dessein de ce sacrement, il nous nous dit qu'il ne trouve pas dans l'Ecriture ces réduit à ces minuties : qui lui a dit que les Juifs sortes de purifications, où l'on se mettait tout à ne lavaient point les vaisseaux dont ils se ser- fait dans l'eau t , il ne songe pas à ce large et vaient , en les jetant dans l'eau et en les y pion- profond vaisseau appelé la grande mer, qu'on géant, et que ces six grandes urnes ou ces six me. tait à l'entrée du temple pour les purifigrands lavoirs de pierre qui tenaient deux ou cations publiques, ni à la conséquence qu'il en trois mesures, qu'on voit dans les noces de Cana faut tirer des lavoirs qu'on avait dans les maien Galilée , pour servir à la purification des sons pour les purifications particulières. Et lors- Juifs ' , n'étaient pas destinées à cet usage ? qu'il est si souvent prescrit dans la loi , de laver Lui-même vient de nous dire que d'ordinaire on ses vêtements, croit-il que c'était de jeter de plonge les choses dans l'eau pour les laver et les l'eau dessus? ou plutôt de les tremper dans nettoyer. D'où sait-il donc que les Juifs lavaient l'eau, «xûveiv, comme le traduit le grec des Sepleur vaisselle par simple aspersion ou infusion , tante, si fidèle et si exact dans toute la version plutôt qu'en la jetant tout entière dans les eaux? du Pentateuque ? Ce serait trop perdre de temps D'où sait-il qu'ils ne faisaient pas, pour ainsi à prouver une chose claire, que de ramasdire, nager leurs bois de lits dans l'eau, en la ser les autres passages. Mais quand ces puversant dessus comme à pleins seaux, chose rifications ne seraient pas expliquées dans l'Ebien éloignée de la légère infusion qu'il veut criture, qui ne voit que c'était là des choses que établir ; ou même qu'ils n'avaient pas de grands la loi se contentait de marquer en gros, et et larges lavoirs pour les y jeter tout entiers, ou, qu'elle laissait à la coutume à en interpréter la si l'on veut, par pièces, en les démontant ?Et manière? Quand tout cela ne serait pas, il ne pour les personnes, d'où sait-il que les phari- s'agit, ni dans saint Marc, ni dans saint Luc. de siens superstitieux, en revenant du marché , où ce que l'Ecriture avait prescrit aux Juifs ; mais ils rencontraient tant de gentils et tant de publi- de ce qu'ils avaient reçu par leur tradition , qui cains, dont ils croyaient que l'approche et le en cela certainement n'est pas douteuse. Ainsi souffle même, pour ainsi dire , les souillait, ne M. de la Roque n'a rien prouvé par les trois se mettaient pas dans l'eau pour se purifier? passages qu'il allègue, qui sont tout ce qu'il a pu Mais comment avoir toujours, dira-t-il , des ramasser. Mais quand il aurait prouvé ce qu'il bains tout prêts ? Quoi donc, a-t-il oublié les prétend, qu'en trois endroits de l'Ecriture le lavoirs qu'on avait dans les maisons, et l'usage teime de baptiser signifie laver par simple indes bains , si familier à tous les peuples et fusion ou aspersion, que conclurait-il de là pour principalement aux Orientaux ; mais qui l'était le sacrement de baptême ? Chaque passage se d'autant plus aux Juifs, qu'ils en faisaient une doit entendre par sa propre suite. Personne ne observance de leur religion , qui se trouve dans révoque en doute que saint Jean-Baptiste n'ait leurs anciens livres , et qui dure encore parmi baptisé en plongeant dans l'eau, ni par conséeux ? Pourquoi donc ne voudrons-nous pas quent que Jésus-Christ n'ait été baptisé de qu'elle soit marquée dans le passage de saint même, ni que le baptême qu'il a institué n'ait Luc et dans celui de saint Marc ? Et pour nous été une parfaite imitation de celui qu'il a attacher à saint Marc 2 , qui parle plus distincte- reçu.
ment, comment M. de la Roque n'y a-t-il pas Les passages que j'ai rapportés dans le Traité remarqué par deux fois le mot de vtyai que la de la communion 2 ne sont ni contestés ni con- Vulgate rend par lavare, laver, pour dire qu'on testables. La pratique des apôtres n'est pas lave les mains ? Car encore que les Juifs les moins constante. Dans le baptême de l'eunuque, lavent, en les enfonçant dans l'eau, ce n'était il est expressément marqué que lui et Philippe pas ce qu'on appelait du mot de baptiser ou de descendirent dans l'eau, et que Philippe le baptisa baptême ; et ce mot est réservé par l'évangéliste de cette sorte3; et quand j'aurais oublié les pour signifier une autre action, c'est-à-dire celle fameux passages où saint Paul exprime si viveoù l'on mettait tout à fait dans l'eau ou la per- ment la manière dont on donnait le baptême, sonne ou la chose entière , par exemple , quel- en disant que nous y sommes ensevelis avec Jésusmies, vaisseaux ; ce qui fait aussi que la Vulgale, . . , . , .. OOQ , ,, . ,
^ * ° ' ' LaBoqu., part.i ch. 1. p. 229.-2 Trait, dt la Commun., papt.n,
Jocm., il, 15. - — Marc, vu, 2, 3. p. 509. — 3 Act. vin, 38.
NÉCESSITÉ HE LA liiADliH».,.
Christ, afin de ressusciter avec lui*, ce que sont très-bonnes pour prouver la tradition, dont cependant je n'ai pas (ait, l'anonyme m'aurait je conviens, etenmême temps pour nous faire appris que ces passages ■ font voir que l'on voir que dans une chose si importante, où il l longeait le Bdèle dans l'eau, pour représenter B'agit de savoir si nous sommes baptisés ou non, par là comme une espèce de mort et de sépul- nos pères n'en ont pas moins cru ce qu'ils ne turc2.» trouvaient pas dans l'Ecriture, quoique nous Toute l'antiquité l'a remarqué . cl parmi une n'ayons pour garant de la validité de notre bap- Infinité de passages, je rapporterai celui de téme que ta seule autorité de l'Eglise, fauteur du Uvre des sacrements , digne du nom Cet inconvénient a paru terrible ci l'auteur de et du siècle de saint Ambroise: «On vous a, la//" Réponse. Tout le fondement de la réforme dit-il 3 , demandé : Croyez-vous an Père? \ous lui a paru renversé, si la seule autorité de l'Eavea dit:.!') crois : et \oiis a\c/ été plongé, glise peut établir de telles choses. C'est pourquoi c'est-à-dire vous avez été enseveli. On vous a il en vient & cet excès, de dire que le baptême encore demandé : (irowz voiiscii Noir,' nr sans Immersion est nu abus qu'il fout réformer. Jésus-Christ et en la croix T et vous avez dit : J'y «Il est m ai , » dit-il1, «que jusqu'ici la pins crois ; et vous aves été plongé . et vous avez été grande partie des protestants ne baptisent que enseveli avec Jésus-Christ ; el celui qui est par aspersion; mais assurément c'est un abus ; enseveli avec lui ressuscite aussi avec lui-même. » et cette pratique qu'ils ont retenue de l'Eglise El après : « Hier nous parlâmes de la fontaine romaine sans la bien examiner, comme pludu baptême, dont la forme nous (ail voir une sieurs autres doctrines qu'ils en retiennent enespèce de sépulcre: nous sommes reçus et core, rend leur baptême fort défectueux. Elle en plongés tout entiers dans l'eau, et ensuite nous corrompt et l'institution et l'ancien usage, et les
en soi Ions ; C'est-à-dire nous ressuscitons avec rapports qu'il doit avoir avec la loi cl la péni- Jésus-Christ *. » L'Ordre romain dit la même tence et la régénération. La remarque de M. Boschose : « La triple Immersion, dit-il, *, repré- guet, que le plongeaient a été en usage pendant sente les trois jours «pie Jésus-Christ demeura treize cents ans, mérite bien qu'on y réfléchisse dans le sépulcre, et l'élévation est comme quand sérieusement, qu'on reconnaisse que nous n'ail en sortit. » Et saint Cyrille de Jérusalem re- vous pas assez examiné tout ce que nous avons enle ce mystère en un mot , lorsqu'il dit que retenu de l'Eglise I omaine ; cl que, puisque ses
Veau salutaire est tout ensemble un sépulcre et plus doctes prélats nous apprennent que c'est
une mer 8. Cette manière de baptiser par humer- elle qui a aboli la première un usage autorisé
Sion se trouve, dans !e Ml" siècle , dans Hugues par tant de tories raisons et par tant de siècles,
de Saint- Victor *. Elle dure encore plus loin, et elle a très-mal fait en cette occasion ; et que
Jusqu'au Mil'' siècle ; et la chose , ainsi assurée nous sommes obligés à revenir à l'ancienne pra-
dans le Traité de la communion, n'a pas été tique de l'Eglise, s C'est ainsi qu'il ne craint pas contestée par ceux qui l'ont combattu. Qu'j a-l-il de condamner son Eglise, pourvu que la romaine à chicaner davantage ? Quand M. de la Roque ait tort la première, ni de se percer le sein, aurait montré qu'en deux ou trois endroits de pourvu que le coup porte sur nous. l'Ecriture, le mot de baptiser se pouvait réduire, Il est vrai qu'il ajoute l que « l'aspersion ne contre sa propre nature, à une simple infusion, détruit pas essentiellement le baptême, puistoujours serait-il certain qu'en ce qui regarde le qu'après tout baptiser signifie laver, et que l'on sacrement de baptême, la pratique de saint peut bien se laver par aspersion, mais que si Jean-Baptiste, de Jésus-Christ, des apôtres et de elle ne détruit pas la substance du baptême, elle tant de siècles, l'esprit même de cette action, et l'altère et le corrompt en quelque manière. » de tout le dessein de celte sainle cérémonie, Mais il se combat lui-même quand il parle ainsi. expliqué si clairement par saint Paul, conser- Car corrompre la substance d'un sacrement, vent à ce Ici nie de baptiser sa signification natu- qu'est-ce autre chose que d'en corrompre et l'inrelle, sans qu'on puisse trouver dans l'Ecriture slitution, et le rapport qu'il doit avoir avec la réle moindre indice du contraire. génération? Or en quoi est la substance d'un Quand après cela M. de la Moque avance (ce sacrement, qui est un signe d'institution, si ce qui est très-vraij que cette manière de baptiseï n'est dans l'institution même, et dans le rapport n'a pus été inconnue aux anciens 8, ses citations qu'elle a avec la chose signifiée? Cependant l'auteur vient de dire que toutes ces choses sont
'Bom., vi, 4-, coi., n, 12. - «Anonyme, pan. i, ch. 3, P. 2i. - corrompues dans le baptême sans immersion.
• De sue , î, u, c. 7, tom. n, coi. :tj9. — ' Lib. 1 1, c. i, coi. mi. ^ussi répète-t-il que c'est un ab
— ' O/f. Theopt., p. 6G7. — ■ Cyril. Hieros , Cat. Alysl., 2, n. 4. l ^
— ' Hng. Ytct., Ut ecc. myst., c. ld. — • Pag. 227 et seq. ' Anonyme, p. 24, 25. — - Anonyme, p. 25.
mes, dit-il l, résolus de le corriger désormais. Quel abus y aurait-il, selon lui, s'il n'était pas contraire à l'institution et à l'Ecriture? Mais c'est qu'on ne s'entend plus quand on prend pour règle ses propres pensées; d'où il arrive qu'on n'est pas moins contraire à soi-même qu'à tous les autres.
Que nos frères ne nous disent pas que c'est ici un sentiment particulier d'un de leurs docteurs ; car nous trouvons tous les jours dans leurs esprits des incertitudes et des agitations semblables à celles-ci, quand nous enfonçons avec eux la matière de la communion sous une ou sous deux espèces. Nous leur disons : Nos chers Frères, souvenez-vous de votre baptême donné sans immersion, encore que Jésus-Christ ait dit: Plongez. Il ne s'agit pas ici du plus ou du moins, ni de la simple quantité de l'eau ; il s'agit d'une action qui a un caractère particulier pour montrer qu'on est lavé tout entier, tout entier caché en Jésus-Christ, revêtu de lui, enseveli avec lui, pour aussi ressusciter avec lui dans une perfection semblable. Que trouvezvous dans la communion sous les deux espèces qui ne se trouve pas dans l'immersion et le plongement du baptême? Est-ce l'institution de Jésus-Christ? Mais le même qui a dit : Mangez et buvez, a dit : Plongez. Est-ce que dans la liqueur il se trouve une idée plus pleine de la nourriture de l'homme? Aussi se trouve-t-il dans l'immersion une idée plus pleine de sa parfaite purification. Est-ce que dans les deux espèces la mort violente de Jésus-Christ par la séparation du corps et du sang nous est mieux représentée? Aussi avons-nous dans l'immersion une plus parfaite représentation de la sépulture et de la résurrection de Jésus-Christ, dont nous devons porter le caractère sacré pour y avoir part. Nous alléguerez-vous l'exemple de Jésus- Christ, des apôtres, de l'ancienne Eglise? Mais vous avez vu que tout est égal entre l'immersion 'et la communion sous les deux espèces. Si vous croyez qu'il suffise de trouver dans l'antiquité quelque exemple de baptême sans immersion, pourquoi ne voudrez-vous pas vous contenter de tant d'exemples de la communion sous une espèce, que vous verrez avoués par vos ministres? Ils répondent : pourquoi nous jeter sur notre baptême, puisque vous en convenez? Et nous leur disons : Mais que vous sert que nous en convenions, si c'est sans l'autorité de l'Ecriture? Ou si vous voulez bien vous fier à l'Eglise pour votre baptême, quelle raison avez-vous de ne pas vous v fier pour la communion? Pressés par tant de raisons démonstratives et par un si grand
rapport de l'immersion avec la réception des deux espèces, ils en viennent à dire enfin avec l'auteur de la IIe Réponse : Eh bien ! nous l'avouons, le baptême sans immersion est un abus que nous avons mal à propos retenu de vous, et nous n'avons pas poussé assez loin la réforme. Dieu, sous les yeux de qui j'écris ceci, sait que tous les jours on nous fait de telles réponses. Nous pressons : Vous n'êtes donc pas baptisés, si vous l'êtes contre les paroles de l'institution de Jésus-Christ, et sans que votre baptême ait le rapport que Jésus-Christ y a établi avec votre régénération, qui en est l'effet. Ici ils commencent à être troublés; car ils sentent dans leur conscience que le baptême, qui est l'entrée à l'Eglise et aux sacrements, n'est pas moins nécessaire que l'Eucharistie ; mais enfin ils lâchent le mot, et ils seront contraints de nous avouer qu'ils ne sont pas bien baptisés, et qu'ajouter à ce mal celui d'une communion illégitime, ce n'est pas chercher la guérison, c'est plutôt ajouter plaie sur plaie. On les presse : Si vous n'êtes pas baptisés, il faut donc vous rebaptiser? Mais qui vous rebaptisera? des gens qui ne sont pas baptisés eux-inême ? car il y a plusieurs siècles que le baptême sans immersion est reçu. Si donc ce baptême est nul, il y a déjà plusieurs siècles que le baptême n'est plus parmi nous? Trouvez-vous dans l'Ecriture qu'on puisse être validement baptisé par quelqu'un qui ne l'est pas? Et vous, qui rejetez le baptême donné par tout autre que par un minière public, approuverez-vous le baptême donné par celui qui ne l'aura jamais reçu ? Eveillez-vous donc à la fin, et ayez pitié de votre âme !